Le marocain FollowLetter s'attaque au slow-reading

Nous avons tous une relation complexe avec les newsletters. Nous les détestons quand elles s’accumulent dans notre boite de réception et nous les adorons quand elles nous permettent de suivre l’actualité de nos sites ou marques préférées.

Le problème avec les newsletters, c’est qu’elles viennent s’immiscer dans nos boites mail quand bon leur semblent et non quand nous le souhaitons. Non contentes de nous distraire tout au long de la journée (difficile de se concentrer quand on reçoit une alerte email toutes les vingt minutes), elles nous empêchent aussi d’avoir une vision claire de notre boite de réception et donc de gérer efficacement nos emails.

Avec de la bonne volonté, on peut réussir à faire abstraction de ses newsletters, et, de façon plus large, du déluge d’informations auquel chaque internaute doit faire face au cours de la journée. Emails pro urgents, emails pro moins urgents, emails perso, newsletters, tweets, coups de fil… les informations surgissent de toutes parts et à tous moments. Des entrepreneurs proposent donc maintenant des services pour mieux gérer son temps et les informations.

Certains médias comme TechCrunch ou Twitter permettent de sauvegarder du contenu pour le lire pour plus tard. Une option utile mais qui nécessite de se rappeler de se rendre à nouveau sur chacun de ses sites, ce qui peut prendre du temps. Des sites comme Pocket proposent eux de sauvegarder n’importe quel contenu publié sur internet, permettant ainsi de réunir tout les articles intéressants et de ne rien oublier. Le plus : l’interface épurée, vidée des recommandations et autres pubs, est reposante et permet de lire sans être distrait.

Mais quand est-il pour la boite mail et les newsletters ?

Dans le monde arabe, Ossama Benalloucha, un jeune développeur indépendant marocain de 22 ans, a décidé de s’attaquer au problème en offrant une des premières solutions de "slow-reading" de la région, FollowLetter. Cette « boite de réception sociale pour newsletter » permet à ses utilisateurs de retrouver toutes leurs newsletters sur une boite de réception dédiée, de partager et de liker du contenu, et de découvrir de nouvelles newsletters.

Pour s'inscrire à une newsletter via FollowLetter, il faut utiliser une adresse email FollowLetter dédiée. Le service nécessite donc un peu d’investissement au départ puisqu’il faut modifier l’email de référence de chaque newsletter à laquelle l'utilisateur est déjà abonné. Mais, une fois ce petit travail fourni, l’utilisateur peut s’abonner à de nouvelles newsletters d’un clic grâce au service de découverte de la boite de réception, et économiser du temps quotidiennement.

Le slow-reading, prendre le temps d’être efficace

FollowLetter porte une double casquette. 1er avantage : FollowLetter permet de libérer la boite mail des utilisateurs du brouhaha des newsletters afin qu'ils restent plus concentrés sur leurs emails. 2ème avantage : FollowLetter permet de mieux apprécier les newsletters en gardant leur lecture pour des moments opportuns.

FollowLetter permet donc de réapprendre à faire une chose à la chose, à séparer les activités différentes et à les gérer les unes après les autres, au moment adéquat.

C’est tout le principe du slow-reading, une nouvelle branche du slow movement : attendre d’avoir le temps pour lire, ne faire qu’une chose à la fois, prendre son temps. Les avantages sont clairs : on profite plus de ce qu’on lit et on gagne en productivité.

Le monde arabe, pionnier de ce mouvement ?

Avec FollowLetter, Ossama Benallouch voulait à la fois trouver une solution à son problème de surcharge de boite mail et « montrer que dans le monde arabe il y a plus que des clones, il y aussi des projets innovants. » 

Le jeune Marocain dédie désormais une partie de son temps à FollowLetter, comptant sur ses revenus de freelancer pour vivre et bootstrapper son projet en attendant de tirer des revenus de FollowLetter. Il espère dégager des revenus en facturant aux éditeurs la possibilité d'envoyer des newsletters interactives.

L’idée est certainement bonne et Ossama ambitieux, mais il faudra attendre de tester le service pour pouvoir s’exprimer sur son succès potentiel. Une chose est sûre, la demande est là, m’assure Ossama. Déjà 550 personnes se sont inscrites sur la liste d’attente, un bon début. Est-ce que le bouche-à-oreille et une bonne présence sur les médias sociaux et la blogosphère suffiront pour faire connaître le service à l’international, comme le pense Ossama ?

Nous en saurons plus dans un mois quand la bêta sera lancée. En attendant, vous pouvez vous inscrire pour être notifié du lancement de la bêta.

Personnellement, je fais partie de ces nouveaux adeptes du slow-reading. Je me force à ne pas vérifier ma boite emails toutes les cinq minutes et utilise Pocket pour apprécier mes lectures le soir, quand je suis plus tranquille. J’ai l’impression d’être plus concentrée et moins stressée, et de mieux apprécier ce que je lis. J’ai donc hâte de tester FollowLetter.

Et vous, êtes-vous passé au slow-reading ? Avez-vous des conseils ou des services à recommander pour mieux organiser ses activités ?

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