L'entrepreneur au cœur du nouveau programme de mentorat de Mowgli

Forsa Egypt

On conseille souvent aux entrepreneurs de choisir leurs partenaires avec prudence, comme ils finiront sûrement par passer plus de temps avec eux qu’avec leurs amis ou leurs familles. Les mentors, quant à eux, doivent être choisis avec encore plus de prudence. Grâce à Forsa, le nouveau projet de la Fondation Mowgli basée au Royaume-Uni et soutenue par le G8, ce processus devrait être facilité pour les entrepreneurs du monde arabe.

Forsa, qui signifie « chance » en arabe, est un programme de mentorat qui met directement en relation les entrepreneurs du monde arabe avec des mentors pour les aider à développer le côté humain de leurs projets.

Actuellement présent en Egypte, en Tunisie, au Maroc, en Libye, en Jordanie et au Yémen, cette initiative présente des caractéristiques peu traditionnelles, en tout cas peu habituelles, pour un programme de mentorat pour entrepreneurs. D’abord, le programme se concentre sur l’entrepreneur plutôt que sur le projet. Pour l’aider à améliorer son business, les mentors de Forsa se focalisent sur la gestion du temps de l’entrepreneur, l’équilibre qu’il établit entre ses responsabilités personnes et professionnelles, ses qualités de leader et sa capacité à résoudre un problème.

L’approche novatrice de Forsa se révèle aussi dans sa volonté de créer des binômes entre mentors et entrepreneurs. Theodore Wilson, assistant administrateur de la bourse Education for Employment (le partenaire local de Mowgli en Egypte), s’explique : « Nous mettons en relation les entrepreneurs et les mentors sur la base de la diversité de leurs origines pour intégrer un facteur humain qui est bien souvent absent des programmes de formation habituels ». Par exemple, on peut très bien imaginer qu’un développeur d’applications mobiles se retrouve avec un mentor militant d’une ONG.

Pour intégrer ce programme, les entrepreneurs doivent remplir un formulaire d’inscription et participer à un atelier de deux jours pour rencontrer les mentors et commencer à construire des partenariats d’une durée d’un an. Ce programme d’un an permet aux entrepreneurs et aux mentors de se réunir une fois par mois lors de sessions de trois heures. Les progrès effectués par l’entrepreneur peuvent être suivis dans des rapports périodiques remplis au préalable par l’entrepreneur.

Si vous souhaitez rejoindre l’équipe des mentors (vous pouvez dès à présent vous inscrire ici), ce programme propose une formation de trois jours. Peuvent être éligibles comme mentors, entre autres, un ancien entrepreneur qui a réussi à monter son  entreprise ( réalisant au minimum 500 000$/an stipule Forsa), des seniors d’une multinationale ou encore des cadres d’ONG.

Depuis le lancement, Forsa a organisé cinq de ses ateliers de deux jours pour entrepreneurs en Egypte : un à Alexandrie et quatre au Caire.

Pour Leila Sadki, la créatrice de Nola Cupcakes qui a pris part à l’atelier qui a eu lieu ce mois dernier, Forsa se distingue des autres programmes de mentorat auxquels elle a participé par la relation long terme qui va se créer entre le mentoré et le mentor.

Mais l’intérêt du programme ne se résume pas seulement à la relation qui existe entre le mentor et l’entrepreneur : les évènements de mentorats permettent également de se créer un réseau même pour ceux qui ne s’engagent pas sur l’année. Imane Nasser, la fondatrice de Nooon, un site d’e-commerce pour les accessoires de voiture, a rencontré un représentant de Souq.com lors d’un de ces évènements, ce qui lui a permit de référencer ses produits Nooon sur le site Souq.com. Elle a aussi rencontré un autre entrepreneur propriétaire d’une société d’envoi grâce à qui elle a collaboré pour l’exportation de ses produits en Italie.

Les entrepreneurs ont également fait part de quelques conseils quant à l’évolution du programme. Ghada Sherif, un formateur de l’Académie Royale de Formation, affirme que « le processus de sélection d’entrepreneurs pourrait être plus strict en appliquant des règles spécifiques d’acceptation des participants ». Ahmed Issa, le fondateur et PDG de Ideaneurs, propose de « fournir plus d’outils pour les entrepreneurs, comme une bibliothèque numérique, du contenu exclusif [en rapport au soutien aux entrepreneurs] ou un système électronique permettant de gérer la relation entre l’entrepreneur et son mentor ».

Pour l’année qui vient, le programme espère atteindre jusqu’à 250 entrepreneurs dans six pays différents ; s’il continuera d’opérer en Egypte dépendra des dirigeants russes qui reprendront les rennes du G8 en 2014.

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