Bitcoin serait-il le futur de l'Afrique ?

Une chose est sûre, le digital va chambouler les transactions financière en Afrique. D’ailleurs, un grand nombre s’intéresse de près au paiement par téléphone (avec notamment M-Pesa), aux plateformes de cadeaux/échanges, aux cartes prépayées et même à Bitcoin et aux opportunités qu’elles représentent dans un continent de plus d’un milliard d’habitants.

« Plusieurs des plus grosses entreprises mondiales, dont Google, Ericsson, Visa et MasterCard arrivent en Afrique de l’Est, [pour s’assurer leur place] dans l’un des écosystème les plus disruptives du monde, » explique Kopo Kopo, un agrégateur de paiements pour l’Afrique de l’Est qui vient de lever 2,6 millions de USD.

Il faut dire que M-Pesa, une solution de paiement mobile lancée au Kenya en 2007, a prouvé ce potentiel puisque 70% de la population adulte utilisent M-Pesa pour régler l’équivalant de 30% du PIB du pays chaque année.

Maintenant, ce sont les solutions de prépaiement comme BebaPay de Google ou NationHela de Visa qui veulent leur part du gâteau, alors que les acteurs du ecommerce Jumia ou Closet 49 attendant de voir quelle solution deviendra la plus populaire, et que des visionnaires comme Kipochi travaillent à introduire des monnaies digitales comme Bitcoin.

Mais créer un écosystème de commerçants, clients et investisseurs n’est pas si facile.  

« Les gens se demandent quelles solutions ils doivent utiliser, explique Mbwana Alliy, un investisseur, ils sont confus. »

C’est pour faire le point sur les différentes options que Mbwana Alliy a organisé AfriKoin, le mois dernier, à Nairobi, au Kenya, l’épicentre de cette révolution des paiements en Afrique.

Pour cette toute première conférence sur les monnaies et les paiements digitaux du Continent, Alliy a invité aussi bien des multinationales que des startups kényane comme PesaPal, qui offert des solutions de paiement pour les contravention, les factures et les honoraires, afin de dresser un tableau simple des structures de paiement et de répondre aux questions que la majorité des gens se posent :  Quels sont les meilleurs moyens d’accepter des paiements mobile pour son entreprise qu’elle soit online ou offline ? Quelles sont les tendances du paiement mobile en Afrique ? Quelles sont les limites du paiement mobile et quelle est la place des cartes de crédit ?

Les innovations ne manquent pas, pourtant Alliy rappelle que « nous n’allons pas avoir 100 PayPals, seuls quelques uns vont tirer leur épingle du jeu. »

Bitcoin a le potentiel de chambouler le marché

Durant la conférence, les discussions étaient monopolisées par Bitcoin et les autres monnaies digitales, et par leur potentiel à simplifier les paiements internationaux – un petit marché de 530 milliards de dollars par an.

Etant une crypto-monnaie décentralisée en peer-to-peer, Bitcoin permet de contourner les régulations gouvernementales qui bloquent le développement de nombreuses solutions de paiement.

En Afrique, elle pourrait donc intéresser les personnes qui n’ont pas de compte bancaire à cause des barrières à l’entrée posées par les banques et les sociétés émettrices de carte de crédit. Pelle Braendgaard a crée Kipochi, un portefeuille mobile pour Bitcoin qui permet de réduire ces barrières en faisant tomber le coût des transactions internationales de 12% (comme ce qu’on peut trouver chez Western Union) à  1% ou 3%. Dès lors que les utilisateurs peuvent trouver des lieux pour transformer leur monnaie digitale en monnaie réelle, ils ne verront pas la différence. « On ne devrait pas voir Bitcoin comme un device, mais plutôt comme une plateforme de transaction qui permet d’envoyer et de recevoir de l’argent de partout dans le monde, explique t’il. »

Il n’empêche que le Bitcoin est menacé par sa volatilité. N’étant pas régulé, sa valeur peut très rapidement exploser ou chuter.

Ce n’est pas un problème, assure Pelle Braendgaard, à moins que vous vouliez conserver vos Bitcoin. Si vous l’utilisez juste pour effectuer des transactions, cela n’affectera pas la valeur de vos transactions.

Les opportunités sont nombreuses mais leur viabilité dépendra de l’appétit local. L’Afrique a prouvé dans le passé son intérêt pour les dernières technologies, en passant notamment à la téléphonie mobile sans passer par la case téléphone fixe, et qui passe maintenant aux tablettes et smartphones sans être passée par les ordinateurs.

Passer directement aux paiements mobiles sans passer par les cartes de crédits peut sembler un peu mais rien n’est impossible.


Crédit photo : 3G Direct Pay

Partager

Articles similaires