Les 8 commandements d'Elise Nebout, la manager du Camping, l'accélérateur français

Cela fait maintenant quatre ans que les premiers accélérateurs du Moyen-Orient et d’Egypte ont vu le jour (lire notre état des lieux de 2011), depuis plusieurs promotions de startups ont été diplômées et ont permis à des startups à travers la région de tester leur modèle et de passer à la vitesse supérieure.

Pendant ce temps, au Maghreb, tout reste à faire. Le mois dernier, New Work Lab, le seul espace de coworking du Maroc, a accueilli Elise Nebout (en photo, au centre), la responsable de l’accélérateur le plus ancien et connu de France, Le Camping.

La manager a commencé par exposer le modèle du Camping. Comme c'est le cas pour de nombreux accélérateurs, le Camping accueille pendant quatre mois des startups du  digital (web, mobile, mais aussi hardware si le produit final reste dans le numérique), dont la startup franco-marocaine Qleek, dont nous parlions récemment, et s’engage à les aider à passer du stade de l’idée à celui dun produit prêt à être commercialisé (ou tout du moins à un produit minimum viable). Pour cela, un « Entrepreneur en résidence » est sur place pour accompagner les startups et de nombreux mentors sont invités toutes les semaines. A la fin du programme, les startups sont présentées à tout ce qui se fait de beau dans la presse et les fonds d’investissement en France, mais aussi en Europe. 

Le Camping trouve financement grâce à des partenariats publics mais aussi privés – avec des grosses entreprises comme Orange ou encore la BNP qui financent le projet en contrepartie d’un accès direct aux grandes tendances découvertes en analysant les dossiers reçus ou aux startups les plus innovantes.

Ensuite, elle a offert quelques conseils aux entrepreneurs Marocains présents :

  • Quand on est encore au stade de l’idée, l’important c’est l’histoire que l’on raconte. Il faut s'intéresser aux valeurs de l'entreprise et au story-telling.

  • Au départ, il y a une règle : « Rate, rate, rate », explique t'elle. Il faut essayer et rater pour trouver la solution gagnante.

  • Surtout, il ne faut pas tomber amoureux de son idée car, une fois qu’un entrepreneur tombe amoureux de son idée, il sera trop attaché à son idée pour la laisser évoluer. « Il faut être à l’écoute, prendre, rebondir, tout en gardant sa ligne », explique la manager.

  • S’il faut retenir une chose des Etats-Unis, c’est que ce qui compte c’est d’être ambitieux, de ne pas avoir peur de soi, de ne pas se limiter.

  • Il faut écouter, parler et partager ses expériences ! Et pas seulement avec des gens qui ont réussi mais aussi avec des entrepreneurs qui ont échoué car ils ont appris ce qu’il ne faut pas faire.

  • Il vaut mieux trouver un co-fondateur, mais pas à n’importe quel prix. « Je ne pense pas qu’on puisse entreprendre seul parce qu’il faut pouvoir avoir un échange », explique la manager avant de continuer, « En général, quand vous avez un mauvais associé, vous le savez dès le début mais vous vous cachez les yeux, il faut tout de suite régler ça »

  • La répartition idéale des parts, c’est 49%-51%, précise t’elle, pour qu’il y en ait un qui puisse trancher, tout en évitant que l'autre se sente moins impliqué que le décisionnaire.

  • Quant aux questions de budget. Il ne faut pas être obsédé par les levées de fonds, estime t’elle. Il ne faut pas lever des fonds tant que on n’est pas sûr de ce à quoi l’argent va servir, il vaut mieux passer par le bootstrapping, ce qui pousser à penser malin, conclue Elise Nebout.

 

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