A en croire LeWeb, l’économie du partage va tout changer

Chaque année, le petit monde des startups européennes attend avec impatience le nouveau  thème de LeWeb, une conférence parisienne sur le web qui possède désormais son édition londonienne

Cette année, cette dernière fut dédié à l’économie du partage, aussi appelé sharing economy ou consommation collaborative, une nouvelle économie dans laquelle les individus échangent biens et services, parfois contre de l’argent, parfois gratuitement.

Sur Airbnb, les gens peuvent louer une chambre ou un appartement à un membre du réseau. Sur Couchsurfing, ils peuvent héberger des voyageurs du monde entier gratuitement – un canapé suffit. Sur AskRabbit, ils peuvent demander à des inconnus de leur rendre service. Sur SkillShare, ils peuvent partager leur connaissance et savoir faire. Dans un monde idéal, l’économie du partage donne aux particuliers le pouvoir de se passer des grosses entreprises traditionnelles et de privilégier l’utilisation à la propriété. 

D’où vient l’économie du partage ?

La première journée de LeWeb London a été marqué par l’intervention de Jeremiah Owyang d’Altimeter Group durant laquelle il y a expliqué la naissance de ce marché par trois facteurs (lire le rapport ici): les facteurs sociétaux, économiques et technologiques.


Les facteurs sociétaux incluent : 

  • Une densité démographique en hausse qui facilite l’échange avec ses voisins. 
  • Une plus grande conscience des son influence sur l’environnement et le besoin de consommer de façon plus durable. 
  • Un besoin de communauté et d’altruisme qui se renforce. Le pourcentage d’étudiants en 1ère année d’université qui croit qu’il est « essential ou très important d’aider les autres » n’avait pas été aussi fort depuis 36 ans selon un sondage réalisé par l’UCLA.

Ces facteurs sociétaux s’accompagnent de facteurs économiques. Pour avoir plus de flexibilité financière, les gens sont prêts à monétiser ce qu’ils n’utilisent pas ou ont en excès, comme leurs voitures ou leurs outils de bricolage, et/ou à louer plutôt que à acheter un objet qu'ils utiliseront rarement.

Le monde arabe connait bien ce besoin d’esprit de communauté, cette hausse de la densité démographique et ce besoin de flexibilité financière. Reste à savoir si le monde arabe a les facteurs technologiques qui pourraient permettre à l’économie du partage de prendre de l’ampleur ?

Le consultant citent plusieurs facteurs technologiques qui ont rendu possible le développement de l’économie du partage : le succès des réseaux sociaux qui facilitent la confiance entre inconnus, l’augmentation du nombre de smartphones qui permet aux gens d’offrir leurs biens et services à n’importe quel moment et le développement du paiement en ligne qui permet aux services de prendre une commission sur les transactions.

Si les réseaux sociaux connaissent un succès grandissant dans le monde arabe, les deux autres facteurs sont encore à la traîne, mais ils rattrapent vite leur retard : le taux de pénétration des smartphones est en augmentation et Paypal et d’autres plateformes de paiement se développent.

Ce n’est peut-être pas nouveau, mais c’est maintenant

Vous me direz peut-être que partager n’a rien de nouveau. Après tout, les gens se partagent des générateurs depuis des années.

Mark Suster, directeur associé de GRP Partners, acquiesce. Cependant, il insiste sur l’urgence de l’économie du partage alors que les ressources dont nous disposons se font de plus en plus rare, que la dette et le chômage augmentent et que la démographie connaît un changement de fond. Il estime que, grâce à internet, les gens peuvent voir ce que les autres possèdent et que cette transparence incite au partage.

L’économie du partage perturbe l’économie traditionnelle en baissant les prix et en créant de très larges communautés d'utilisateurs, ce contre quoi la concurrence ne peut rien, explique Mark Suster. En mettant l’utilisateur au centre, l’économie du partage comprends mieux ses besoins et offre des solutions plus innovantes, plus rapidement.

Tout cela explique pourquoi les VCs (les investisseurs en capital risque) prêtent tant d’attention à ce mouvement. Selon Jeremayiah Owyang, les 200 startups de la consommation collaborative qu’il a étudiées ont levé un total de 2 milliards de dollars US (Voir l’infographique ci-dessous).

Habituellement, ces sites internet jouent le rôle de courtier et gagnent de l’argent en percevant des commissions, en affichant de la publicité ou en signant des partenariats avec des entreprises plus importantes (sûrement celles qui n’arrivent pas à répondre à cette nouvelle concurrence).


Un mouvement intéressant pour le Moyen-Orient ?

Si l’on suit les points soulevés par Mark Suster, l’économie du partage pourrait être intéressante pour les pays en développement :

  • Elle donne plus de pouvoir aux individus ;
     
  • Les pays les plus riches peuvent faire appel à la main d’œuvre qualifiée des pays aux salaires moindres comme oDesk pour les freelancers ;
     
  • Les habitants du monde arabe n'ont plus besoin de s’expatrier pour trouver la demande ou l’écosystème dont ils ont besoin, ils peuvent utiliser des plateformes comme deviantART pour les graphistes ;
     
  • Ils n'ont plus besoin de déménager pour avoir accès à certains services comme l’éducation, grâce à des startups comme Udacity ;
     
  • Ils disposent d'alternatives aux infrastructures défaillantes comme le financement de PME grâce à des services comme Eureeca.

En tant qu’étrangère vivant dans le monde arabe, je pense aussi que l’économie du partage peut aider les expatriés à s’intégrer aux pays dans lesquels ils vivent. Par exemple, des plateformes comme shareyourmeals ou la dubaïote Restronaut permette de rencontrer ses voisins autour d'un plat.

Certains de nos contributeurs ont déjà écrit des articles sur le rôle que l’économie du partage pourrait jouer en Arabie Saoudite et ce que les gouvernements pourrait faire pour faciliter le développement de la consommation collaborative dans la région. Et vous, pensez que l’économie du partage a sa place dans le monde arabe ?

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