Foodonclick se lance en Arabie Saoudite et au Liban. Pourront-ils réussir aussi bien qu'en Turquie et aux Emirats ?

Qui dominera le marché saoudien de la livraison de repas à domicile ? Foodonclick, la branche arabe du turc Yemeksepeti, a annoncé hier son déploiement en Arabie Saoudite et au Liban, quelques semaines seulement après qu’HelloFood ait annoncé avoir levé 8 millions de dollars auprès d’iMENA pour poursuivre son expansion au delà de l’Arabie Saoudite, du Maroc et de la Jordanie. Bref, ça bouge. 

En 3 ans, Foodonclick a réussi a devenir un acteur majeur du Golf avec une présence au Qatar, en Oman et surtout aux Emirats où le service compte 100 000 abonnés, 1 000 restaurants partenaires et plus de 3 000 commandes quotidiennes.  [Disclosure : MENA Venture Investments, qui collabore avec Wamda Capital, a investi dans Foodonclick].

Sa décision de se lancer en Arabie Saoudite et au Liban n’est pas vraiment une surprise, nous l’avions déjà pressenti en avril dernier, étant donné que l’Arabie Saoudite représente le marché le plus important de la région et que le Liban est un des rares pays ayant une culture de la livraison de repas bien ancrée et aucune plateforme dédiée opérationnelle.

Les défis que Foodonclick devra affronter seront bien évidemment très différents dans les deux pays. Au Liban, Foodonclick devra faire avec un manque d’infrastructure et un marché peu habitué à ce type de services mais jouira d’être le seul sur le marché.

En Arabie Saoudite, au contraire, Foodonclick devra affronter une concurrence féroce prenant les traits du nouveau-venu aux poches profondes HelloFood et des leaders aux petits budgets Talabat, originalement du Qoweit, et Otlob, originalement d’Egypte. Cela dit, la seule preuve de résultat à laquelle nous ayons accès est le trafic sur leur site tel que donné par Alexa – HelloFood arrive 4 283ème, Otlob 1 474ème et Talabat 1 399ème en Arabie. Ces chiffres sont approximatifs et ne disent rien du taux de conversion.

Pour autant, le concurrent principal de Foodonclick semble être Hellofood tant les deux sites se ressemblent - le design du site, les fonctionnalités, la liste des restaurants et même leur politique d’accompagnement des restaurants semblent très similaires.

Alors, sur quoi compte Foodonclick pour se différencier et réussir là où HelloFood semble trimer en dépit de ses moyens financiers ? 

Gokhan Akan, le fondateur de Foodonclick, a répondu à Wamda que l’entreprise comptait sur ses 13 ans d’expérience en tant que Yemeksepeti pour apporter « beaucoup de savoir-faire » et comptait sur la qualité de son service client et mobile – qui apporte à l’entreprise 25 à 30% de ses commandes.

Bien qu’il ait évité d’élaborer, Gokhan Akan a soutenu que le service offrirait de nouvelles fonctionnalités dans le futur proche, expliquant que « la meilleure façon de s’imposer est d’offrir le meilleur service possible au client. » Evidemment, cela reste à prouver, d’autant que je n’ai pas réussi à trouver sur leur site le service client par chat dont ils s’enorgueillissent.

Comme on pouvait s’y attendre, Foodonclick n’a pas apprécié qu’on le compare à HelloFood (et HelloFood ressent sûrement la même chose). Akan a conclu notre interview avec confiance, « nous n’allons pas construire notre stratégie autour d’HelloFood ou d’aucun autre concurrent. Nous avons le financement et la détermination de réussir [au Moyen-Orient et en Afrique du Nord] ». Et il faut bien leur accorder que c’est l’exécution qui compte. Et bien, que les jeux commencent maintenant !

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