Après l’Egypte et le Golfe, Startup MENA s’attaque à la Tunisie

Pour la première fois en Tunisie début mars, l’équipe de Startup MENA a invité des entrepreneurs pour une soirée de lancement dans l’espace de coworking Cogite, dans le quartier du Lac. Après le succès du programme en Egypte, où plus de 400 entrepreneurs ont bénéficié d’ateliers en 2014, et lancement dans les pays du Golfe, c’est désormais dans le petit pays méditerranéen que l’organisation veut booster l’écosystème startup !

« Nous voulons faire bouger les écosystèmes startups à travers l’organisation d’ateliers pensés pour les startups et les entrepreneurs, et la mise en relation avec des mentors et des investisseurs » explique Jakob B. Kistorp, le cofondateur de Venturescout, l’entreprise organisatrice de l’évènement, devant des entrepreneurs tunisiens de tous âges. Venturescout est une agence qui rassemble des serial entrepreneurs, des anciens cadres, des investisseurs et des experts du monde de l’entrepreneuriat et des startups. « On a monté 28 startups en tout, explique le cofondateur, dont Startupbootcamp, le plus gros accélérateur européen et le startup factory Rainmaking. »

L’entrepreneuriat, c'est une mentalité, une façon de penser, une envie de changer les choses, une passion, affirme t’il. « Très peu d’entrepreneurs montent une entreprise juste pour gagner de l’argent. Ce qu’ils veulent, c’est changer le monde, répète t’il. »

Le concept de Startup MENA est de travailler main dans la main avec les acteurs locaux afin d’identifier les problèmes nationaux et d’améliorer les différents écosystèmes. « Cela prend du temps de changer un écosystème », explique Jakob Kistorp. Mais après seulement quelques jours de networking en Tunisie, l’équipe est déjà très satisfaite. « Nous avons déjà réussi à avoir une bonne compréhension de l’écosystème et des pistes d’amélioration, » explique le chef de projet Sara Leth Ottosen.

Beaucoup des participants ont partagé des histoires personnelles, abordant notamment les défis qu’ils rencontrent au quotidien et les échecs qu'ils ont connus. L’échec est une leçon aussi, explique Jakob Ottosen qui encourage les entrepreneurs à apprendre les uns des autres en discutant non seulement de leurs défis mais aussi de leurs échecs. « Parlez-vous de vos échecs ? » a demandé Ottosen aux participants pendant la soirée. Pas beaucoup, ont avoué les entrepreneurs. En Tunisie, comme dans beaucoup de pays, l’échec est un tabou, quelque chose dont personne ne veut parler à voix haute. D’autant que ceux qui ont échoué une fois ont du mal à convaincre des investisseurs de miser sur leurs nouveaux projets, explique un entrepreneur tunisien qui a échoué sur un premier projet et souhaite se relancer.

Pourtant, l’échec fait partie du voyage entrepreneurial et doit être vu comme une leçon, quelque chose par lequel on doit passer, idéalement une seule fois, explique Sara Leth Ottosen. « Aux Etats-Unis, la mentalité est différente, » elle explique aux participants. « Aux Etats-Unis si tu n’as pas encore échoué, tu ne trouveras pas d’argent. » L’échec y est vu comme une étape du processus d’apprentissage.


L'espace de coworking Cogite

« Comment je peux vous aider ? » a demandé Ottosen au public. Outre le problème de financement, la Tunisie doit faire face à un manque de mentorat et de coaching, estime un apprenti entrepreneur, « les jeunes ne savent pas par où commencer. »  Le mentoring et le coaching sont deux facteurs clés dans le succès d’une jeune entreprise, explique Kistorp, d’où le réseau de plus de  2000 mentors et investisseurs internationaux de VentureScout.

Le networking aussi est un élement clé du succès. Trouver les bonnes personnes pour les bonnes tâches est difficile en Tunisie, explique quelqu’un dans l’audience. « Cela prend du temps de trouver les personnes compétentes, » continue l’entrepreneur. 

C’est un problème facile à résoudre, explique Jakob Kistorp. « Créez une liste d’emailing ou une plateforme en ligne avec votre réseau d’entrepreneurs » conseille t’il. Vous pourrez y partager vos tuyaux, vous pourrez par exemple partager vos conseils pour résoudre des problèmes techniques ou encore recommander des bons comptables.

Le public a semblé apprécier les conseils. « C’était très intéressant » a témoigné Ahmed Hadhai, un jeune de 23 ans qui a une idée d’entreprise et veut se lancer. Il avait déjà entendu parler du travail de Startup Mena en Egypte et était impatient de voir ce qu’ils allaient faire en Tunisie.

Pays

Partager

Articles similaires