L’Egypte se distingue au Web Summit par le dynamisme de son écosystème startup

Les 30 et 31 Octobre derniers s’est tenu à Dublin la quatrième édition du Web Summit. Une vingtaine d’entrepreneurs arabes triés sur le volet ont fait le déplacement pour côtoyer les plus grandes pointures du Web. Retour sur un évènement qui en dit long sur l'écosystème startups du monde arabe. 

C’est dans une salle comble de plus de 4000 personnes, chauffées à blanc par un concert d'un groupe qui n'avait rien à envier à U2, que Paddy Cosgrave, l’organisateur très détendu, en jeans et t-shirt, a lancé cette quatrième édition.

Plus de 10 000 participants, venus du monde entier, s’étaient donnés rendez-vous pour rencontrer le gotha de la presse (Wall Street Journal, Forbes, Tech Crunch), des investisseurs (Seed Angel, Early Stage VC entre autres), et des entrepreneurs du Web et du Mobile.

Une programmation millimétrée

Des conférences accueillant des invités de marque tels que Dave McClure (500 Startups), Shakil Khan (Spotify) ou encore l’époustouflant  Elon Musk (Tesla, Space X, Solar City), aux workshops organisés par General Assembly, en passant par les sessions de Speed Networking, rien n’a été laissé au hasard.

Et pour mieux chouchouter les participants, l’équipe organisatrice a mis en place deux nouveaux concepts, celui du Food Summit, un déjeuner servant diverses spécialités irlandaises ; ainsi que celui du Night Summit, privatisant les pubs du centre ville de Dublin durant les trois nuits qu’a duré l’événement.

Une pépinière d’idées

Mais revenons aux exposants. 600 startups ont été sélectionnées pour exposer à l’Alpha Village. 

Parmi elles, 24 startups arabes, essentiellement Egyptiennes. En effet, si le pays des pharaons est en pleine révolution, l’environnement startup égyptien n’en demeure pas moins foisonnant et ambitieux. Des 13 startups égyptiennes présentes, j’ai retenu ArabHardware, F16apps, Naqeshny, Eventtus, SkillAcademy et Taskty. Même si deux fois moins représentés, les Emirats Arabes Unis se démarquent aussi par la diversité de leurs projets : FabUp, Mobibus, Wally, Doctorized et Generous Design. Le Maroc était lui représenté par deux jeunes startups : Vip-only.ma et MySportner [Discolure : il s’agit de la startup que j’ai fondé].

Bon nombre de ces startups arabes sélectionnées, ont décidé d’exposer au Web Summit afin d’avoir une ouverture sur les marchés internationaux « Aujourd’hui nous avons des clients et des partenaires entre l’Egypte et l’Espagne. Notre objectif est de poursuivre notre expansion à l’internationale afin de devenir un acteur majeur de notre métier», explique Kareem Diaa, CEO de Naqeshny. D’autres ont fait le déplacement dans l’espoir de rencontrer des investisseurs qui s’intéresseraient aux marchés arabes. C’est le cas de Mohamed Amar, CEO de Vip-Only.ma.

L’Egypte comme modèle à suivre

« Il y a clairement eu un avant et un après révolution. D’un côté, ça nous a été bénéfique, témoigne Kareem Diaa, car ça a donné beaucoup d’énergie aux entrepreneurs. De l’autre, l’économie n’est toujours pas stable. » Kareem nous confie également qu’aujourd’hui l’Egypte dispose de ressources, mais manque d’organisation et de structure. Il pense que tout est une question d’ajustement, de placer les bons leaders au bon endroit, de mettre plus en avant les success stories des startups Egyptiennes et de continuer à avancer.

L’Egypte peut se considérer aujourd’hui comme étant un exemple pour les autres pays arabes.  

L’écosystème startup en Egypte a connu un grand essor sur les quatre dernières années, notamment grâce à l’arrivée de l’événement international « Startup Weekend » au Caire. Depuis, plusieurs incubateurs ont vu le jour, 8 VCs ont été montés et des centaines d’entrepreneurs ont lancé leurs startups. La semaine dernière, douze événements liés à l’entrepreneuriat ont eu lieu dans le cadre de la Global Entrepreneurship Week. Durant les deux journées du dimanche 24 et lundi 25 Novembre, s’est tenu la première édition du Rise Up Summit, accueillant plus de 2 500 participants, co-organisé par Kareem Diaa.

La révolution y a grandement contribué. De fait, beaucoup de jeunes prennent plus de risque car ils considèrent n’avoir plus rien à perdre.

Tel est l’exemple de Ibrahim Hamdy, qui à tout juste 14 ans a décidé de lancer sa startup ArabHardware, fournisseur de produits et services dans le domaine de l’IT sur toute la région MENA. Présent au Web Summit, il avoue avoir choisi d’y exposer pour rencontrer des investisseurs, dans le but d’ouvrir de nouvelles branches dans toutes les grandes villes arabes, telle que Dubaï. « Depuis la révolution, plus personne n’investit vraiment dans les startups égyptiennes, c’est pour cela que nous allons chercher à l’étranger. », ajoute-t-il sur un ton sceptique. Aujourd’hui, il n’a toujours rien de concret mais continue de discuter avec des potentiels investisseurs rencontrés au Web Summit.

Les pays arabes sur la bonne voie

Quant aux autres pays arabes, ils ont encore du pain sur la planche. Mais on peut être positifs. Le « Startup Weekend » est aujourd’hui répliqué dans quasiment tous les pays arabes dont une dizaine d’éditions rien qu’au Maroc, ayant généré près de 15 startups innovantes. La « Startup Cup », aujourd’hui au Maroc, à Dubaï et au Caire, est aussi entrain de s’étendre vers les autres pays. Par ailleurs, certaines communautés éclosent, promettant de promouvoir l’écosystème startup, telle que StartupYourLife au Maroc, qui après seulement quelques mois d’existence rassemble une centaine de membres choisis sur le volet, et contribue de manière dynamique en organisant des événements ciblés ainsi que des workshops.

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