Made in Medina est-il le futur Time Out du monde arabe ?

Le fameux guide citadin marocain Made in Medina vient de se lancer à Bruxelles, en Belgique, et maintenant à Dubaï, Abu Dhabi et Beyrouth. Comment un site de contenu né à Marrakech a t’il réussi à s’internationaliser ? 

En 2005, Stéphane Gandibleux était un jeune entrepreneur travaillant sur son agence web, Maroc Création, à Marrakech, lorsqu’il décide de lancer, avec quelques collègues, un city guide qu'il appelle Made in Marrakech. En 2007, Gandibleux décide de faire de ce projet parallèle une activité à part entière de Maroc Création en lui dédiant une équipe à temps plein et en vendant des espaces publicitaires aux commerçants locaux. L’entreprise a pris son temps et, petit à petit, s’est fait un nom. Deux ans plus tard, le site devient profitable.

C'est à ce moment, en 2009, des acteurs majeurs commencent à remarquer le site. Patrick Chassany, entrepreneur et business angel français connu en Afrique du Nord pour avoir lancé Yala Music, investit dans la startup. Grâce à cette arrivée de fonds, Stéphane Gandibleux peut séparer l’entité média de l’agence web et lancer son portail national Made in Medina.

L’équipe MiM frappe d'un grand coup et lance huit sites simultanément. Chacune de ces huit villes marocaines compte un freelancer ou employé pour écrire les critiques, articles et conseils locaux, tandis que le siège Marrakchi continue de s’occuper du marketing et du développement. 

Pour acquérir de nouveaux utilisateurs, l’équipe se concentre sur la qualité des articles et leur référencement pour truster les résultats des pages de recherche tout en s’imposant localement en sponsorisant des évènements locaux majeurs, tels que le Marrakech du rire de Debbouze ou le Festival du film d’Essaouria. 

Se développer à l’international avec un modèle de franchise

Alors que le site prend de l’ampleur au Maroc, l’équipe décide de ne pas perdre de temps et de se développer à l’international. En 2011, elle lance une version pour Tunis, puis, milieu 2012, pour DubaïAbu Dhabi et Beyrouth. En 2013, elle met en ligne une nouvelle version de son site et se lance en Europe avec un site pour Bruxelles. Chaque nouveau site est financé par les revenus des sites pré-existants.

C’est un grand saut pour cette entreprise qui avait vu le jour dans un marché marocain relativement nouveau, avec seulement quelques concurrents tels que BestRestaurantsMaroc, hotels.com ou encore Maroc Origines pour réserver des voyages. A Dubaï et Beyrouth, la startup va devoir se confronter à des sites de référence comme TimeOut pour les évènements et Zomato pour les restaurants.

Aucun de ces trois nouveaux sites ne semblent avoir beaucoup de trafic, mais cela pourrait bien être intentionnel. Stéphane Gandibleux souhaite attendre un an, le temps nécessaire dit-il pour construire son contenu et son SEO, avant de médiatiser ses sites grâce à du sponsoring d’évènements. Est-ce que cela suffira pour accélérer leur trafic ? Made in Medina parie surement sur son interface moderne et soignée et sa création de contenu unique pour faire la différence.

Dans le futur, Made in Medina compte ouvrir une nouvelle ville tous les 2 à 3 mois, dans le monde arabe et ailleurs, grâce à un modèle de franchise. D’ailleurs, l’entreprise est en train de passer à un système de franchise pour toutes les villes déjà lancées.  « On garderait les villes phares, on garderait Marakech et la technologie et le marketing » explique le fondateur.

Tester des nouvelles sources de revenues

Pour générer des revenues, Made in Media vend des bannières publicitaires, à la fois aux commerçants locaux et aux acheteurs internationaux, et propose aussi des inscriptions premium pour les commercants qui veulent rester en haut de liste.

L’équipe teste à l’heure actuelle de nouveaux services, comme un portail immobilier à Marrakech et Casablanca listant les annonces des agences immobilières en les géo-localisant par rapport aux restaurants, magasines et évènements.  Pour se différencier des différents sites de petites annonces au Maroc, qui remporte un grand succès grâce à leurs campagnes d’acquisition d’utilisateurs assez agressives, ils souhaitent proposer une offre de qualité.

Un nouveau calendrier listant les évènements et une appli mobile vont aussi booster le trafic. A la startup maintenant de s’assurer que leur modèle de franchise leur permette de se développer avec succès et de maintenir leur qualité dans les différents nouveaux pays.  

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