[Paroles d’expert] Tariq Krim, fondateur de Netvibes et JoliCloud, livre ses 4 conseils

Tariq Krim fait partie de ses entrepreneurs qui ont réussi à développer, depuis leur pays d’origine, un service successful aux Etats-Unis, et à faire grandir, par la même occasion, leur écosystème local. Il y a un mois, l’entrepreneur français, qui a annoncé il y a deux semaines,  le lancement de Jolicloud 2, avait accepté de me rencontrer pour partager son expérience.

En 2005, Tariq Krim lance Netvibes, un agrégateur de contenu en concurrence directe avec Google News Reader et qui a réuni plusieurs millions d’utilisateurs à travers le monde. Si Feedly a depuis pris le dessus sur ce segment, Netvibes a réussi à se distinguer en concentrant ses efforts sur le B2B en offre aux entreprises des espaces de travail, des portails et des dashboards sécurisés, évolutifs et personnalisés, et a connu un bel exit sous la forme d’un rachat pour 20 millions d’euros par Dassault Système. 


Screen capture Netvibes

Mercredi 19 février, l’entrepreneur a annoncé le lancement en mars de la deuxième itération de JoliCloud, une plateforme qui veut permettre à ses utilisateurs de retrouver tous leurs contenus préférés à un seul et même endroit.

La plateforme dissocie désormais les contenus partagés sur les plateformes habituelles des fichiers, type Pocket, Feedly, Evernote ou encore Instagram et Facebook, des documents que vous stockez sur les solutions de cloud comme Dropbox et Google Drive. En plus de réunir tous ces documents, JoliCloud 2 permet d’ouvrir et de modifier les fichers, qu’ils soient en format PDF, MP3 ou avi, directement depuis la plateforme en HTML5.


Screen capture JoliCloud 2

En passant à l’abonnement premium à 4,99$ les utilisateurs pourront transférer des fichiers d’un service cloud à un autre d’un simple drag and drop (idéal pour libérer de l’espace de son compte Dropbox et profiter de l’espace disponible sur SkyDrive comme le suggère cet article de TechCrunch), ou encore connecter plusieurs comptes Google ou Dropbox.

En presque dix ans d’entrepreneuriat web, Tariq a eu le temps de tirer quelques leçons, qu’il a partagé avec nous :

Derrière tout succès, il y a une mission claire et un produit de qualité

Tous les services de Tariq Krim on un point commun, une ligne directrice qui motive les équipes et donne un sens au produit : une mission simple, celle de simplifier la vie et de remettre le pouvoir dans les mains des utilisateurs, le fameux concept d’empowerment.

Netvibes permettait d’accéder aux bonnes informations dans un monde saturé de news, JoliCloud permet de se réapproprier son contenu et des naviguer entre les différentes plateformes qui contiennent nos informations. 

C’est cette mission qui permet de créer un produit de qualité avec une vision et une utilité, affirme t'il.

Pour Tariq, l’enthousiasme des Américains pour Netvibes repose sur un élément simple : la qualité du produit. L’entrepreneur a porté toute son attention sur le produit, sur la simplicité d’utilisation et le design. C’est ainsi et seulement ainsi que l’on crée un base d’utilisateurs engagés et prêts à passer le mot. C’est en tout cas pour cette raison que j’utilise toujours Netvibes comme page d'accueil.

Une bonne équipe, c’est un fondateur technique et des experts

Pour construire un bon produit, il faut le comprendre. C’est pour cette raison que l’entrepreneur estime qu’ « avoir un fondateur technique, c’est le seul modèle qui fonctionne dans le milieu technologique ». 

Le second élément le plus important d’une équipe c’est le designer et l’expert UI/UX. Il s’agit de trouver ceux qui feront une différence. Evidemment, cela nécessite du temps et un certain budget, alors, pour les startups des marchés émergents où les bons designers sont des denrées rares et où le budget est réduit au minimum, il faut faire avec ce qu’on a, explique t’il : « Tu mets l’accent sur les compétences que tu as et ensuite tu te débrouilles pour trouver les personnes qui ont les compétences qui te manquent. » 

« Si tu ne trouves pas de cofondateur technique, tu prends un mec sur Elance mais il faut avancer », continue t'il avant de rappeller que « quand tu es petit et pas connu, tu peux faire tout ce que tu veux, tu n’as donc rien à perdre à développer un produit pourri et l’améliorer après ». D’autant que pour l’entrepreneur, il est plus simple de demander à un développeur et à un graphiste d’améliorer un produit existant que de leur demander de créer un produit à partir de rien et de devoir expliquer dans quelle direction on veut aller. 

« On s’en fout de la Silicon Valley »

Il n’y a qu’une chose à garder de la Silicon Valley, ce sont les techniques et les outils dans lequels un entrepreneur peut piocher, pour le reste, peu importe car les problèmes et les défis rencontrés en Europe ou dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord (MENA) n’ont rien à voir avec ceux de la Silicon Valley.

L’entrepreneur ne croit pas que le modèle dominant, c’est-à-dire américain, va s’étendre aux quatre coins du monde. Pour lui, l’internet du monde arabe sera fondamentalement différent de celui du monde occidental. Les entrepreneurs de la région MENA et de la Silicon Valley ne sont donc pas dans la même optique.

Et d’ajouter : « Quand tu passes ta vie à te comparer aux autres, tu finis par ne jamais être satisfait. C’est vrai aussi pour les startups ».

Le prochain Facebook pourrait très bien venir du monde arabe

Il y a énormément de choses à faire en région MENA mais il manque la mentalité qui a fait le succès de Facebook et des autres géants américains : cette conviction qu’une idée simple peut changer le monde.

Pour que les projets se développent dans le monde Arabe, il va falloir apprendre à les marketer, à raconter des histoires. Il faut que les gens tombent amoureux de l’histoire derrière un produire plus que du produit lui-même.

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