[L'interview de NWL] Rencontre avec MySportner, la gagnante du PitchLab

New Work Lab, l’espace de coworking morocain, basé à Casablanca, a récemment tenu la première édition de son Pitch Lab remporté par MySportner. Fatim-Zahra Biaz, la fondatrice de New Work Lab, a profité de l’occasion pour interviewer Kenza Bennani, la fondatrice de MySportner.

New Work Lab : Kenza, tu es la fondatrice de MySportner, la startup du mois du NWL. Peux tu nous expliquer ton concept ?

Kenza Bennani : MySportner est une application mobile qui permet à tous les sportifs de trouver le partenaire de sport idéal - c’est à dire celui qui a le même niveau que le leur -d’organiser leurs événements sportifs et également de consulter la liste des activités sportives se déroulant à proximité pour les rejoindre.

NWL : Comment as tu eu l’idée d’entreprendre ?

KB : J’ai toujours su que je voulais entreprendre. C’est pour cela d’ailleurs que j’ai choisi de suivre un Master en Innovation et Entrepreneuriat à la fin de mes études. J’ai par la suite travaillé pendant deux ans dans le salariat, histoire de vivre l’expérience pour ne rien avoir à regretter. J’ai finalement décidé de me lancer il y a un an.

L’idée de MySportner trottait dans ma tête depuis plusieurs années mais il fallait la concrétiser. Et c’est bien ça le plus difficile. J’adore le sport et les nouvelles technologies. Donc quoi de mieux que de réunir les deux et vivre de ma passion.

NWL : Tu souhaites lancer MySportner d’abord aux USA, quels enjeux pour conquérir un marché lointain que l’on ne connaît pas ?

KB : Ca ne va pas être facile, c’est une évidence. Je prévois d’aller aux USA en février 2014 pour inspecter le marché, lancer des campagnes de communication, networker sur place, rencontrer les contacts et potentiels partenaires avec qui je discute virtuellement pour le moment.

Ensuite, nous espérons être admis à un des accélérateurs de startups aux Etats-Unis. Ce serait un superbe tremplin pour MySportner.

NWL : Quelques mots sur l’importance de la user expérience ?

KB : La User Experience est pour moi la chose la plus importante dans l’exécution de tout projet, qu’il soit dans le web, le mobile ou ailleurs. En fait, il s’agit de faire passer au client (utilisateur) une expérience unique, inoubliable, de façon à ce qu’il souhaite la répéter de lui même en revenant visiter le site, l’app ou autre.

Chez MySportner, nous mettons toute notre énergie pour justement faire en sorte de développer le meilleur service possible. Notre objectif est non seulement de trouver un partenaire de sport à chacun de nos utilisateurs, mais surtout de faire le bon matching en liant les personnes ayant le même niveau.

NWL : Et le design ? 

KB : Beaucoup de gens pensent, par erreur, que le design est seulement un choix de couleur et d’emplacement de boutons. Ils se trompent.

Le design inclue aussi bien la User Interface que la User Experience abordée dans la question précédente. L’UI est aussi très importante mais légèrement moins que l’UX car elle évolue avec le temps, de la même manière que les couleurs à la mode changent, que les styles changent. Aujourd’hui, par exemple, le flat design est en vogue. Mais cela changera d’ici quelques mois ou années.

NWL : Quelles sont tes perspectives de développement?

KB : Nous prévoyons de lancer l’application sur l’App Store fin Janvier 2014. Ensuite, nous travaillerons sur les améliorations, fonctionnalités à ajouter et dès que l’appli sera stable sur iPhone, on lancera le chantier Android. 

NWL : Quelles sont les valeurs fortes qui fondent MySportner ?

KB : Le partage, la transparence et l’amitié.

Nous sommes aujourd’hui trois personnes sur le projet : Marouane, designer, Tanguy, développeur iOS et moi même. Nous souhaitons transmettre ses valeurs à tous nos utilisateurs afin qu’ils puissent se lier d’amitié au delà de partager leur sport ensemble. 

NWL : Comment te finances-tu ? Etes vous à la recherche de partenaires ou de financeurs ?

KB : Cela fait maintenant 8 mois que je suis à temps plein sur MySportner. Je continue de bootsratpper, c’est à dire que je finance le projet avec mes propres fonds, mes économies. Nous sommes plus à la recherche de partenaires que d’investisseurs.

NWL : Quelles sont les difficultés rencontrées ?

KB : Je vois toujours le verre à moitié plein, donc je dirai qu’il n’y a pas eu tant de difficultés que ça, mais plutôt des leçons apprises. Cela dit, il y a des obstacles psychologiques : au début, l’entourage peut se montrer sceptique. C’est souvent difficile mais il faut à tout prix se concentrer sur les autres personnes qui croient en vous et garder en tête que vous êtes seul juge de vos décisions.

NWL : Quelles leçons entrepreneuriales as-tu appris ces derniers mois ?

KB : Qu’il faut être patient surtout. C’est parfois frustrant mais il faut savoir tempérer.

Qu’il faut canaliser sa boulimie de l’entrepreneur et se concentrer à faire une seule chose mais s’assurer de bien la faire.

Qu’il faut être à l’écoute du marché, de ses consommateurs

NWL : Et toi, quel conseil donnerais tu à un jeune entrepreneur ?

KB : Mon conseil serait de bien s’entourer, le plus vite. Ca ne sert à rien de s’isoler et de garder son idée pour soi. Comme l’a dit Guy Kawasaki, « des idées il y en a à la pelle », c’est le fait d’aller jusqu’au bout et de bien l’exécuter qui fait toute la différence. Donc mon conseil, c’est soyez transparents, parlez de votre idée à votre entourage, à votre famille, vos amis, aux personnes que vous rencontrez lors des événements qu’il faut multiplier au maximum afin de vous faire un réseau.

N’ayez pas peur si au début de l’aventure, vous êtes seuls ou si vous avez du mal à trouver les bonnes personnes pour compléter votre équipe. Ca viendra avec le temps.

NWL : Un dernier mot ?

KB : N’arrêtez jamais d’essayer !! La persévérance est la clé du succès.

Vous pourriez aussi aimer : 

Partager

Articles similaires