Nextly entend révolutionner la curation de contenu

Il y a plusieurs façons de sélectionner, éditer et partager des contenus sur internet (autrement dit de faire de la curation), mais l’expérience est souvent plus compliquée qu’elle n’en a l’air.

Depuis que Google Reader a fermé, s’adonner à la curation de contenus revient souvent à utiliser l’une de ces trois méthodes :

1) Consulter du contenu sélectionné par les utilisateurs d’une plateforme et les repartager sur la même plateforme cf Feedly, Zite, ou Flipboard
2) Poster du contenu sur les réseaux sociaux, et le voir se perdre dans le flot des statuts et commentaires cf Facebook, Twitter ou Google+
3) Agréger différents articles et contenus sur une unique plateforme cf Storify, Pinterest, Scoop.it, Paper.li ou encore Flipboard.

Pourtant, aucune de ces méthodes ne permet de partager facilement un ensemble de contenu. C’est peut-être pour cela que certains curateurs réputés en sont retournés aux newsletters.

Nextly, un service lancé officielement la semaine dernière, pourrait offrir la solution tant attendue. Basée à Boston et créée par l’entrepreneur libanais Ziad Sultan, cette plateforme, autrefois appelée Marginize, permet aux internautes de partager un flux entier de contenu sous une seule adresse URL.

Quand un internaute clique sur votre lien Nextly, le site s’ouvre sur le premier article de votre flux, doté d’une barre latérale qui révèle les autres liens que vous avez sélectionnés et vous permet de passer directement au prochain lien en cliquant sur « next ». On retrouve donc l’esprit newsletter sans avoir à cliquer et ouvrir chacun des liens intéressants.

Autre avantage majeur : la plateforme ne donne pas l’impression d’être « sur » Nextly mais de naviguer tout simplement sur internet. En fait, Nextly est plus un outil qu’une plateforme à proprement parler car le service ne nécessite pas l’utilisation d’un réseau social, d’un module, d’une extension de recherche, d’une application ou même d’un identifiant. (Disclaimer : Wamda Capital a investi dans Nextly.)

La curation en elle-même est également simple d’utilisation : les utilisateurs peuvent ajouter des articles à leur flux ou créer de nouveaux flux en utilisant un bookmarklet (une extension au navigateur internet permettant de marquer une page). C’est un outil entièrement intégré à votre page de recherche.

Typiquement, sur notre page Wamda, vous pouvez cliquer sur un article et, en utilisant la flèche de droite sur le clavier, découvrir nos contenus les plus populaires. Vous pouvez aussi cliquer sur « Wamda ME’s collections » et découvrir d’autres flux, comme celui sur le e-commerce par exemple. (NB : nous sommes encore en version beta)

Contrairement à d’autres plateformes de curation de contenu, Nextly permet d’analyser le nombre de visiteurs pour chaque flux, permettant ainsi à l’éditeur d’évaluer la popularité de ses thèmes. Pour les curateurs les plus férus, le site offre aussi une couche d’informations supplémentaire dont de nombreux médias sociaux ne disposent pas encore.

Pour autant, Nextly n’est pas qu’une plateforme pour les éditeurs professionnels. N’importe quel internaute peut créer son flux et partager des liens des quatres coins du web. Pour s’en convaincre, il suffit de visiter les flux de TechMeme ou de Hacker News qui agrègent des contenus d’une variété de sites.

Pour Ziad Sultan, la curation de contenu est très différente du partage de contenu : « partager revient à crier dans un mégaphone que vous venez de partager un contenu spécifique. C’est donc très momentanée, à la différence de la curation qui est un processus plus poussé qui perdure dans le temps. »

Ziad a  opté pour un design minimaliste par choix : « quand on a commencé la création du site, on voulait inclure beaucoup de choses. A la fin, on n’a décidé de n’insérer qu’un simple bouton ‘Next’ pour rendre l’experience aussi simple que possible ».

Pendant un an, les 8 salariés de Nextly, basés à Boston, à New York, à Montréal, en France ou encore en Egypte, ont pu tester et améliorer le design du service en l’essayant auprès de journaux tels que Wall Street Journal, the BBC, Forbes, Slate, the Washington Post et d’autres sites tout aussi imposant comme Wamda, et dont les flux ont généré plus de 100 millions de clics.

A cette date, Nextly a récolté 1,5$ millions auprès de différents investisseurs comme SOS Ventures, Atlas Venture, David Cohen ou Dharmesh Shah, alors même que le service avait déjà levé 700 000$ à l’époque de Marginize dont 250 000$ auprès TechStars lors de leur  Demo Day  de 2010. 

Nextly entend aujourd’hui redonner le pouvoir aux éditeurs professionnels et aux aux internautes. « Aujourd’hui, si je lis du contenu sur Google Reader ou Flipboard par exemple, l’éditeur n’obtient pas de statistiques sur les pages vues et ne peut donc pas générer des revenus, explique Ziad. »

« Notre but n’est pas de créer une application qui va altérer le contenu ; nous souhaitons que les internautes puissent continuer de surfer sur les pages web telles qu’elles ont été conçues. Au bout du compte, c’est la meilleure solution pour toute la communauté web ».

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