Asteria et Lixus, les premiers smartphones marocains, surfent sur la vague low-cost

On entend quotidiennement parler des grands constructeurs de téléphones mobiles : un tel traine un tel en justice, blabla lance un nouveau téléphone sans boutons latéraux, machin-chose gagne tant au 1ère trimestre…

Loin de chez nous, en Asie, ce sont les smartphones low-cost qui font parler d'eux, que ce soit ceux des marques régionales comme MicroMax ou ceux des gros constructeurs internationaux qui tentent d'y lancer des smartphones simplifiés.

Pendant ce temps-là, sur des marchés plus matures, des petits entrepreneurs se lancent eux aussi, en tout discrétion, sur le créneau des smartphones lowcost. La France a Wiko et le Maroc a maintenant Saphir Concept. Ils n'ont pas les mêmes moyens que leurs concurrents et ne font pas la une des magazines, et pourtant les clients répondent présents. 

Il faut dire qu’en plus du prix, ces téléphones ont un avantage sentimental : ils sont locaux ! Plus besoin de passer par un des géants américains, coréens (ou finlandais). Désormais, même le Maroc a son constructeur local. Depuis la fin mai 2013, Saphir Concept, le premier constructeur de smartphones marocain, a lancé deux modèles : l’Asteria puis le Lixus, un modèle d’entrée de gamme.

Un téléphone à moitié prix

Asteria est un smartphone Android plutôt complet avec notamment un écran 5,7 pouces HD, deux batteries à 3200 mAh et un appareil photo dorsal de 12,6 mégapixels et frontal de 5 mégapixels.

Pour trouver ce genre de fonctionnalités, il faut d’habitude débourser entre 4000 et 7000 DAM (475$ US et 833$ US). L’Asteria est disponible pour 2890 MAD (344$ US) pour le modèle à 4Go ou 3290MAD (392$ US) pour le modèle 8Go.

Cet été, Saphir a lancé un nouveau modèle d’entrée de gamme, le Lixus, vendu à 1990 MAD (237$). 

Cette différence de prix fait clairement des émules. La première vague de production a été écoulée en moins d’un mois et demi, explique Younss Fejlaoui, directeur général et fondateur de Saphir Concept. Sans campagne de marketing ni publicité, un millier d'Asteria ont été vendus sur le eshop de Saphir ou dans leur showroom casablancais. Le smartphone se fait déjà connaître à l’étranger puisque 2/3 de son chiffre d’affaire se fait hors du Maroc, notamment en Arabie Saoudite, en Egypte, en Côte ivoire et au Sénégal.

Depuis, une nouvelle série de 2000 Asteria a été mise en vente et la première vague d'un millier de Lixus est en rupture de stock.

Des billets d’avion low-cost aux smartphones à bas-coût

L’idée d’un téléphone low-cost est venue assez naturellement à Youness Fejlaoui. En 2006, Youness habitait en France et ne pouvait pas s’offrir un smartphone ; par contre, grâce à l’avènement du low-cost, il pouvait se payer des billets d’avion. Après être rentré au Maroc, il décide de créer, en novembre 2011, une page Facebook pour tester le marché du smartphone lowcost au Maroc. En un mois, 10 000 personnes likent la page.

Younss admet avoir été dépassé par les évènements et les nombreux commentaires et critiques qu’il a reçu. Aucun n’a vraiment été constructif, il ajoute, mais ils lui ont permis de prendre conscience de l’urgence du lancement d’un téléphone low-cost.

En mars 2012, il crée son entité juridique mais doit encore attendre un an et demi avant de réunir suffisamment de capital pour lancer son produit. Il faut dire que Youness n’est pas très pro-actif : il refuse de prendre un crédit et ne cherche pas non plus d’investisseur. Heureusement pour lui, sa page Facebook a attiré l’attention de deux investisseurs privés, encore appelés business angels, un espagnol et un italien.

Younss Fejlaoui n’en est pas à sa première expérience entrepreneuriale. Avant Saphir Concept, celui qui se définit comme un « créateur de projets » avait crée Varena.fr, une boutique en ligne de maroquinerie de luxe pour iPhone.

Pour Saphir comme Varena, ce qui intéresse Younss, c'est la vente de produits de niche. Younss n'est pas ingénieur, il laisse le design et la production aux sous-traitants, lui s’occupe de la conceptualisation et de la commercialisation. Il choisit les spécificités du smartphone, établit un cahier des charges qu’il transmet à son fabricant chinois et s’occupe ensuite de la commercialisation, ce qui se résume pour l'instant à mettre en vente les deux modèles sur son site puisqu'aucun accord de distribution avec des sites spécialisés ou des opérateurs n'a encore été mis en place et que que Youness est contre l'idée d'un budget publicité ou marketing. C'est sa stratégie pour casser les prix.L'entreprneur : pas de budget marketing, des coûts de management réduits et un bon fabricant.

Younss est en ce moment en train de lancer la troisième vague de production, de négocier la commercialisation de ses téléphones avec des sites grand public comme Surcou et Jumia.

A en croire le succès de Wiko en France et de Micromax en Inde ainsi que le nombre de fans de Saphir Concept sur Facebook, Younss aurait trouvé une niche qui pourrait rapporter gros. Mais il faudrait pour cela qu'il passe à la vitesse supérieure : il lui faudrait éviter les ruptures de stock, être visible sur les sites spécialisés et pourquoi pas travailler avec les opérateurs. 

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