Le site de recommandation de restaurant indien Zomato s'attaque aux pays du Golfe.

Le marché indien, fort de son milliard de consommateurs, a donné naissance à de nombreuses startups tech parmi lesquelles de très beaux succès comme FlipKart, la libraire en ligne qui a maintenant levé plus de 180 millions de dollars et qui devrait atteindre les 10 milliards de dollars de ventes d’ici 2014.

Mais le marché local ne suffit plus pour un nombre grandissant de startups, nombreuses rêvent désormais du marché lucrative des pays du Golfe. C’est le cas de Zomato, une plateforme en ligne de découverte de restaurants et de lieux de vie nocturne.

Depuis son lancement à New Dehli en juillet 2008, le site, à l’interface plus soignée encore que celle de Yelp, affiche fièrement 82,1 millions de visiteurs. Il y a six mois, les fondateurs ont choisi les Emirats pour lancer leur service à l’étranger.

« Dès que nous voyons un marché anglophone avec une opportunité à la fois du côté des utilisateurs et des commerçants, nous fonçons dessus. » explique Pankaj Chaddah, le co-fondateur de Zomato.

Les habitants de Dubaï, Sharjah et Abu Dhabi devaient jusqu’à présent se contenter de médias non-interactifs et non-exhaustifs, tels que Time Out, Fodor’s ou Explorer, pour obtenir des informations sur les restaurants. Zomato a bien un concurrent, YaDig, mais avec ses 250 000 visiteurs par mois en seulement six mois, Zomato risque bien de prendre le dessus.

Pour se différencier de la concurrence, Zomato mise sur 3 points :

Offrir une plateforme exhaustive. L’équipe assure ainsi avoir collecté elle-même toutes les informations pertinentes pour chaque restaurant de chaque ville traitée, du menu aux photos, en passant par les directions, la présence d’une zone fumeur, d’un parking etc. C’est ensuite aux utilisateurs d’évaluer les restaurants.

Miser sur la qualité des recommandations. Le site a parié sur la « gamification » avec un système de badge qui apporte un aspect très convivial et sympa au site. Les utilisateurs commencent en tant que « foodie », puis, après avoir écrit un certain nombre de recommandations et atteint un certain nombre de followers, deviennent « big foodie », « super foodie », et enfin « connoisseur ». En plus d’améliorer la participation des utilisateurs, ce système de badge permet de mettre en avant les recommandations de qualité. Zomato a aussi beaucoup investi dans un système anti-spam à la fois automatisé et manuel pour éviter les fausses recommandations.

Inviter quelques uns des meilleurs utilisateurs du service à déjeuner.

Cette preuve d’appréciation, qui touche, et donc fidélise, les super foodies et les connoisseurs invités, permet en plus à Zomato d’obtenir des feedbacks précieux. En Inde, l’équipe Zomato a même invité des célébrités du monde de la cuisine pour rendre ces rencontres encore un peu plus spéciales. Autre signe de reconnaissance, l’équipe sélectionne certaines critiques de ses top foodies et connoisseurs pour en faire un guide offline, le Connoisseur's Guide to Eating Out in 2013. Dubaï aura droit en septembre prochain à sa propre édition.

Grâce à cette stratégie, Pankaj Chaddah assure que son produit est prêt à être adopté au niveau mondial. Si son équipe n’a rien changé au look ou  fonctionnalités du service pour son lancement aux Emirats, elle a quand même apporté quelques petits ajouts comme la catégorie chicha.

Les challenges

Même si Pankaj Chaddah est heureux d’avoir choisi les Emirats comme premier marché international, il avoue que cela ne fut pas facile. D’après lui, le plus difficile quand on décide d’exporter son service, c’est de ne pas connaître le système légal du pays de destination. Fort de plusieurs déploiements à l’étranger, Zomato arrive désormais à s’implanter à l’étranger plus rapidement. Pankaj Chaddah a par exemple appris à se tourner d’emblée vers les organismes responsables du développement économique international.

Le second défi qu’il a rencontré dans les Emirats était le manque de main d’œuvre qualifiée. Son conseil : « Il ne faut pas avoir peur de faire venir des talents de l’étranger. » Pankaj Chaddah a ainsi fait venir des employés de l’Ecosse et des Etats-Unis.

Zomato a de grands plans pour 2013 : l’entreprise a dévoilé, il y a deux mois, une version qatarie et aujourd’hui une version philippine. Le service va être lancé en mars en Afrique du Sud puis, dans trois mois, au Brésil et en Turquie, et enfin au Liban, Koweït et Arabie Saoudite d’ici la fin de l’année. Une chose est sûre, les fondateurs de Zomato sont ambitieux, et une fois qu’ils auront fini avec les pays en développement, ils comptent bien aller défier Yelp aux Etats-Unis. 

En continuant de se concentrer sur leur excellente interface, le service pourrait gagner quelques parts de marchés sur Yelp, mais Yelp permets de choisir ses restaurants par catégories très simplement depuis la page d’accueil et a étendu son service à bien plus que des restaurants. Pour l’instant, Zomato doit se concentrer sur YaDig aux Emirats s’il veut prendre le dessus, Yelp sera pour plus tard.

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