A lire cet été : Startup Rising: The Entrepreneurial Revolution Remaking the Middle East

Pendant plus de trois ans,  Christopher M. Schroeder, un entrepreneur venant de Washington D.C. et membre du Conseil de Wamda, a rencontré plus de 150 investisseurs, entrepreneurs, et dirigeants de startup. Il en a tiré un livre, Startup Rising: The Entrepreneurial Revolution Remaking the Middle East. Cet ouvrage, le premier à dresser un portrait complet de l’écosystème startup de la région, est maintenant disponible sur Amazon.

Rapide et facile à lire, c’est l’un des rares livres sur le Moyen-Orient contemporain à n’utiliser le « Printemps arabe » que comme une introduction. Pour Christopher M. Schroeder, un entrepreneur aguerri, le Moyen-Orient est une région d’avenir, pleine d’opportunités.

C’est en 2010, cinq ans après avoir lancé et dirigé HealthCentral, un portail en ligne dédié à la santé, que Christopher M. Schroeder s’installe à Dubaï pour réfléchir à son prochain projet. Il s’ensuit un voyage fascinant à travers un marché émergent complexe, qu’il nous raconte sans blabla. Schroeder embarque le lecteur dans un tour des poids-lourds de l’entrepreneuriat du monde arabe, transforme une batterie de datas en une liste d’opportunités indéniables et confronte l’Occident à sa myopie face à la région.

Ceux d’entre vous qui connaissent déjà les personnages principaux apprécieront de découvrir avec plus de détails leur parcours et leurs aspirations. En laissant Fadi Ghandour parler de ses « expériences de mort imminente » quand Aramex rencontrait des problèmes, ou Samih Toukan parler de comment il a tiré son inspiration d’un mauvais internet café à Londres, il rend les géants de l’internet plus humains. 

Il n’en oublie pas pour autant la jeune relève, mettant en avant Hind Hobeika, l’entrepreneur derrière le moniteur de performance en natation Instabeat, Ala’ AlSallal, à qui l’on doit la librairie en ligne Jamalon ou encore Mostafa Hamdan, qui réagit à l’énervement des jeunes égyptiens face à l’absence de programme écologique en créant RecycloBekia.

De par sa franchise détonnante, Christopher M. Schroeder rend cet ouvrage économique agréable à lire. Où autre pourriez-vous lire Fadi Ghandour traiter AlSallal d’ « emmerdeur de première, dans le bon sens du terme » ?

Schroeder y offre des pistes de réflexion pour la décennie à venir – il croit dans le boum du mobile, du solaire et des réseaux sociaux - et met en avant le rôle que va jouer l’entrepreneuriat social et féminin dans l’obtention de plus d’égalité – il y parle notamment de l’intrépide Alex Tohme et de l’efficace Randa Ayoubi.

Mais c’est l’avant-dernier chapitre du livre « Religion and the Ecosystem » qui a attiré mon intérêt.  Il y admet que plus d’une personne lui a conseillé de ne pas s’aventurer sur ce chemin, pourtant il y ouvre la voix à la discussion et fournit une bonne introduction au lecteur sur le sujet. Il y oppose, avec habileté mais sans concession, les opinions de plusieurs entrepreneurs et investisseurs arabes et les subtiles conceptions de ces collègues américains pour ouvrir le dialogue :

“As I share my experiences in the region with friends in the States, I am invariably asked if Islam and sectarian tensions make a thriving ecosystem difficult, if not impossible, in the Arab world. Not one of these same people has ever asked me about how Hinduism in India or Judaism in Israel affects those remarkable ecosystems. Interestingly, the reaction seems selective even toward different Muslim-majority countries. Religion rarely comes up even when I discuss the great growth markets of Turkey, Malaysia, or Indonesia, all with large and rich Muslim populations and traditions. I have never met a venture capitalist who would hesitate to invest in a great individual entrepreneur in the States or abroad due to their faith.”


C’est donc un livre à ne pas manquer pour les entrepreneurs du Moyen-Orient. Vous pouvez commander sur Amazon la version papier ou la version Kindle

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