Les Maroc Web Awards évitent avec brio les pièges de la popularité

Les Maroc Web Awards ont parcouru bien du chemin depuis leur lancement en 2007. Cette année, la compétition qui récompense les acteurs du web marocain, a décompté pas moins de 200 000 votes et a été confronté à deux nouveaux défis : la fraude et la perte de pertinence du système de vote. 

Une belle cérémonie

« On a revu à la baisse le nombre de participants [ndlr : la cérémonie est passée de 1 500 à 1000 participants] mais on a augmenté en qualité » explique l’organisateur Younes Qassimi.

L’équipe avait ainsi fait venir des groupes de musique marocains qui se sont fait connaître sur la toile et installé des stands avant et après la cérémonie sur lesquels ils pouvaient par exemple se prendre en photo avec un arrière-plan ou faire des flip books à partir de photos prises lors de l’événement.

L ‘équipe a même été victime de son ambition. « On voulait tenir la cérémonie dans un chapiteau à l’extérieur de Casablanca mais c’état trop compliqué, il a donc fallu retarder la cérémonie de deux semaines afin de trouver une autre lieux » explique l’organisateur. 

Un jury garant de la qualité des gagnants

Pourtant pas de méprise pour les organisateurs, l’important, c’était le concours et les gagnants. « Les délibérations ont été très lentes et intenses, notamment  en ce qui concernait la photo de l’année, témoigne Younes Qassimi. La photo choisie n’était pas techniquement impressionnante mais elle véhiculait un beau message: الوحدة في الاختلاف. » 

Le rôle du jury a été plus important que jamais. Le concours fonctionne en effet en deux étapes, les internautes votent pour leurs projets préférés et le jury sélectionne ensuite un gagnant parmi les cinq candidats ayant reçu le plus de vote dans chaque catégorie. Or, à mesure que le concours prend de l’ampleur les votes perdent de leur qualité.

Cette perte de qualité, nous explique Younes est dû à la fois à l’arrivée de votants qui n’ont pas une vision globale du web marocain et à la surenchère de certains nominés. « Certains ont travaillé toute une année pour drainer le plus de monde possible pour qu’ils votent pour eux. Le jury a estimé que les votes n’étaient pas toujours représentatifs de la qualité du web. »

Ce ne sont donc pas les prouesses techniques ou le nombre de vote obtenus qui ont influencé le jury. « Le jury a mis l’accent sur le contenu, a répété l’organisateur. Ce sont parfois les finalistes qui avaient le moins de vote qui ont gagné. »

En tout ce sont 15 prix qui ont été remis : 

  • Personnalité web de l’année : Ali Bedar
  • Podcasteur de l’année : Simo Sedraty
  • Blogueur de l’année : Hamid Oumoumen
  • Créatif de l’année : Mehdi Annassi
  • Utilisateur Instagram de l’année : Marouane Beslem
  • Article en ligne de l’année : طاح الشعر و بقات الكرامة
  • Webzine de l’année : NssNss.ma
  • Photo de l’année : الوحدة في الاختلاف
  • Vidéo de l’année : المغربي ملي كطيح ليه 200 درهمApplication Mobile de l’année : Hellofood
  • Application Web de l’année : Carte.ma
  • Start-up de l’année : Vayago.com
  • Application Mobile de l’année : Hellofood
  • Page Facebook de l’année : Almarssad Les Pros Marocains مرصد المحترفين المغاربة
  • Plateforme eCommerce de l’année : Sardi.ma
  • Evénement digital de l’année : What’s your dream? – La Toile de Rêve

Lutter contre la fraude

Avant de pouvoir annoncer les cinq nominés ayant reçu le plus de votes et de passer la main au jury, l’équipe a du fournir un travail de titan. « Chaque année, [le concours] prend plus d’ampleur et maintenant on doit faire face à des faux votes venant d’Asie », se lamente Younes.

Comme il est impossible de savoir si ces faux votes sont l’œuvre du nominé, d’un de ses concurrent cherchant à miner sa réputation, ou de ses fans, l’équipe organisatrice a choisi de ne pas éliminer de candidats mais simplement de ne pas compter les votes douteux.

Pour cela, l’équipe de MWA a dû analyser chaque vote et se rendre sur les comptes Facebook et Twitter des votants pour vérifier s’il s’agissait d’une vraie personne ou si le compte correspondait au vote émis, en vérifiant par exemple la langue de prédilection.

Un long chemin parcouru

Younes était loin de se douter en 2007 que l’événement prendrait de telles dimensions. « On a commencé par un café avec 25 personnes, il n’y avait même pas de remise de prix, c’était juste un café, » se souvient t’il.

« Lors de la première remise de prix, il y avait 200 personnes et on a dû faire le show nous-même parce qu’on n’avait pas le budget pour faire venir un artiste. Quand les mannequins du défilé ont annulé, on a même dû défiler nous-mêmes sur scène ! » 

Et ce n’est que le début nous fait comprendre Younes Qassimi. Il y a fort à penser que les Maroc Web Award pourraient sortir du royaume.

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