Lancement de Chifco : voici ce à quoi vous attendre dans les semaines qui viennent

Les entrepreneurs tunisiens ne manquent définitivement pas d’ambition. Chifco en est définitivement une preuve (en voici d’autres ici et ici).

Nous avons fait le point avec Amine Chouaib, le fondateur de Chifco, alors qu’il s’apprête très prochainement à annoncer un tour de table qui pourrait atteindre 600 000€ et qu'il devrait ouvrir, dans les semaines qui viennent, son service au grand public à travers un partenariat de taille.

C’est dans un café parisien, à deux pas de l’école où il avait fait sa prépa Maths Sup/Maths Spé, que j’ai rencontré Amine. L’entrepreneur, qui a ensuite obtenu un master en école d’ingénieurs et un master en école de commerce, et a travaillé dans le conseil, a fait de son rêve d'enfance une réalité en lançant, en 2011, sa première entreprise : Chifco.

Une approche complète de la maison connectée 

Chifco surfe sur les tendances du tracking et de la maison connectée en proposant une box qui permet de mesurer la consommation énergétique de sa maison et des équipements que l’on a chez soi et de les contrôler.

Pour cela, le client n'a qu'à installer des capteurs sur le thermostat et les prises électriques de son domicile. La box récupère ensuite les données des capteurs et fournit une analyse de la consommation énergétique des différents équipements et du système de chauffage. L’utilisateur peut ainsi comparer la consommation d’énergie de chaque pièce et de chaque objet, mais aussi suivre ses factures énergétiques, recevoir des alertes dès qu’un équipement a atteint un certain niveau de consommation énergétique et contrôler à distance ces équipements. On peut ainsi gérer son thermostat et les objets branchés aux prises équipées à distance, ou encore configurer ses lumières pour qu'elles s’éteignent automatique quand personne n’est dans la pièce ou qu'elles s’allument à une certaine heure. 

A terme, Chifco devrait offrir d’autres solutions similaires dans d’autres domaines, comme la sécurité ou la santé. Le site de Chifco suggère d’ailleurs dès maintenant des applications possibles de Chifco dans la domaine de la sécurité.

Les utilisateurs peuvent aussi demander aux équipes de Chifco de les aider à optimiser leur consommation énergétique.

L’installation est suffisamment facile, m’explique Amine, pour ne pas nécessiter l’aide d’un installateur. L’équipement devrait coûter à partir de 150€. Les utilisateurs devront en plus payer un abonnement mensuel.

L’idée derrière Chifco n’est pas révolutionnaire, l’entreprise connaît déjà des concurrents bien connus comme Nest aux Etats-Unis ou Home by SFR en France, mais cela ne semble pas inquiéter l’entrepreneur pour qui l’important, c’est l’exécution, que cela soit dans l’offre proposée ou la distribution mise en place.

Bientôt le lancement du produit au grand public

Et, en ce qui concerne la distribution, Chifco semble pour l’instant bien se débrouiller puisque la startup va annoncer dans quelques semaine un partenariat avec un opérateur télécom qui offrira le service dans le cadre d’une offre triple play qui donnera accès à internet, à la téléphonie, ainsi qu’au service Chifco. 

L’opérateur sera en charge de la communication, à travers des spots télé et radio, de la vente, et du service après-vente commercial. La startup, elle, s’occupera du service après-vente technique et du développement produit.

Le même système de distribution devrait être mis en place à l’étranger, avec d'autres partenaires. En attendant, les particuliers vivant à l'étranger pourront s’inscrire au service directement sur le site de Chifco.

Un maitre mot : la scalabilité

Si tout fonctionne comme prévu, ce partenariat devrait apporter un grand nombre d’utilisateurs très rapidement, ce qui ne semble pas non plus inquiéter Amine Chouaib. « Il faut être organisé et structuré pour grandir », m’explique t’il.

L’entreprise a d’abord testé son produit en beta dans une trentaine de maison en France, aux Etats-Unis et en Tunisie, mais aussi dans les bureaux de Microsoft en Tunisie, ce qui leur a permis de simplifier l’interface, d’améliorer l’interaction, mais aussi de concevoir un service après-vente adéquat et de créer une plateforme de CRM permettant de faciliter la prise en main du produit.

A côté de ça, l’entrepreneur a d’ors et déjà réorganisé l’entreprise en trois business units pour pouvoir intégrer rapidement les nouveaux employés qui ne tarderont pas à être appelés en renfort. L’entreprise compte actuelement une vingtaine d'employés, dont la grande majorité travaille dans le pôle R&D, et le reste dans le pôle distribution et intégration, et le pôle conseil.

Une priorité : bien gérer son fond de roulement

Pour gérer un projet de cette ampleur, il était important de rester à flot plusieurs années, ce qui voulait dire avoir les fonds nécessaires pour se développer et ne pas les gaspiller. Pour éviter cet écueil, l’entrepreneur a refusé de lever trop, trop tôt. « L’argent trompe. Si tu lèves beaucoup, tu dépenses beaucoup. » Il a donc préféré faire grandir le capital de son entreprise progressivement.

Avec un premier prototype, qu’il avait développé chez lui, et 2 400€ en poche, Amine Chouaib créa, en août 2011 Chifco. Il décida alors de retourner en Tunisie pour réduire ses coûts, monter une équipe de R&D talentueuse, mais aussi bénéficier d’une subvention de l’Agence Française de Développement, structure française qui investit à l’étranger, et de jouer de ses contacts sur place. Après avoir financé les débuts de Chifco en participant à de nombreux concours, en France, en Tunisie, et aux Etats-Unis, le jeune entrepreneur leva, il y un an, 100 000€. « Il y a beaucoup plus de possibilités de financement pour les entreprises de cette taille en Tunisie qu’en France » explique t’il avant d’ajouter le sourire au lèvre : « il suffit d’être bien connecté ».

En parallèle, l’entreprise avait commencé à signer des clients. Les dix clients à qui l’entreprise a fourni ses services ont couvert 40% des dépenses de l’entreprise depuis son lancement, m’annonce fièrement le PDG.

Pour assurer le développement et le lancement du produit, l’entrepreneur a entrepris une levée de fonds et a déjà signé des lettres d’intention qui devraient lui permettre de lever entre 400 000€ et 600 000€.

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