UniVenture, l’incubateur tunisien créé par des business angels, prolonge les inscriptions


La première classe sortie d'UniVenture


En 2010, 10 Tunisiens de profil entrepreneur décident de devenir les premiers business angels du pays. Pour se faire, ils créent en mai 2010 l’association Carthage Business Angel et se lancent comme mission d'aider les startups dignes d'être financées en lancant le premier incubateur du pays : UniVenture.

La première priorité était de donner une existence légale, un statut fiscal et juridique, à cette pratique. Pour Mondher Khanfi, il s’agit d’un acte de toute première importance car en Tunisie, « tout ce qui n’est pas explicitement autorisé par une loi, est interdit de fait. Interdit ne veut pas dire que vous irez en prison mais qu’on fera tout pour vous empêcher d’agir. »

Dès le début, le groupe a donc fait du lobbying auprès du gouvernement et mit les choses au clair avec les banques et l’Association tunisienne des Investisseurs en Capital, l’ATIC. « Notre but, c’est de les aider à mieux faire le travail, explique Mondher Khanfi. Nous aidons les projets innovants à se structurer, à définir des projets d’investissement qui soient en cohérence avec le marché et surtout financer là où personne ne miserait un dinar : le early stage, grâce à des tickets plus petits et des délais d’exit plus courts. » A côté de ça, le groupe organise un séminaire sur le financement alternatif destiné aux acteurs institutionnels, un moyen de prouver leur légitimité et leur volonté de travailler avec eux.

Passés ces problèmes légaux, l’équipe se trouve face à un problème auquel ils ne s’attendaient pas : la Tunisie manque de projets innovants. Fin 2010, les investisseurs lancent donc deux projets pour accompagner les projets innovants et « éviter aux startups de débuter avec un déficit de gouvernance » :

  • Wikistartup, une entreprise d’accompagnement privée qui propose aux entreprises de l’aide à la création de business plan, de l’accompagnement pour de la levée de fond ou encore du business development.
     
  • UniVenture, un incubateur financé par des entités gouvernementales tunisiennes -l’Agence Nationale Pour la Recherche, la Caisse de Dépôt et des Consignations, les deux véhicules d’investissement du gouvernement par excellence - et internationales – grâce à l’Agence de Collaboration Allemande, la GIZ.

UniVenture, le premier incubateur tunisien

L’incubateur accompagne des entreprises qui en sont encore au stade d’idée et leur offre pendant 9 mois :  

  • des formations organisées par Wikistartup
  • un financement d’amorçage de la part des business angels pouvant aller jusqu'à 120 000 TDN, soit 76 000 USD
  • un financement à la fin de ces neuf mois laissé à la discrétion des sponsors

La première classe est sortie d’UniVenture fin 2013. Trois startups ont été récompensées par les sponsors :

  • Vitalight Lab qui produit grâce à un procédé innovant des compléments alimentaires de haut intérêt nutraceutique à partir des micro-algues.
     
  • Cont’able qui a pour objet la conception et fabrication d’un conteneur plus léger, conforme aux normes et capable de modifier son volume.
     
  • Chito-Prod qui vise la valorisation des déchets des crevettes par la production de Chitine, Chitosane, Chitosanase et Chitooligosaccharides. 

Les entrepreneurs souhaitant rejoindre la deuxième saison ont jusqu’au 16 avril pour déposer leur dossier sur ce lien.

Wikistartup, une agence de conseil pour startup

L’association a maintenant deux pôles d’activités : le conseil personnalisé destiné aux startups et l’organisation de formations destinées aux investisseurs et aux acteurs de l’innovation à travers deux événements : le Séminaire sur le financement alternatif et la Business Angel Academy.

Carthage Business Angels, un fonds de BA actif

Pas moins de 40 personnes font désormais partie de CBA : 20 investisseurs à titre individuel, 10 investisseurs institutionnels (comprenez SICAR) et 10 experts qui s’occupent des due diligences.

L’association propose aussi un véhicule d’investissement pour les Business Angels passif, CapitalEase. Les wannabe business angels peuvent ainsi mettre de l’argent dans ce fond et laisser CBA gérer la partie sélection et suivi des startups.

En trois ans, ce ne sont pas moins de 12 startups dans les nouvelles technologies et les biotechnologies qui ont été financées par CapitalEase et CBA, à la fois en  very early, early et growing stage et pas moins de 25 millions de dinars qui ont été investis. Parmi elles, Disrupt CK, une startup spécialisée sur le second screen experience et développant un produit dont l’objectif est de fusionner l’e-commerce et le placement de produit.

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