Une startup égyptienne entre au Y Combinator dans la Silicon Valley

2014 sera probablement l'année durant laquelle les startups du monde arabe perceront sur la scène internationale. Après le buzz généré par Instabug et 1Sheeld, une autre startup égyptienne fait parler d'elle après avoir été acceptée au sein du meilleur accélérateur au monde, le Y Combinator.

C’est « probablement la saison la plus internationale que nous ayons eu, »  explique Paul Graham dans un article de Bloomberg, « c’est la première fois que nous avons des groupes de Roumanie, Bulgarie ou Egypte. »

Ninja SMS est une application qui vient en remplacement de l’appli de SMS native de votre Android et dont l’avantage principale (mais pas unique) est le multitask. Au lieu de devoir passer d’une fenêtre à une autre, vous pouvez passer à une autre appli tout en continuant à chatter grâce une fenêtre de chat flottante.

Lancée en avril 2013, l’appli a connu un succès immédiat, nous racontais le co-fondateur Wael Nafee en avril : « En 10 jours et sans marketing, nous sommes devenus n°1 des "nouvelles apps payantes" de la catégorie communication, n°5 des "nouvelles apps payantes" toutes catégories confondues. »

« Beaucoup de gens disent que notre appli ressemble aux bulles de conversation de Facebook », nous confie Wael après ses premiers jours au YC, pourtant son appli a été lancée avant celle de Facebook, insiste t’il. Son inquiétude initiale face à cette arrivée a vite disparue avec l’afflux d’articles presse ventant son appli et le fait que son équipe avait pensé aux bulles de conversation avant Facebook. L’appli a ainsi été nommée dans la liste des 50 meilleurs applis Android de 2013 par Time et a été téléchargée 100 000 fois à ce jour dans sa version payante et gratuite.

En juillet, Wael et ses co-fondateurs Mostafa Gazar et Ahmed Galal, reçoivent un financement d’amorçage de Tarek Fahim, un associé à Tamkeen Capital, et démissionnent de leurs emplois respectifs pour se dédier à temps plein à Ninja SMS. L’équipe candidate au Y Combinator dans l’espoir d’avoir accès à des mentors qu’ils ne pourraient pas trouver en Egypte et de maximiser le potentiel de leur produit.

En novembre, l’équipe apprend qu’elle est acceptée au YC.

Une sélection intense

« Les 10 minutes d’entretien [de sélection] ont probablement été les 10 minutes les plus longues de ma vie, explique Wael. Ils enchaînent les questions et t’interdisent de rentrer en mode "speech de vente". Ils voient tout de suite quand tu racontes du blabla marketing et t’arrêtent net. »

Dès l’annonce de leur acceptation, les trois cofondateurs ont commencé à réfléchir à ce qu’ils aimeraient pitcher lors du Demo Day et ont demandé aux membres de YC ce que les investisseurs voudraient voir. 

Ils sont maintenant plus concentrés sur les métriques qu’ils veulent développer pour Demo Day et sur les changements qu’ils doivent mettre en place pour atteindre ces chiffres.

Les avantages du Y Combinator se font déjà sentir : Wael Nafee explique avoir déjà beaucoup appris de ses discussions et de ses partages d’expérience avec les autres startups de cette saison Hiver 2014, mais aussi du premier des diners qui réunissent chaque semaine les startups accélérées avec un ancien du YC ou un acteur majeur de l’écosystème. « Nous venons d’avoir notre premier [diner], c’était enrichissant, intense, et très utile. » Wael et ses cofondateurs ont aussi pu bénéficier de réunions individuelles avec les membres du YC. Imaginez un peu passer une heure à réfléchir de votre stratégie avec Paul Graham !

Si Ninja SMS a prouvé une chose, c’est qu’un produit innovant, bien fait et bien exécuté peut devenir un succès international, d’où qu’il vienne, dès lors que ses fondateurs s’y dédient pleinement et profitent des opportunités qui se présentent à eux. A qui le tour ?

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