Girls in Tech fait son entrée au Maroc

Lorsque je demande à Fatim-Zahra Biaz de me donner un exemple de Marocaine entrepreneuse tech, elle sèche. « C’est pour ça qu’on lance Girls in Tech fin avril, m’explique t'elle. On veut créer cette femme entrepreneuse tech. »

Finis les « Girls just want to have fun », il est l’heure de passer aux choses sérieuses. Pour Fatim-Zahra Biaz, la fondatrice de l’espace de coworking marocain New Work Lab, tout est parti d’un constat : la moitié des participants à ses évènements sont des femmes et pourtant elle a du mal à trouver des femmes entrepreneuse à mettre en avant lors de ses évènements de pitch mensuel. «  Je n’arrivais pas à en trouver, ça me rendait malade. »

« Les femmes entrepreneuses tech ne sont pas sous-représentées, elles sont très peu. Même des hommes, il n’y en a pas beaucoup » explique t’elle. Des entrepreneurs au Maroc se limitent à créer des entreprises et des produits peu risqués et peu innovants surtout les femmes pour Fatim-Zahra. 

« Il y a beaucoup de femmes qui ont envie d’entreprendre mais, quand elles osent sauter le pas, elles se limitent généralement à du consulting, nous on veut promouvoir l’entrepreneuriat innovant, explique t’elle. La technologie c’est un outil formidable pour répondre à des défis qui ne pouvaient pas être résolus avant. Nous voulons faire prendre conscience du rôle social et économique que la technologie peut avoir. Nous voulons voir naitre cette scène entrepreneuriale digitale et que les femmes en soient parties prenantes. »

La jeune femme, accompagnée de six autres passionnées de l’entrepreneuriat, du digital et de la tech, Soraya Joundy, Dounia Sekkat, Fakhita Chaoui, Sanaa Bousbai, Lamiaa Biaz, Yasmine El Baggari, a donc décidé de créer le chapitre marocain de la célèbre association américaine Girls In Tech. Lancée en 2007 à San Francisco, l’association vise à donner aux femmes les moyens de donner vie à leurs aspirations professionnelles. Les programmes proposés vont du mentorat, aux hackathons en passant pas des conférences, des compétitions de pitch et des formations. 

Au delà de cet objectif commun, chaque chapitre a ses spécificités. Le chapitre français, co-créé par Mounia Rkha, investisseuse et fondatrice de MyDeal.ma met l’accent sur la mise en valeur des femmes et de leurs parcours dans la technologie afin d’encourager la mixité dans un milieu traditionnellement masculin. 

« Ce qu’il faut c’est montrer des modèles de femme qui sont bien, qui ont réussi, à qui les femmes aimeraient ressembler et qui ont des parcours intéressants, ça donnera envie à des jeunes filles et ça montrera que c’est possible » expliquait la Marocaine à Wamda en août dernier.

Au Maroc, la problématique n’est pas de mettre en avant ces femmes, puisqu’elles n’existent pas, mais de mettre les femmes en confiance. « On veut montrer que c’est possible, on veut créer un environnement où elles peuvent partager leurs défis » explique Fatim-Zahra Biaz. 

Pas question d’opposer les hommes aux femmes, appuie la jeune femme. « Les problématiques sont les mêmes pour les hommes et le femmes, elle estime. En revanche, les femmes ont une autre façon de travailler, une autre approche du management qu’il s’agit de mettre en avant pour qu’elles soient mieux acceptées. »

Si le programme sera dévoilé à la fin du mois, on sait déjà qu’il sera constitué de programmes de vulgarisation et de formation, ainsi que d’évènements et outils pour créer une communauté de femmes entrepreneurs intéressées par les nouvelles technologies.

Pour créer cette communauté, les organisatrices veulent miser sur le convivial. « C’est pour ça qu’on parle de girls et non de femmes, qui sonne plus formel. On veut être un groupe de potes, un groupe collaboratif. » 

Le lancement de GIT Maroc a été annoncé mardi dernier lors du Pitch Lab Ladies, la version 100% femmes du rendez-vous mensuel de pitch du New Work Lab, qui avait été pour l’occasion été fusionné avec le Lady Pitch Night, le célèbre événement de pitch de Girls In Tech. Et le succès était au rendez-vous : « On a eu quasiment 500 likes en une semaine, on a reçu plein d’emails et d’appels. C’est prometteur. »

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