I3zif, l’école de musique arabe en ligne, annonce trois nouveaux objectifs ambitieux

Tout juste un an après son lancement, l’équipe de i3zif, l’école de musique arabe en ligne, a marqué ce début d’année avec trois nouveaux objectifs ambitieux, nous a confié le co-fondateur Bisher Abu Taleb, qui participe en ce moment à un boot camp 500 Startups dans la Silicon Valley. 

Samedi dernier, les deux associés Bisher Abu Taleb et Ayham Abu Hammad ont lancé un nouveau programme pour enseigner la musique aux étudiants dans les écoles publiques jordaniennes, grâce à des vidéos de tutoriels i3zif, en partenariat avec le programme de la Reine Rania Madrasati et sponsorisé par les donateurs du secteur privé et des fonds internationaux. Le programme a acheté et mis en place une salle informatique, des instruments et des superviseurs formés à la musique dans 15 écoles primaires publiques de Jordanie dans une zone que Bisher surnomme « le désert de la musique ». Il indique que « le plan est de créer une success story en Jordanie et de l’étendre aux Emirats Arabes Unis, au Qatar [et dans le monde arabe en règle générale]… dans la région, on partage tous le même problème », à savoir un manque criant d’ « écoles de musique, de bons professeurs et d’une myriade de formations ».

Pendant ce temps, Ayham Abu Hammad est au Caire, la capitale du divertissement arabe, travaillant sur des sessions musicales pour des pop stars du monde arabe. Ayham, vidéaste que Bisher Abu Taleb appelle allègrement « notre Tarantino »,  enregistre des musiciens donnant des cours sur leurs propres instruments et utilisant de la musique pop que les gens reconnaitront facilement, ajoutant ainsi ces enregistrements à un catalogue déjà conséquent de vidéos instructive. « Nous voulons utiliser ces pop stars infiltrées pour apprendre la musique à nos étudiants » indique Ayham Abu Hammad.

Le troisième objectif de i3zif est de plonger Abu Taleb dans la culture du boot camp de 500 Startups de la Silicon Valley et d’appliquer à i3zif ce qu’il en a ressorti. « C’est incroyable de voir comment ils ont pu créer cette culture… on reçoit maintenant de l’aide des [startups et des entrepreneurs] des dernières saisons comme si on faisait partie de la famille ». Il a déjà commencé à développer de nouvelles idées pour modifier le site et le business model : « les premières semaines, j’ai réalisé que nous avions négligé l’aspect technique [du site]. Nous avons besoin de travailler sur l’expérience tirée des utilisateurs et sur les caractéristiques intégrées ».

Le concept d’i3zif est très simple : des musiciens professionnels donnent des leçons sur leurs instruments, via des vidéos pré-enregistrées que les utilisateurs peuvent suivre. Jusque là, i3zif fonctionne par abonnement : les utilisateurs achètent un package pour environ 25 vidéos éducatives dont ils sont propriétaires pour un an, pour un prix moyen de 70$. Abu Taleb explique : « pour l’instant, nous offrons des vidéos de cours de guitare, de piano, d’oud, de tarbouka et même de chants arabes ». Mais les efforts de marketing ne sont pas uniquement destinés au monde arabe : « nous avons vu un nombre croissant d’abonnements pour des non-arabes qui apprennent l’oud en anglais ». Sur les 19 cours actuellement proposés, deux sont en anglais.

En bref, l’histoire de Bisher Abu Taleb ressemble à un conte de fées Oasis500. Deux mois après le début de leur programme dans l’incubateur d’Amman, le fondateur et vice président de Aramex (et président de Wamda) Fadi Ghandour  « est venu derrière moi à un événement de pitching, m’a tapoté l’épaule et m’a dit ces deux phrases que je n’oublierai jamais : ‘salut, je m’appelle Fadi Ghandour. J’adore ce que vous faites et j’aimerais investir’. Je croyais rêver ! » rit-il. « Soulever des fonds devrait vraiment être plus difficile que cela ».

Mais cela ne veut pas dire que le succès de i3zif est dû au hasard. Abu Taleb pensait à ce concept depuis au moins dix ans, après s’être lancé dans une carrière de musicien professionnel depuis ses 19 ans, âge auquel il a rejoint le groupe jordanien new age Rum - « un des groupes les plus connus de Jordanie » - grâce auquel il a voyagé dans le monde arabe, en Europe et aux Etats-Unis. Après avoir obtenu un diplôme en informatique, ses choix de carrière oscillaient entre musique et technologie, sans pouvoir se poser quelque part pendant très longtemps. « J’ai travaillé pour 12 entreprises différentes en six ans parce que je me convainquais que j’étais heureux et que c’était dans cette boîte que je voulais rester ».

« Je me suis rendu compte il y a longtemps maintenant que je voulais être entrepreneur… mais il ne faut pas juste lancer son business parce qu’on le souhaite » explique-t-il, mentionnant les « 200 studios » que des musiciens ont ouverts à Amman. « Pour connaître le succès, il faut trouver une réponse à un problème ».

Après avoir été diplômé de Oasis500, i3zif a obtenu 100 000$ de financements de MENA Venture Investments, le véhicule d’investissement géré par Ghandour. Suite à cette investissement de follow-on, la startup a terminé un nouveau tour de table, cette fois de 300 000$, auprès de 500 Startups dans la Sillicon Valley et des quatre angel investors. Fort de ce succès grisant, l’équipe i3zif formée de 3 personnes se focalise sur les mois à venir, qui seront « cruciales pour le succès de notre entreprise » explique Abu Taleb.

« Le fait que nous soyons tous musiciens et que nous étions tous insatisfaits par nos boulot avant i3zif nous a permis de nous rapprocher, explique l’entrepreneur. Cette passion pour la musique nous a permis de créer une équipe soudée. » Mais, est-ce que la passion suffit à faire une startup qui réussit ? «  La passion est surévaluée dans une banque, mais dans le milieu de l’art la passion est ce qui crée de la fidélité et pousse les équipes à se dépasser. » Le succès d’i3zif cette année pousse à le croire.

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