1ère journée à bord du StartupBus Europe : trouver l'Idée qui va marcher

Il parait que voyager fait grandir, que les rencontres ouvrent l'esprit, que rien ne vaut d'essayer - et échouer - pour réussir. Que se passe t'il si on mélange les trois ? Si on combine un hackathon avec un roadtrip international ?

C'est ce que je suis partie découvrir a en prenant part au StartupBus Europe

StartupBus est un programme annuel lancé en 2010 aux Etats-Unis visant à soutenir l'entrepreneriat et la coopération régionale. StartupBus sélectionne et embarque des profils business, designers et développeurs dans plusieurs bus partant chacun d'une ville différente et se rendant tous à un même évènement international. Pendant ces 1 500km de voyage, les participants doivent développer, en équipe, un projet qu'ils défendront lors de cet évènement et profteront du coaching d'experts-métiers reconnus dans certains des incubateurs ou hubs les plus prestigieux locaux, et surtout vivront une aventure humaine incomparable.
 
Dans quelques semaine, StartupBus sillonera l'Afrique, un évènement pas anodin. En attendant, le StartupBus Europe a pris la route avant-hier, destination le Pioneers Festival à Vienne, un festival tech majeur d'Europe. Bien décidée à voir ce qu'apporte vraiment ce genre d'évènements aux participants et à regarder les différences de gestion de projets et d'approches théoriques et pratiques des entrepeneurs européens, j'ai décidé de rejoindre le bus partant de Paris et de me meler pendant 5 jours - 3 dans le bus, 2 à la conférence - à la vingtaine de participants, essentiellement français et belges (mais on compte aussi un mauritanien). 
 
1ère journée, vérifier la pertinence de son produit
 
Dimanche 27 octobre, après un petit déjeuner chez Startup42, un accélérateur parisien logé chez Epitech/Epita, une école d'ingénieur et de code réputée, le bus prend la direction de Fribourg, une petite ville suisse à 8 heures de Paris. Au bout d'une heure, 4 équipes de 4 à 6 membres ont vu le jour et commencent à développer leur produit. 

Quelques heures plus tard, les groupes sont invites à faire un "one sentence pitch", une présentation en une phrase : Our company [name of the company] is developping [a defined offering] [target audience] to [solve problem] [with secret sauce]. Une bonne pratique a répéter tout au long du developement de son projet, m'explique Rose Jeantet, l'organisatrice, pour "garder une ligne directrice sur le problème à résoudre et favoriser la cohésion de l'équipe autour d'un objectif concret." Une bonne habitude que devrait prendre tous les entrepreneurs.

Pour la majorité des buspreneurs, le problème a été de se décider sur un business model.  "Très vite, on s'est rendu compte qu'on allait dans le mur, me résume une équipe. A 16h30, on a tout arrêté, on savait qu'il valait mieux s'arrêter vite et trouver une nouvelle idée." Heureusement pour cette équipe, garder le sourire, être dynamique et rester positif lui ont permis de vite rebondir sur une idée pioché le matin par un autre membre de l'équipe.

Mais pivoter n'est pas toujours si facile. Une autre équipe a testé différents projets jusqu'à 22h avant de trouver l'idée qui faisait consensus, qui rassemblait et motivait toute l'équipe. Leur problème : trouver des projets avec un revenu model qui tient la route. Pour eux, la solution, c'était d'appliquer le business model canvas, de tester chaque projet rapidement et de passer au prochain si ça ne marche pas. Encore une fois, le "fail fast", s'impose.

Pour confirmer leur modèle, les équipes ont profité de leur arrêt à Fribourg pour faire du Customer Development: parler à des passants et commerçants pour vérifier que le produit pourrait les intéresser. Une étape que les entrepreneurs concentrés sur leur projet et pris par le temps sont parfois tenté d'ignorer et qui se rèvele, pourtant, cruciale. C'est ainsi qu'une équipe s'est rencontré que les clients qu'ils voulaient toucher n'avaient pas besoin de leur service et donc du repenser le revenue model et donc pivoter.

Pour d'autres, la difficulté a été de rester en forme malgré le manque de sommeil - comptez 2 heures de sommeil la première nuit !  

Nous sommes lundi, il est 5h30, les participants sont de nouveaux dans le bus. Chaque groupe vient de finir son fameux "one sentence pitch" matinal et se remet à travailler. Dans deux heures, nous serons à Zurich, la plus grande ville de Suisse, dans les bureaux de Google. 

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