3ème journée à bord du StartupBus : 5 bonnes raisons de participer à un hackathon

Il y a une semaine, j'ai pris part à roadtrip un peu spécial : le StartupBus Europe, un hackathon sur roues de trois jours qui traverse l'Europe. Dans un premier épisode, j'étais revenue sur la première journée dédiée à la constitution des équipes et au pivotage. Dans un deuxième, j'avais partagé les conseils qu'un investisseur suisse majeur avait donné aux participants chez Google Zurich. Aujourd'hui, je laisse la parole aux participants.

Mardi 30 octobre, c'est la dernière ligne droite avant la finale. Les buspreneurs francophones préparent leur présentation dans un espace de coworking munichois, Werk1, où les ont rejoint les buspreneurs allemands. L'atmosphère très européenne - Werk1 correspond tout à fait à l'image qu'on peut se faire de l'Allemagne branchée : un espace industriel réhabilité avec goût et minimalisme - semble stimuler les participants. 

Plus tard, les deux groupes retrouvent les bus hollandais et anglais dans un espace de coworking géant au design soigné, Wayra - une chaîne que l'on peut retrouver à travers l'Europe et l'Amérique Centrale et du Sud. Après quelques heures de travail supplémentaires, les quatre bus s'affrontent.

La compétition ne manque pas de diversité. Les startups vont du réseau social mobil à un outil de travail en équipe sécurisé en passant par un service d'analytics ou encore une appli pour aider les dépressifs à reprendre le dessus sur la maladie.

Cinq startups ressortent récompensées dont deux françaises. SocialFoods se hisse à la troisième place avec son site de don de nourriture local, alors que SizeMe part en final grâce à son module e-commerce permettant de commander d’un clic un vêtement à sa taille en fonction de ses mensurations. 

Un programme européen

Quel que soit leur résultat, les participants n'ont qu'une envie : célébrer. Un verre et une assiette de spécialités bavaroises à la main, les français se mêlent à la foule cosmopolite. Ils sont tous d'accord, ils ont déjà gagné. 

Travailler avec des participants de toute l'Europe (et d'ailleurs), leur a permis d'apprendre beaucoup. Ils ont aussi découvert le potentiel et le fonctionnement de certains marchés européens tout en se créant des contacts locaux qui ne manqueront pas d'êtres utiles dans le futur. 

Prendre confiance en soi

Mais surtout parce que ce hackathon, par son intensité, leur a appris énormément sur eux-mêmes. "C’est un véritable accélérateur d’apprentissage, m'explique une participante qui n'avait jamais travaillé dans une startup. Ca donne envie d’y aller, de te lancer. J’avais envie de me lancer mais j’avais peur de ne pas avoir le niveau, maintenant, je me sens plus sûre de moi."

Il faut dire que ce hackathon, plus que n'importe quel autre, demande beaucoup à ses participants. "Tu te prends des claques à longueur de journée", m'expliquait la veille un participant qui souhaite monter sa startup, à la sortie d'une session de mentorat musclée avec Jordi Montserrat. "Tu réalises ce que cela demande d'être un entrepreneur : est-ce que tu es prêt à te remettre en question en permanence ?, s'interroge t'il." Mais maintenant qu'il a fait face à "toutes les galères imaginables" - un wifi capricieux dans le bus, le manque de sommeil ou encore les problèmes d'équipes -, qu'il a trouvé une solution pour contourner tous ces problèmes, il ressort plus motivé que jamais à se lancer. 

Même son de cloche pour un jeune entrepreneur qui était venu dans l'espoir de travailler sur une idée qu'il voulait développer par la suite : "Tu apprends sur toi, sur qui tu es, sur ce que tu peux faire, et sur ce sur quoi tu dois travailler. Toute cette émulation te fait réaliser qu'il n'y a pas de limite."

Faire avancer son projet

Pour ce participant, comme pour beaucoup d'autres, StartupBus lui a permis de tester son idée, de recevoir des feedbacks et de rencontrer du monde. 

Pour un autre, qui a déjà lancé sa startup, ce programme permet d'améliorer son pitch en condition réelle. En tout, il a présenté son projet 7 fois, à chaque fois devant un public et sous un format différent, un excellent exercice d'adaptation. Il confie aussi avoir énormément appris lors de l'atelier dédié au pitch animé par un investisseur chez Google.

Se créer un réseau d'alliés

Tous les participants, quel que soit l'avancée de leur projet, s'accordent sur une chose : StartupBus leur a permis de développer leur réseau. 

Il faut dire que StartupBus ouvre des portes généralement fermées aux jeunes entrepreneurs. Au lendemain de ces trois jours de bus - en hôtel 4 étoiles ! -, les entrepreneurs ont pu participer au Pioneers Festival, l'un des principaux évènements tech européens, dans le magnifique palais de la Hofburg.

8 équipes ont pu pitcher leur startup devant un jury d'investisseurs. Après avoir soutenu leur nouveaux amis, les 18 autres équipes ont pu assister aux ateliers et aux conférences et discuter avec des investisseurs et des responsables d'accélérateurs de toute l'Europe. Ainsi, au moins un participant du bus français a pris rendez-vous avec un investisseur à son retour.

Plus important encore pour lui, cette aventure l'a rapproché des autres buspreneurs. Des amitiés comme ça sont bien plus utiles qu'un boite de cartes de visite aussi fournie soit elle. D'ailleurs, certains porteurs de projet ont trouvé un développeur dans leur bus !

Des leçons durables

A la sortie de cette expérience, les participants, qu'ils aient déjà monté une ou plusieurs startups ou qu'ils soient néophytes, se retrouve tous au même niveau : sûrs d'avoir encore beaucoup à apprendre.

Pour l'un d'entre eux, l'important c'est de tenir le rythme. "Il ne faut pas sous-estimer son besoin en sommeil et respecter son rythme alimentataire." Il note aussi l'important d'avoir une équipe équilibrée : "il faut au moins deux développeurs pour qu'ils se remettent en question". 

Une designeur revient avec la certitude que l'équipe prime sur le projet. On peut pivoter un projet qui ne marche pas, mais pas réparer une équipe qui ne prend pas.

Après ces trois jours dans le bus et cette journée au Pioneers Festival, les équipes sont lessivées, autant par le boulot que par les soirées qui ont suivi cette expérience. Mais tous rêvent de remettre le couvert. Certains réfléchissent déjà à l'an prochain, d'autres au StartupBus Africa qui aura lieu dans deux semaines et dont la campagne de crowdfunding est encore ouverte. L'aventure ne fait que commencer.

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