Maqtoob, une startup née entre Beyrouth, Marrakech, Bali et Londres

Adil et Krystina, cofondateurs de Maqtoob

Pour beaucoup promouvoir un nouveau service rime avec SEO et Facebook ads. Pas pour Maqtoob. Les co-fondateurs du « Tripadvisor des business apps » ont décidé de faire leurs valises et d’aller à la rencontre d’utilisateurs potentiels dans pas moins de douze pays en douze mois.

« On veut montrer que la technologie n’appartient pas que aux startups tech, explique la PDG Kristyna Zapletalova. On veut montrer que les applications professionnelles peuvent rendre tout le monde plus productifs et qu’elles peuvent faire économiser beaucoup de temps et d’argent. » Au delà de cette envie d’aider le plus grand nombre à améliorer leur façon de travailler, voyager leur permet aussi d’obtenir du feedback dans de nombreux pays, loin des écosystèmes startups.

Leur tour a commencé en avril 2015 au Liban. Désormais au Maroc, Kristyna Zapletalova et Adil Gherib, deux des cofondateurs, préparent leur passage en Iran, au Nigéria, en Afrique du Sud, en Argentine, au Brésil, au Pérou, aux Philippines, en Indonésie, au Vietnam et en Inde. 

Une plateforme de comparaison avec une mission

Maqtoob, avec un “q”, – à ne pas confondre avec Maktoob, le Yahoo! arabe, avec un “k” – compte aujourd’hui plus de 1 300 applications web et mobiles sélectionnées à la main par Kristyna  Zapletalova et son équipe. Les utilisateurs peuvent y trouver des applis pour les aider avec leur marketing, leurs ventes, leur productivité, leurs emails et bien plus. Ils peuvent découvrir les spécificités techniques de chaque app et lire les commentaires laissés par les autres utilisateurs, faire des listes de leurs outils et même suivre les recommendations d'uatres utilisateurs. 

Seules 2 à 5% des applis sont acceptées, explique Kristyna.  Pour être acceptées, les applis doivent être officiellement lancées, ouvertes à toutes, fonctionnelles et non-anonymes.

Début 2015, l’équipe a rejoint le programme d’accélération Oxygen, ce qui leur a permis de gagner 18 000£ en amorçage. Dans un an, estime Adil, le service devrait être rentable grâce à un mix de publicité et d’affiliation. 

Un produit né dans un sac à dos

Kristyna Zapletalova est tchèque et pourtant sa plateforme porte un nom arabe, qui signifie “ce qui est écrit” ou encore “destinée.” Ce n’est pas le fruit du hasard.

En 2012, la jeune femme quitte Bruxelles où elle travaillait pour l’UE afin d’apprendre l’arabe à Beyrouth. Elle décide de lancer un blog et réalise le potentiel de tous ces outils professionnels disponibles sur le net. Après avoir déménagé à Bali, elle décide de créer Maqtoob et rencontre Adil Gherib, un architecte belgo-marocain ayant lui aussi quitté son job pour voyager et qui travaillait à l’époque à distance pour Trip Advisor. Adil et Tomas Kudelka, un ingénieur basé en Répubique Tchèque, rejoignent alors Maqtoob comme associés.

Adil et Kristyna font partie d’un mouvement qui prend de l’ampleur : les digital nomads, ces personnes qui, grâce à internet, peuvent travailler tout en menant une vie nomadique. « Quand j’ai entendu le terme Digital Nomad, je me suis dit “C’est exactement ça ce que je fais depuis des années” » explique Kristyna lors de notre rencontre dans un village de surf au Maroc.

Mais l’équipe ressentait le besoin de travailler pour quelques mois dans un environnement startup plus classique. Rejoindre un accélérateur leur a permis de réunir toute l’équipe sous un même toit, d’accélérer le développpement de la startup mais aussi de networker. « Quand tu travailles à distance, tu ne rencontres pas tant de startups, témoigne t’elle. Là-bas, on a rencontré plein de startups. »

Maintenant qu’ils sont de retour sur la route, Kristyna et Adil doivent faire face aux mêmes défis que tous les digital nomads. Au Maroc, les deux entrepreneurs ont pu travaillé depuis leurs appartements loués sur Airbnb, mais au Liban ce n’était pas possible. « Au Liban, nous avions beaucoup de mal à trouver une bonne connexion internet. » Depuis ils sont devenus des experts des cafés avec wifi dans la capitale. « Mon préféré c’est Ta Marbouta, elle explique, mais ils n’aiment pas qu’on reste longtemps. Chez Starbucks, on peut rester longtemps mais la connexion est mauvaise. A celui de Zaituna Bay, la connexion est meilleure car personne n’y va. »

Du Liban au Maroc

« Au départ, on voulait faire quatre talks ou ateliers par pays pour garder du temps pour gérer la plateforme, explique Kristyna. Mais on a finit par faire huit ateliers au Liban tellement il y avait de demande des universités. »

Leur atelier “Introduction to business apps” a été imaginé pour les universités, les entreprises familiales, mais aussi les startups. « On a réalisé que même au cœur du Google Campus à Londres, pas mal de gens ne connaissaient pas la plupart des outils, estime Kristyna Zapletalova. Ils connaissent les plus évidents, comme Buffer et Trello. Peut-être parce qu’ils ne travaillent pas dans l’industrie tech depuis longtemps. »

Maqtoob dans une université libanaise

Au début de chaque atelier, Kristyna a pour objectif d’ouvrir les yeux des participants. « Je leur dit que l’entrepreneuriat d’aujourd’hui est différent de celui d’il y a 20 ans. Les nouvelles technologies permettent d’être plus flexible, nous pouvons travailler depuis des bureaux comme depuis des cafés. Nous voulons changer les mentalités, leur montrer qu’ils peuvent créer un site internet ou une entreprises eux-mêmes. »  Ensuite, on leur présente une sélection d’applis.

« Nous ne faisons pas ça pour l’argent, nous faisons tout ça gratuitement, pour sensibiliser les gens » explique le duo. « Pour ces personnes, c'est quelque chose de très nouveau » conclue l'entrepreneur qui espère bien que leurs interventions changera les façons de faire.

Vous pourrez retrouvez Maqtoob à Casablanca lors de Level Up.

Crédit photo : Maqtoob

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