[Crowdfunding] Trois ingrédients pour réussir sa campagne de financement participatif

2014, l’année de l’investissement participatif ? C’est en tout cas ce que la levée de fonds de SearchinMENA laisse espérer. Fondée par Salim Akil, un entrepreneur syrien, la marketplace pour les professionnels vient de collecter 140 000$ US, la plus grande levée de fonds assurée par la plateforme de financement participatif de la région, Eureeca.

Salim Akil souhaite continuer sur sa lancée en lançant une deuxième campagne pour lever une partie des  140 000  dollars nécessaires pour transformer son site en l’AliBaba du Moyen-Orient. Salim a récemment rencontré l’équipe d’Alibaba ; « tout s’est très bien passé », a t’il glissé.  S’il réussit à convaincre sa famille, ses amis et de nouveaux investisseurs de continuer à investir, SearchinMENA.com deviendrait la première d’une série de startups à prouver la viabilité du financement participatif au Moyen-Orient.

Lors de son arrivée dans le monde arabe l’année dernière, le financement participatif a suscité le débat. Est ce que les angel investors comprendront les risques induits ? Est-ce que les entreprises gagneront si elles donnent des parts à des inconnus ? Le financement participatif pourra t’il survivre face aux régulations des gouvernements ?

Aujourd’hui, grâce au succès des levées de fonds de SearchinMENA, mais aussi des jordaniens de Harir.com et Foodlve et des dubaïotes de Nabbesh, Eureeca est en passe de devenir le reflexe des startups qui veulent lever rapidement des fonds qui leur permettront de tenir jusqu’à ce qu’elles puissent se tourner vers des investisseurs institutionnels.

Pour Nabbesh, la communauté de skills exchange fondée par Loulou Khazen et Rima Al-Sheikh, cette campagne était surtout l’occasion de faire du buzz. Elles ont réussi à collecter leur objectif de 100 000$ en douze jours, tout en levant à côté des fonds auprès des investisseurs institutionnels. De même, Harir.com, un site de ventes flash d’articles d’intérieur, est parvenu à soulever 50 000$ en huit jours. « C’était simplement pour se montrer et avoir l’argent nécessaire pour passer à la prochaine étape », explique son fondateur Mousa Ayoubi. 

Les startups ont tendance à percevoir le financement participatif comme de l’argent facile car les investisseurs sont généralement des silent partners, c’est à dire qu’ils ne font pas partie du board et n’ont pas de pouvoir sur les décisions de l’entreprise (Eureeca permet néanmoins à chaque entreprise de choisir son propre modèle). Un compromis que les angel investors semblent prêts à accepter afin de mettre un pied dans le monde des startups.

Pourtant un succès rapide n’est pas garanti. Collecter 50 000$ sur la plateforme n’est peut-être pas sorcier encore faut-il savoir jouer avec les règles d’Eureeca. Suivez ces règles et vous pourrez avoir accès à des investisseurs du monde entier, friands de nouvelles opportunités.

Voici quelques leçons tirées de ces trois campagnes :

 1.     Développez un réseau personnel d’investisseurs potentiels

Si vous n’avez pas déjà un réseau d’investisseurs potentiels, autant lâcher l’affaire.

L’équipe d’Eureeca ne le cache pas, la préparation et la mise en scène est essentielle pour réussir sur la plateforme. Si vous donnez l’impression d’être sur une bonne lancée, cette dynamique s’accentuera, d’où l’importance d’avoir un réseau familial et d’amis prêt à vous soutenir les premiers jours.

« Les PME et entrepreneurs qui souhaitent se lancer sur Eureeca ne doivent pas s’attendre à ce que l’argent coule à flot instantanément », explique Sam Quawasmi, le cofondateur et directeur général d’Eureeca. «  Vous devez dans un premier temps mettre à contribution votre famille, vos amis et vos clients, qui représenteront 30% à 40% de votre financement de base. »

D’ajouter que c’est seulement après cette première étape que votre entreprise pourra attirer des investisseurs extérieurs. « C’est comme quand vous cherchez un restaurant. Si vous en voyez un plutôt joli et rempli et un autre magnifique mais vide, vous allez choisir celui qui est bondé ». 

Même son de cloche pour Salim Akil, pour qui «  la grande majorité des investissement proviennent de la famille et des amis ». Dans son cas, 26% de ses investisseurs étaient des amis, 26 autres pourcents des amis d’amis ou des amis de famille, 41% des investisseurs ayant découvert SearchinMena en ligne et seulement 6% des clients. Au total, 35% d’entres eux venaient des Emirats Arabes Unis, 35% d’Arabie Saoudite et 38% de Syrie.

Les entreprises doivent être préparées à ce que les investisseurs extérieurs, même s’ils sont plus nombreux, donnent moins d’argent. Dans le cas de SearchinMena, la plus grosse enveloppe s’est élevée à 40 000$, la plus petite à 100$, avec une moyenne de 4 300 $ par ticket.

Certains entrepreneurs ont tendance à minimiser l’importance d’Eureeca pour franchir la première étape. Pourtant, Salim Akil insiste sur le rôle capital qu’a joué par la plateforme en assurant la visibilité de sa campagne et en instaurant un climat de confiance. « Grâce à cette bonne structure, j’ai pu convaincre mes amis d’investir. »

 2.     Fixez un montant réalisable

Sur Eureeca, vous pouvez continuer de lever des fonds même une fois l’objectif atteint, il y a donc peu de risque à définir un montant assez faible. En revanche, si votre objectif est trop élevé, vous risquez de ne pas l’atteindre et de ne pas recevoir un seul dollar. Cette asymétrie implique que les entreprises doivent viser un montant relativement bas, au risque de paraître peu ambitieux.

Plus vous arriverez à convaincre des investisseurs avant le début de la campagne, plus vous aurez de chances de réussir. 

 3.     Allez-y au culot                                

Pour collecter de l’argent, une importante campagne de relations publiques est essentielle. 

 « Parlez à autant de monde que possible, car ils parleront de vous à d’autres », conseille Salim. Une philosophie partagée par de nombreuses autres startups ayant réussi leur levée de fond sur des plateformes telles que que Zoomaal, Kickstarter et Indiegogo.

Salim Akil recommande aussi aux entrepreneurs de ne pas négliger les réseaux sociaux. « Nous avons attiré pas mal de personnes intéressées pour investir environ 5 000 grâce aux réseaux sociaux », explique le jeune syrien.

Les réseaux sociaux sont aussi cruciaux dans la phase de lancement que dans les phases finales. Pour Sam Quawasmi, c’est une fois que le seuil de 60% - 70% de financement est atteint que les entreprises commencent à attirer des investisseurs étrangers. Seachinmena a ainsi réussi à attirer des investisseurs du Brésil, de l’Allemagne et de l’Inde (même s’il a fallu pour cela  prolonger la campgne d’un mois).

Harir.com recoit toujours des demandes d’informations d’investisseurs saoudiens ou émiratis. « Une fois la campagne achevée, on s’emploiera à trouver de nouveaux clients et à élargir notre équipe », explique Mousa Ayoub.

Le futur de l’investissement participatif

Forte de ces premiers succès, Eureeca devrait continuer à grandir cette année avec l’arrivée de startups sortant d’accélérateurs et d’autres startups en early stage cherchant à se financer malgré le manque de capital risque.

Les seules menaces qui planent sur sa plateforme sont les risques de régulation ou d’un deal qui tournerait mal. Pour minimiser ce risque, Eureeca étudie avec soin le background de chaque investisseur, de sorte qu’ « une fois que la proposition est financée, les deux parties aient dépassé le stades des due diligences ».  

Although regulators may decide to step in and limit its activities, Eureeca, which is registered offshore, is continually in talks to encourage regulation of the sector, says Quawasmi. The hope is that regulators will see the value in the vehicle. “We are creating jobs,” he points out. “90% of hires happen after someone gets funded.”

Même si les régulateurs pourrait chercher à limiter ses activités, Eureeca, qui est enregistrée en offshore, encourage la régulation du secteur dans l’espoir que les régulateurs perçoivent la valeur de ce vecteur. «  Nous créons des emplois, et 90% des embauches ont lieu une fois que les fonds sont là ». 



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