La 3G sera disponible en Algérie dès décembre ; une fausse bonne nouvelle ?

Mise à jour au 12/08/2013 : L’appel d’offres est reporté au 15 août.

Les algériens auront la 3G dès le 1er décembre, telle est la promesse du ministre de la poste et des TIC Moussa Benhamadi.

Les algériens ont déjà entendu cette chanson, mais, à chaque fois, le lancement a été décalé ou annulé. Cette fois-ci, serait-ce la bonne ? Le marché mobile et internet algérien va t’il enfin pouvoir décoller ?

M. Moussa Benhamadi a signé, le 24 juillet dernier, l’octroi de la licence de la licence 3G. Le dossier est maintenant entre les mains de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT) qui est en charge de distribuer les licences à trois opérateurs mobiles. Retour sur un feuilleton politique et sur ses implications.

Une histoire à rebondissement

C’est en 2004, soit deux ans après que la Norvège et l’Autriche ont lancé les premiers réseaux 3G commerciaux, que le gouvernement algérien a pour la première fois évoqué le lancement de la 3G, à l'époque, à horizon 2007. C’est le début d’une succession de rendez-vous manqués. Alors que ses voisins marocains et tunisiens lancent respectivement la 3G en 2008 et 2010, l’Algérie en est toujours à des annonces vaines et des retours sur promesse. En 2011, le gouvernement met en pause le lancement de la 3G à cause de "l’affaire Djezzy", du nom de l'opérateur algérien, qui oppose l’état algérien et le russe Vimpelcom pour le contrôle du plus ancien des opérateurs mobile algériens.

Début 2011, Vimpelcom devient propriétaire de l’italien Wind Telecom, lui-même propriété de l’égyptien Orascom Telecom Holding (OTH), récemment renommée Global Telecom Holding, à son tour, maison-mère d’Orascom Telecom Algérie (OTA). L’état algérien fait alors valoir son droit de préemption afin d’acquérir les 57% des parts de Vimpelcom dans OTA et annonce suspendre le processus d’octroi de la licence 3G jusqu’à ce qu’il fasse l’acquisition des 51% des parts de ce Djezzy.

En décembre 2012, l’OTA est dissoute et laisse place à Optmium Télécom Algérie, une nouvelle entité détenue à 51% par des opérateurs algériens et à 49% par Vimpelcom, afin que ces derniers se mettent en règle avec la loi algérienne dite 51/49 qui limite la participation des actionnaires étrangers dans le capital d'une société algérienne à 49%. Le gouvernement est encore loin de son plan de nationalisation.

Néanmoins, le lancement de la 3G est remis sur la table. Le 24 jullet donc, Moussa Benhamadi annonce que « le lancement du processus de la 3G a été dissocié du dossier Djezzy, ce sont deux dossiers différents. Il ne faut pas les lier, il n'y a pas de concomitance. » 

Pour les internautes, cette dernière annonce est une confirmation de leur théorie selon laquelle le dossier Djezzy n’est qu’un prétexte pour retarder le passage à la 3G. Pour eux, derrière ce retard se cache une volonté politique de limiter l’accès à internet aux algériens. Sinon, pourquoi ne pas l’avoir dissocié avant ? Il suffit de regarder pour s’en convaincre les commentaires des internautes comme sur OnlyInAlgeria.

Suspense quant à la commercialisation

Désabusés, les algériens ne semblent pas avoir sauté au plafond même si, pour beaucoup, c’est fois-ci, c'est la bonne. Ils veulent savoir, avant de s’enthousiasmer, comment cette offre sera commercialisée.

« Cette fois-ci, la 3G va être lancée, pense Abderrafiq Khenifsa, fondateur de IT Mag. » Ce qui lui importe maintenant c’est de savoir comment, pour qui et à quel prix elle sera offerte. Il met en garde contre « une 3G pour les nantis » et/ou une 3G de piètre qualité, qui dans les deux cas, ne fera pas avancer l’Algérie.

Le risque d’une 3G uniquement accessible à l’élite est d’autant plus grand que le marché algérien des télécom mobile est un marché de pre-paid, explique t’il, habitué à dépenser peu en terme de communications.

Même constat pour Khaled Mouloudi d’Express Notifier, un service qui permet de recevoir par sms ses notifications Twitter, Gmail ou d’actus : « Une fois que la 3G sera là – ils disent que ce sera en septembre, mais on verra bien – il ne faudrait pas s’attendra à une meilleure qualité de connexion ou un débit. » Qu’importe, les algériens sont affamés de connexion, explique t’il, ils s’équipent déjà en équipement compatible 3G et vont, de plus en plus, se mettre aux applications, d’autant plus que les opérateurs encouragent ça.

En effet, les opérateurs sont dans les starting-blocks. Ils ont déjà commencé à proposer à la vente des équipements compatible 3G. Nedjma a même lancé une plateforme, estart, pour aider les développeurs d’app mobile à se faire connaître. 

Fatigués par la 3G, beaucoup pensent déjà à la 4G. Pour Abderrafiq Khenifsa, il faudrait directement passer à la 4G sans passer par la case 3G pour mieux profiter des avancées technologiques et rattraper le retard pris sur les autres pays. Cela permettra de créer de nouveaux services multimédias, de développer l’édition de contenu et une vraie convergence voix/données.

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