Ce que les entrepreneurs nord-africains ont pensé du Web Summit 2013 en Irlande

 

Quand j’ai reçu une invitation presse pour assister à l’une des conférences tech les plus réputées d’Europe, le Web Summit, j’ai sauté sur l’occasion.

Cette année, le Web Summit avait mis les petits plats dans les grands pour attirer des entrepreneurs et des participants du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie du Sud. Ils ont fait venir 80 participants de ces trois régions dont 9 startups d’Egypte. Pourtant, je me demandais si les entrepreneurs d’Afrique du Nord en auraient pour leur argent entre les frais de voyage et le prix des tickets (à partir de 700 euros soit près de 1 000$ US).

 

Plus c’est grand, mieux c’est.

La conférence, qui a lieu à Dublin en Irlande, du 30 au 31 octobre, pourrait être résumée par deux mots : ‘énergie’ et ‘buzz’.  Plusieurs centaines d’entreprises exposaient, c'est quatre fois plus que l’an dernier et 20 fois plus que lors du premier événement il y a quelques années. Une croissance impressionnante donc.

Malgré sa taille – pas moins de 10 000 participants étaient présents – la conférence a réussi à rester interactive proposant plusieurs sessions de pitch et plusieurs ateliers simultanément, des séances de speed-networking, des soirées ainsi que des évènements média, des discours et des panels.

De grands noms de la tech étaient présents sur scène pour l’occasion dont le bloggeur tech Robert Scoble, le fondateur de Mind Candy Michael Acton Smith, le fondateur de 500 Startups Dave McClure, qui est monté sur scène en tongs, et le légendaire Elon Musk, qui est arrivé sur scène au volant de sa fameuse voiture sportive électrique Tesla. Tous ont fait preuve de la même humilité, une belle leçon pour l’"egosystem" du monde arabe : ceux qui y arrivent n’ont pas besoin de se vanter.

Dans le hall principal, les participants pouvaient retrouver les stands des multinationales et des ONG, et, au fond, ceux des startups ayant réussi à se développer. Il fallait se rendre dans l’“Alpha Village” et survivre l’agitation qui y régnait pour retrouver les jeunes startups.

D’Egypte, on pouvait croiser EventtusNaqeshny, F16AppsAdvan TagJosoorSkills AcademyWebkeyzArab Hardware et Sirkil. Du Maroc, j’ai pu parler avec VIP-Only, Maroc Annonces et MySportner.

Une certaine frustration du côté des startups

Pour la PDG de MySportner justement, c’était une super expérience, expliquant qu’elle s’y ai fait de très bons contacts. Opinion partagée par Bassem Fayek, le fondateur de Skills Academy, qui pense avoir trouvé des clients. 

Tous n’étaient pas si positifs, se plaignant notamment du manque d’investisseurs de qualité. Mohamed Amar, le PDG de VIP-Only, s’explique : « je suis venu parce qu’on m’avait dit qu’il y aurait des investisseurs intéressés par notre région, mais il y avait en fait très peu d’investisseurs francophones. Ce voyage n’a pas apporté le retour sur investissement promis. »

Même son de cloche pour Emmanuel Okeleji , le PDG d’Insidify, une startup basée au Nigéria: « quelques investisseurs sont venus nous parler mais dès qu’ils comprenaient qu’on était basé au Nigeria, ils se désintéressaient. »

Même si l’expérience était très sympa et que j’aimerais y retourner l’an prochain, elle ne valait pas, d’un point de vue strictement financier, le déplacement pour les startups régionales.

C’était la première année que le Web Summit essayait d’attirer les startups du monde arabe, pour garder ce positionnement, l’organisation devra aller plus loin pour rendre l’événement pertinent.

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