Comment choisir ses mentors ? Les secrets d’Hind Hobeika d’Instabeat

A peine âgée de 26, Hind Hobeika est la fondatrice d’Instabeat, la startup hardware la plus sexy du monde arabe. L’une de meilleures décisions qu'elle ait prises a été de s’entourer de mentors et d’experts qui l’ont soutenue autant qu’aidée.

La startup beyrouthine produit les premiers moniteurs de rythme cardiaque waterfproof qui permettent aux nageurs de lire leurs informations en temps-réel lorsqu'ils sont sous l'eau afin de les aider à maximiser leur performance. En début d’année, Instabeat a finalisé une levée de fonds de série A auprès de Wamda Capital, de Jabbar Internet Group et de plusieurs business angels afin de mettre sur le marché ses premiers produits.

Depuis le début de son aventure, Hind a eu le temps de réaliser l’importance d’avoir des mentors quand on monte sa première entreprise. Elle  appris comment trouver le bon mentor, pour elle et sa startup, et comment les approcher pour qu’ils acceptent de l'aider. 

Hind a accepté de partager son histoire et de nous donner ses conseils personnels.

Wamda : Où as-tu trouvé tes mentors ?

Hind Hobeika : Au début, je parlais à chaque personne qui avait de l’expérience business, même si ce n’était pas directement relié à ce que je faisais. En tant que jeune entrepreneure, je ne savais pas exactement ce dont j’avais besoin, et rencontrer des gens et répondre à leurs questions m’a permis de mieux comprendre ce sur quoi je devais me concentrer. J’ai passé beaucoup de temps à assister à des conférences et des évènements.

J’ai aussi énormément lu, et, dès que j’étais impressionnée par un entrepreneur ou un expert, j’essayais de trouver comment le contacter en allant à des conférences où je savais qu’il serait, ou en trouvant une  personne qui pourrait me présenter.

Wamda : Comment décidais-tu de qui tu avais besoin comme mentor ?

HH : Le meilleur moyen de trouver des mentors, c’est de demander à être mentoré !

J’ai rencontré plein de personnes à la tête de startups dans le même secteur que la mienne, et, à chaque fois que j’ai besoin de quelque chose de spécifique, je vais leur parler. Les gens sont en général plus que ravis d’aider.

J’ai toujours cherché des mentors ; j’ai eu besoin de différentes expertises, de différents types d’accompagnement, à chaque étape de ma startup. Au début, j’avais besoin de quelqu’un qui s’y connaisse en business plans et en investissement, puis, j’ai eu besoin de quelqu’un capable de me conseiller sur comment construire une équipe de R&D, et, une fois la campagne de crowdfunding finie, j’ai cherché un mentor qui puisse m’aider à comprendre le processus de production, maintenant, je cherche des mentors pour m’aider à construire une stratégie et une entreprise.

Au début, je prenais l’opinion de tout le monde en considération, j’essayais de toutes les combiner et de les implémenter. Mais, j’ai appris que ça ne marche pas comme ça et que je dois prendre des décisions moi-même mais en me basant sur les conseils que je recevais. Alors, presque naturellement, j’ai commencé à parler plus aux gens qui comprenaient ma vision et mon entreprise et moins à ceux qui ne la comprenaient pas. Maintenant que je connais mieux les différents aspects de mon entreprise, j’identifie plus rapidement les personnes qui comprennent Instabeat.

C’est très difficile d’identifier des besoins à long terme quand on est une jeune entreprise, alors, c’est important de garder un esprit ouvert, de demander de l’aide et d’écouter. Encore plus important, il faut rester être critique vis à vis de ces conseils et filtrer ce qui rentre et ne rentre pas dans votre stratégie / vision.

Wamda : Qu’est-ce qui t’intéresse chez un mentor ?

HH : 1. Un bon feeling. C’est très important que le mentor aime le produit et qui je suis en tant que personne/fondatrice. Ils doivent croire en moi et en ma vision, et j’ai besoin de les apprécier aussi. J’ai besoin de les apprécier en tant que personnes et d’être impressionnée par ce qu’ils ont fait et d’aimer leurs valeurs professionnelles.

2. Un côté pratique. Je préfère souvent les gens qui sont sur le terrain plus que les gens qui sont haut-placés, c’est-à-dire que je préfère qu’on m’envoie un exemple d’accord de fabrication et qu’on m’aide à revoir celui que j’ai, plutôt que l’on me dise ce que cet accord doit contenir.

3. De l’expertise. J’ai besoin de sentir que la personne en face de moi sait vraiment de quoi elle parle.

Wamda : Comment fais-tu pour tirer le plus de cette relation et la faire durer dans le temps ?

HH : Une relation avec un mentor n’est pas temporaire, c’est une relation que vous construisez et faites grandir avec le temps. Vous devez la renforcer en faisant sentir à votre mentor qu’il fait partie du succès que vous rencontrez, en lui donnant des nouvelles et en lui étant reconnaissant.

Wamda: A quel point leur dois-tu ton succès ?

HH : Dans mon cas, j’ai eu deux très bonnes expériences avec des mentors.

La première était juste après la campagne de crowdfunding, quand j’essayais de choisir le bon fabricant et n’avais aucune idée de comment m’y prendre. J’avais entendu parler de Sarjoun Skaff et savais qu’il avait construit des robots complexes aux Etats-Unis, mais je ne l’avais jamais rencontré. Alors je lui ai envoyé un email en lui demandant si on pouvait discuter. J’ai passé le mois suivant à discuter presque quotidiennement avec lui, à regarder ensemble tous les contrats et les propositions que j’ai reçues. Il m’a expliqué chaque étape en détail et comment je devais les appréhender. Il m’a aussi présenté à des ingénieurs concepteurs et des fabricants. C’était incroyable, plus que ce que j’aurais jamais pû demander.

La seconde fois, c’est quand un VP ventes d'une grande entreprise de wearables m’a contacté parce qu’il avait aimé notre produit, il m’a aidé à bien ficeler le plan de distribution et m’a présenté à tous les distributeurs dont j’avais besoin pour me lancer.  

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