Pourquoi et quand faire appel à l’outsourcing offshore ? L’avis de 3 entrepreneurs

Malgré les polémiques, l'outsourcing offshore séduit plus que jamais les entreprises européennes et nord-américaines. Il faut dire que l'ousourcing offshore offre tous les avantages de l'outsourcing (sous-traitance en français) - gains de temps et d'énergie, optimisation des ressources humaines et accès à des profils rares - et du offshore - coûts réduits et savoir-faire local.

Les entrepreneurs du monde arabe ne sont pas en reste. Nous avons rencontré trois entrepreneurs qui font appel à de la main d’œuvre étrangère mieux qualifiée, travaillant en Europe de l’Est et d’Inde, pour pallier la pénurie de développeurs qualifiés dans la région et rester aussi flexibles et économes que possible pendant la période de beta.

Hervé Cuviliez, de la startup libanaise Diwanee, éditrice de plusieurs médias pure-players au Moyen-Orient, Talal Jabari de la startup palestinienne Fariqak, une plateforme de Fantasy Football, et Kamal Bouskri deMyVLE, un nouveau venu dans le e-learning basé au Maroc, reviennent sur leurs expériences et nous dévoilent pourquoi ils ont choisi de recourir à l'outsourcing offshore, tout en mettant en garde les lecteurs que ce système a ses limites.

Trouver des développeurs qualifiés

A ses débuts, Diwanee travaille avec des développeurs libanais mais réalise vite que « au Liban, on a des gens biens » et que « trouver 4 ou 5 bons développeurs, c’est facile », explique son co-fondateur Hervé Cuviliez mais que « trouver des gens biens avec de l’expérience en grand nombre » relève de la mission impossible. Alors que la société grandit, l’entreprise réalise qu’elle ne pourra plus trouver suffisamment de développeurs sur place.

Par chance, un des co-fondateurs de Diwanee d’origine serbe rencontre, en vacances à Belgrade, une personne travaillant dans une entreprise de offshoring technologique qui se propose de les aider à raison de quelques heures par semaine. Contente de leur travail, l’équipe de Diwanee transforme rapidement ces quelques heures en quelques personnes full time, jusqu’à ce que, quatre mois plus tard, les trente employés de l’entreprise de sous-traitance travaillent uniquement sur le compte Diwanee.

Fariqak, aussi, a été poussée à la sous-traitance en offshore par manque de main d’œuvre qualifiée. Faute de trouver ce qu’elle recherche en Palestine, la startup opte pour de la sous-traitance en Inde. Cerise sur le gâteau, explique l’entrepreneur, ces sous-traitants lui coûtent moins cher que des développeurs en Palestine et cette solution lui permet de ne payer de la main d’œuvre que lorsqu’il en a besoin.

Être flexible

Pour Kamal Bouskri, le co-fondateur de MyVLE, recourir à des développeurs en freelance était une question de flexibilité et de gains de temps et d’argent. « Pour nous, la logique était simple, explique t’il. Nous avions un concept à éprouver en dépensant aussi peu que possible, afin de nous dégager à moindre pertes si le projet s’était avéré ne pas correspondre aux besoins du marché et ne pas pouvoir être modifié ». Pas question donc d’embaucher des salariés, de louer des bureaux, d’investir dans du mobilier et dans un parc informatique, ou encore de dépenser leur énergie à manager une équipe. 

La flexibilité est aussi au cœur de la stratégie de Diwanee. La startup continue de faire appel à des freelances, en plus de son équipe dédiée, sur certains aspects très techniques ou nécessitant des profils dont l’entreprise n’a pas besoin tout le temps. L’entreprise spécialisée dans la création de média online a, entre autre, recours à des freelances pour la création de contenu, notamment lors de périodes particulièrement intenses, comme le Ramadan, ou pour produire du contenu nécessitant une présence géographique.

Quand faut-il choisir de développer en interne ?

Si votre produit est très technologique ou que le point que vous voulez développer est crucial pour le fonctionnement de votre service ou produit, mieux vaut développer votre produit ou service en interne, estiment les entrepreneurs. Si les entrerprises peuvent se permettre de recourir à la sous-traitance, qu'elles le fassent, il s'agit seulement d'opérer un bon arbitrage entre flexibilité et compétences, et contrôle du produit. 

Même si les équipes de Diwanee et MyVLE sont conscientes que, sans la sous-traitance, elles n'auraient pas pû y arriver, elles sont aussi convaincues que certaines choses ne doivent pas être developpées en sous-traitance et ont donc rapidement réfléchi à reprendre le contrôle sur certains aspects de leur développement technique.

« C’est juste trop risqué », explique Kamal Bouskri. Pour lui, une fois que l’entrepreneur a prouvé qu’il est sur une bonne piste, c'est-à-dire une fois que la phase de MVP est passée, « il doit faire en sorte d’avoir le contrôle total sur son produit et de ne pas dépendre de facteurs externes qu’il ne peut pas contrôler. » L'entreprise a donc désormais monté une équipe maison au Maroc et n'utilise des freelances que de façon ponctuelle.

Idem pour Diwanee. Dès lors que les trente employés de l’entreprise sous-traitante travaillaient tous pour Diwanee, l’entreprise libanaise a racheté l’agence serbe et fait du PDG un actionnaire de Diwanee. « C’est une partie trop stratégique pour nous ne pas la maitriser », explique Hervé Cuviliez. 

Pour ceux qui n'ont pas les moyens de racheter une entreprise d'outousourcing, Kamal Bouskri suggère une approche graduelle : commencer, par exemple, par embaucher un CTO sur place qui pourra diviser le code produit par les freelances et superviser le travail, et, si besoin, redistribuer tout le travail en interne.

Reste la question du comment. Nos trois entrepreneurs vous donnent tous leurs conseils dans ce second article

 

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