Hong Kong/Singapour, deux différentes stratégies, un objectif : devenir LE hub startup d’Asie

Cet article fait partie d’une série d’article sur l’innovation à travers le monde dans le cadre du Innovation is Everywhere.

Je me suis retrouvé coincé quelques jours à Hong Kong, parfois surnommé le New York d’Asie pour son énergie et sa façon de penser et de travailler très libérale, un peu par accident. J’en ai profité pour découvrir les startups locales et manger des dim sums. 

Je vis et travaille à Singapour, une ville qui a investi énormement pour construire un écosystème startup fort et qui a gagné une notorieté internationale grâce à ses premières success stories (Vicky, Redmart, PropertyGuru…) et la densité d’évènements et de lieux de travail dédiés à la communauté tech. Bien que basé en Asie, je n’avais pas entendu grand chose sur Hong Kong en tant que hub tech. Hong Kong, comme Singapour, est un hub financier en Asie, une ville qui attire des profils talentueux, qui sert de plateforme pour les autres pays, et qui est partagée entre une population anglophone et sinophone. Les similarités s’arrêtent là.

Les deux villes opèrent de façon tout à fait différente, et ces différences offrent une réflexion intéressante pour les entrepreneurs du monde arabe qui ont encore à transformer leur ville d'origine ou adoptive en hub international.

Le rôle du gouvernement vs le rôle des entrepreneurs

Singapour est souvent surnommée “Singapore Inc” pour illustrer la tendance du gouvernement à gérer la ville comme une entreprise. Le gouvernement donne le la, pour ne pas dire gère, l’écosystème startup. Ainsi, le National Research Foundation vient de lancer un nouveau plan de subvention de l’investissement de 120 millions de dollars, en partenariat avec 5 investisseurs locaux. Dès que ces investisseurs mettront 1$ dans une entreprise, le NRF investira à son tour 1$ pour compenser la prise de risque. Les fonds étatiques financent aussi subventions, locaux très abordables, évènements, angel investing, espaces de coworking et accélérateurs.

A Hong Kong, au contraire, le gouvernement a été absent jusque récemment. L’écosystème a été construit par une communauté de passionnés.

Alors qu’à Singapour, les espaces de coworking sont financés par l’état – le Hub, et ses 300 membres, est financé par the National Youth Council, et le Blk71 est entièrement géré par l’Etat et offre des prix 50 à 70% mois chers que le prix du marché - à Hong Kong, les espaces de coworking ne disposent d’aucun filet et doivent être profitables dès le premier jour. Dim Sum Labs, le hackerspace et possible espace de coworking de Hong Kong, est un petit espace, au 14ème étage d’un immeuble, pouvant à peine accueillir une réunion de 20-25 personnes.

Une petite communauté solidaire vs une scène établie

Singapour a une longueur d’avance sur Honk Kong sur plein d’aspects. Casey Lau, Jonathan Buford et Prof. William Liang, les trois « pères » de la scène tech de Hong Kong, ont confirmé à Wamda que Hong Kong a 3 à 5 ans de retard par rapport à Singapour.  Ils s’accordent aussi à dire qu’un gouvernement pro-actif comme à Singapour ne pourrait pas fonctionner dans une ville comme HK où le gouvernement tient un rôle minime.

Si la ville manque de capital disponible ou de volume de startups, elle déborde de motivation, positivisme et dynamisme. Dans cette scène startup où tout le monde se connait, Casey Lau tient une réunion trimestrielle appelée “Introduction to the HK startup scene” pour évaluer le profil des nouveaux-venus et faire grandir la communauté locale, maintenant forte de 5000 membres. Hong Kong n’a pas autant d’évènements que Singapour mais a une ambiance de famille que Singapour n’a pas.

Rebondir sur les forces de son pays

Les villes se différencient aussi par leurs startups. Les entrepreneurs de Hong-Kong semblent vouloir jouer sur la forte expertise en finance et dans l’industrie du pays. Welend, par exemple, est un réseau de prêt entre particuliers qui a permis a plus 5 000 membres de se prêter plus de 300 millions de dollars en deux ans, alors que 8securities est une appli, forte de 50 000 utilisateurs, qui combinent informations sur la bourse et le forex et données obtenues sur les médias sociaux. 

A Singapour, les startups sont plus variées et moins liées au contexte local. Property Guru, un moteur de recherche pour l’immobilier, et RedMart, un supermarché en ligne ayant levé plus de 10 millions de dollars, on choisit de se placer là où les entreprises occidentales ne s'étaient pas encore lancées. Les deux startups se développent maintenant en Asie du Sud-Est. En restant concentré sur les caractéristiques locales, Hong-Kong risque d’avoir du mal à s’exporter.

Les deux villes promettent toutes les deux de belles success stories dans les années venir. Même si la communauté de Hong-Kong semble plus forte, Singapour continue de disposer de deux avantages : l’expérience du gouvernement dans le domaine et des success stories qui vont pouvoir motiver les jeunes à se mettre au digital.

Vous pouvez découvrir notre rapport complet sur l’innovation à Hong Kong  et sur les startups de Hong Kong sur Slideshare.

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