Finie la galère d’expliquer son adresse aux livreurs : Addy lève 320K$

L’été dernier, Addy faisait le buzz après avoir lancé son système d’adressage intuitif et cartographique, comprenez un système permettant de localiser une adresse sur une carte, au StartX Demo Day de Stanford.

A l’époque, les trois fondateurs - Khaled Naim, qui suit le MBA de Stanford et a grandi à Dubaï, David Vetrano, qui a quitté le master en informatique de Stanford pour développer la plateforme, et Mikel Cármenes Cavia, un ancien développeur d’IBM qui est spécialisé en traitement du langage naturel – se demandaient encore quel marché cibler.

Au départ, les trois co-fondateurs s’étaient intéressés au B2C. Le service permettait en effet aux gens d’ajouter leur adresse en ajouter un marqueur (pin). A la différence de Google, cette adresse possédait son propre URL (par exemple, addy.co/wamda), et pouvait être modifiée facilement (quand j’ai modifié notre adresse après notre déménagement, l’URL est restée inchangée). 

Les utilisateurs peuvent ajouter leur localisation sur la plateforme web en entrant une adresse ou en ajoutant un marqueur, et sur leur portable en utilisant leur GPS.

Pendant les quatre mois de bêta, Addy avait été utilisée dans plus de 60 pays et océan puisqu’un utilisateur avait même créé une adresse pour son bateau !

Plus d’un an plus tard, le trio a choisi de s’intéresser au B2B au Moyen-Orient et vient de lancer le service dans plus de 15 villes de la région.

La différence Addy

Khaled Naim connaît bien le Moyen-Orient et son besoin crucial en système d’adressage efficace et en traitement de données.

Un des concurrents d’Addy pourrait être Factual, une startup basée à Los Angeles qui aide des entreprises comme Bing, Yelp, Apple, LivingSocial, Groupon, Samsung et Trulia à mieux comprendre et réunir les informations de localisation. La startup a levé 25 millions de dollars auprès d’Andressen Horowitz et Index Ventures en 2010, mais elle « n’offre pas d’API pour la plupart des pays du Moyen-Orient et ne dispose pas de source d’informations fiables » dans la région, explique Khaled Naim.

A Dubaï et dans d’autres villes, Khaled et son équipe ont fait ce que Google et les autres n’ont jamais fait : à l’aide du logiciel libre OpenStreetMaps, ils sont allés eux-mêmes sur le terrain pour cartographier ces villes en fonction de repères et de lieux de référence connus des habitants.

« Nous avons construit nos propres cartes afin de pouvoir inclure des couches d’information que personne d’autre n’a inclut, » souligne Khaled. Quand il était petit, explique t’il tout le monde utilisait le Falcon House comme repère. Maintenant, grâce à Addy, tout le monde peut trouver the Falcon House sur une carte rapidement et obtenir les directions pour s’y rendre.

En s’orientant vers le B2B, Addy veut aider les petites entreprises à être plus visibles et les sites de e-commerce à livrer leurs produits plus facilement. La startup est en discussion avec plusieurs sites majeurs qui « ne sont pas vraiment satisfaits de ce qui existe à l’heure actuelle, » dévoile Khaled Naim. Une fois qu’ils auront suffisamment de sites de e-commerce avec eux, ils espèrent convaincre les services de livraison de passer à leur service.

Développer un meilleur système d’adressage n’est pas une idée nouvelle - les entreprises de logistique ont déjà leur système d’adressage interne et Addy compte au moins une douzaine de concurrents - mais Addy pourrait se distinguer sur trois points :

-       une interface tellement simple que « [votre] mère pourrait l’utiliser » explique Khaled ;

-       un algorithme unique qui parvient à décrire des directions en utilisant des repères locaux ;  

-       des fonctions spécifiques au marché, comme l'intégration des numéros de téléphone pour chaque adresse.

Addy ouvrira aussi ses informations aux entreprises locales. Les compagnies de taxi, par exemple, pourront ainsi voir quels lieux ont été les plus partagés pour adapter leur offre. Les informations demeureront anonyme, souligne Khaled.

Un service gratuit, pour l’instant

L’entreprise offre, à l’heure actuelle, son service gratuitement aux entreprises de e-commerce en tant que plateforme SaaS (software-as-a-service). Si une entreprise de livraison souhaite utiliser son API, en revanche, Addy la facturera pour chaque requête effectuée, explique Khaled Naim. « Nous testons différent modèles économiques. Et, pour l’instant, je ne peux pas vraiment dire que nous avons trouvé la solution parfaite, admet-il. » Une fois qu’Addy aura obtenu des clients importants, elle sera plus à même de monétiser son service. 

La semaine dernière, Addy a aussi annoncé avoir levé 320 000$ US auprès de business angels, parmis lesquels des anciens camarades de classe de Khaled et The Dorm Room Fund, un fonds d’investissement de First Run Capital dirigé par des étudiants. Leur plan est de faire un second tour de table l’an prochain. «  Cette levée nous permettra de tenir d’ici là. A ce moment nous auront obtenu suffisamment d’attention pour intéresser les VCs locaux, conclue Khaled. »

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