Retour d’expérience : ce que les entrepreneurs ont tiré du bootcamp d’Oasis500 à Beyrouth

Oasis500 continue son expansion régionale. Le plus gros accélérateur de startups de la région a organisé, la semaine dernière, son deuxième bootcamp (session de formation) en dehors de Amman, réunissant 45 entrepreneurs à Beyrouth.  

Ce bootcamp, qui fait suite à celui de Ramallah organisé en juin, a offert aux entrepreneurs une formation de cinq jours constituée de dix ateliers sur des sujets allant de comment pitcher à des investisseurs, quand lancer son service ou produit, comment partager ses idées, développer un business model, monter une équipe, vendre un produit technologique ou encore se concentrer sur la croissance.

Les entrepreneurs sont venus de tout Beyrouth – mais aussi de Syrie pour trois d’entre eux et du Maroc pour l’un d’eux – et se sont retrouvés au nouvel espace de coworking beyrouthin, Coworking+961, situé dans le quartier Sursock à Achrafieh.

Le bootcamp d’Oasis500 est, en règle général, la première étape pour être accepté à l’accélérateur. La semaine prochaine, Oasis500 tiendra à Beyrouth une session de pitch, ou présentation en français, pour sélectionner quelques startups. « S’ils sont tous bons, on investira dans tous ; si aucun n’est bon, nous n’investirons dans aucun d’entre eux, » explique Omar Al-Sharif, le responsable marketing d’Oasis500 qui a accompagné les participants tout au long de ces cinq jours.

Omar Al-Sharif a été impressionné par la qualité des idées présentées : « Ces entrepreneurs sont vraiment pleins d’énergie, ils ont de grandes idées et ont, tous, fourni un très beau travail. Certaines idées ont besoin d’être plus développées, d’autres n’ont plus besoin que d’investissement pour grandir à travers la région. »

Flexibilité, financement et partage

Les entrepreneurs auxquels nous avons parlé nous ont confié avoir particulièrement appris sur trois thématiques : comment devenir plus flexible, comment gérer sa liquidité et l'importance de partager ses idées.

Alaa Chehayeb, une jeune entrepreneur et ancienne éditrice arabe chez Wamda, travaille sur sa startup de dessins animés, elle s’exprime : « La chose la plus importante que j’ai appris, c’est que je dois être flexible lorsque je me fixe des objectifs mais aussi face aux problèmes que je vais devoir gérer. »

« Nous avons appris à gérer nos finances, » un point basique mais crucial de la gestion d’une startup, explique Firas Wazneh de MenaVersity.

Karim Mnaimneh, un entrepreneur libanais qui vient tout juste de ré-emménager au Liban après avoir vécu au Canada, veut lancer une application Facebook pour les marques. Il a noté que travailler en groupe a permis aux entrepreneurs de partager leurs idées et de tirer profit des nouvelles perspectives apportées par les autres entrepreneurs.

Osman Kudsi, qui a quitté la Syrie pour le Liban il y a quelques mois et travaille maintenant sur un site de rencontre en ligne Et3arraf, acquiesce : « Avant de venir, je pensais que je devais garder mes idées pour moi-même, maintenant je suis convaincu que je dois les partager pour obtenir des feedbacks dès le premier jour. »

Pour Faisal El-Fakhani, manager du service client de Raghunter, le leçon la plus important qu’il a tirée de ces cinq jours est que « toutes les idées ont du potentiel, mais le [succès] ne dépend pas que de l’idée mais surtout des gens derrière. Quelle que soit l’idée, ce qui compte, ce sont les gens qui sont derrière. »

En organisant des bootcamps à travers la région, Oasis500 cherche à augmenter l’impact de son programme et à pousser les entrepreneurs locaux à se dépasser. « Nous essayons de guider et d’accompagner les entrepreneurs plutôt que de leur donner des leçons. Nous souhaitons qu’ils puissent profiter des nombreuses opportunités disponibles, explique Omar Al-Sharif, s'ils les saisissent, nous avons atteint notre objectif. » [Disclosure : Wamda Capital est un partenaire de Oasis500].

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