Premier salon de l’entrepreneuriat de Tunis : 3 défis pour 2014

Pour ce premier Salon de l’entrepreneuriat à Tunis, mardi 4 et mercredi 5 mars 2014, il fallait affronter la grêle. Cela n’a pas fait peur aux 3500 visiteurs qui sont venus, au siège de l’UTICA (Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat), rencontrer les 60 exposants et participer aux 20 conférences autour de l’entrepreneuriat.

« En Tunisie il y a les meilleures législations et structures d’accompagnement mais ce qui manque c’est la communication, l’information et la sensibilisation. Il faut insuffler l’envie d’entreprendre. Les jeunes et les parents sont désinformés. » explique Skandar Haddar, l’organisateur du salon et PDG de TPM (Tunisie Place de Marché), une entreprise qui organise des salons et édite des places de marché B2B en ligne.

Un manque d’information en région

La sensibilisation, c’est justement une des missions de l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel), présente sur un stand. Concours de meilleure idée, concours de business plan et formation sur l’entrepreneuriat via des modules de eLearning (HP Life) sont autant d’actions menées par cette organisation internationale. L’ONUDI vise à créer des « success story » en région, nous explique Akrem Haddad, coordinateur, afin de sensibiliser les jeunes et qu’ils deviennent des acteurs du changement.

C’est en effet, dans les régions intérieures que ce manque d’information est surtout frappant. Skandar Haddar affirme que « c’est là que la révolution a démarré. Il faut que l’entrepreneuriat soit de masse car les petits métiers, les TPE sont notre richesse. » C’est pour cette raison que de nouvelles éditions du salon auront lieu dans les régions intérieures. La prochaine sera organisée en Octobre, à Kairouan.

Le défi du financement

Banques et SICAR (Société d’Investissement en Capital Risque) étaient bien représentées lors de ce salon de l’entrepreneuriat. Mais ces acteurs s’intéressent trop rarement aux projets innovants, nous confie Alia Mahmoud, directrice du Microsoft Innovation Center (MIC) : « Les banquiers qui travaillent dans les SICAR n’ont pas un esprit de capital risqueur. Ils ne savent pas évaluer un projet risqué. On a besoin d’une université des venture capitalists ! »  Nous pouvons tout de même citer la SICAR DIVA qui nous a répondu qu’ils pouvaient investir jusqu’à 2 millions de dinars dans des projets à fort potentiel.

Un besoin d’accompagnement

Autre thème fort de ce salon : l’accompagnement des jeunes entrepreneurs. Le Réseau Entreprendre Tunis, partenaire du salon, offre aux entrepreneurs qu’il sélectionne un coaching de 2 ans ainsi qu’un prêt d’honneur. Le plus grand stand du salon était celui du Microsoft Innovation Center (MIC) qui parraine depuis 2007 des startup innovantes et qui avait invité ses 10 lauréats - Global Soft Net, Eblyn Labs, Famissima, Tunilab, Medass, Business Connector (créateur de e-devis.tn), Green TIC, Linkao, Contact Centers Services et Disrupt CK - à venir exposer gratuitement. Ce parrainage permet avant tout de bénéficier de l’image de Microsoft, comme nous l’a confié la startup GSN, financée par la SICAR DIVA et qui exporte son logiciel de recouvrement à l’étranger. Des startups comme e-devis.tn, insistent aussi sur d’autres avantages concrets comme l’ensemble des formations orientées business, le soutien technique (hébergement dans le Cloud Microsfot Azur) et sur une salle de réunion mise à disposition au cœur du pôle technologique Elgazala.

Parmis les autres organisations intéressantes : l’EFE (Education For Employment), une jeune ONG internationale dont la mission est d’accompagner les jeunes chômeurs, de la formalisation de l’idée à la rédaction d’un business plan banquable, WES (Women’s Enterprise for Sustainability) qui sensibilise les femmes à l’entrepreneuriat et offre des formations dans plusieurs régions.

Cette première édition du salon de l’entrepreneuriat a été une belle réussite et l’optimisme était au rendez-vous.

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