Les entrepreneurs tunisiens se mobilisent contre le terrorisme


La récente attaque terroriste de Sousse a poussé les entrepreneurs tunisiens à chercher des solutions (Images via Christine Petré)

Près de cinquante Tunisiens se sont réunis lundi en banlieue tunisoise pour trouver des solutions intelligentes pour contrer le terrorisme.

L’évènement, Entrepreneurship against terrorism, a pu voir le jour grâce à douze acteurs de la scène entrepreneuriale du meetup Apero Entrepreneurs, à l’espace de coworking Cogite au laboratoire social Lab’ess. Son objectif : permettre à huit équipes de réaliser un projet innovant en réponse au terrorisme.

Cet événement survient quelques semaines après la fusillade qui a fait 35 morts dans un hôtel au nord de Sousse. 

Selon Leila Farhani, une des organisatrices, il s’agissait d’organiser une action rapide et symbolique qui pousserait les Tunisiens à réfléchir à des solutions innovantes pour mettre fin à cette période difficile.

Trouver des solutions concrètes

« L’innovation est un sport d’équipe » explique Noômen Lahimer, à qui l’on doit l’idée de cet événement. Près de cinquante personnes de tous horizons ont répondu présent. Ingénieurs comme artistes se sont regroupés en équipe de 5 à 6.

A la fin des trois premières heures, les participants ont réussi à identifier plusieurs problèmes nourrissant le terrorisme parmi lesquelles : le manque de communication, le besoin de réforme de l’éducation, la nécessité d’améliorer les flux d’information et le fort taux de chômage.

« Nous cherchons des idées qui sont pourraient être réalistiquement mise en place en Tunisie » note Noômen Lahimer.  


Il en faudra de la créativité et du travail pour contrer le terrorisme  (Images via Christine Petré)

Les participants ont ensuite essayé de trouver des solutions à ces problèmes. « Ne bloquez pas votre créativité, débarrassez-vous de vos vieilles habitudes, de vos jugements hâtifs et de votre manque de confiance créative » leur a t-elle suggéré.  

Pour s’assurer que ces solutions soient réalistes, les participants ont ensuite examiné et évalué chaque idée. Les solutions doivent être logiques et leur mise en œuvre pragmatique. C’est le talent de l’entrepreneur que de trouver des solutions innovantes pour répondre à un problème.

« Quand on parle de terrorisme, la plupart des gens pense sécurité » explique Noômen Lahimer.  Mais n’y a t-il pas une meilleure façon de lutter contre le terrorisme ? Durcir la sécurité ne traitera pas les causes, estime Cecile Marsiffe, une participante de 27 ans.

« L’entrepreneuriat permet de sortir des sentiers battus, de penser différemment, elle estime. Cela a été difficile de choisir une seule des causes et de se concentrer uniquement sur celle-ci. »

Après une pause pour l’iftar, la rupture du jeune, les participants ont présenté leurs solutions en trois minute devant un jury qui comptait notamment les cofondateurs de Cogite, Houssem Aoudi et Rym Baouendi.

Des solutions variées 

La plupart des idées ont traité de l’éducation et de la culture. Voici certaines d’entre elles :

  • L’ouverture d’un centre de réhabilitation et rééducation appelé Second Chance
  • “Tell me about Islam,” une série de vidéo pour mettre en avant les vraies valeurs de l’Islam
  • Un plan contre la corruption
  • Une initiative culturelle qui mettrait à la disposition des jeunes des bibliothèques, des salles de cinéma et de théâtre à travers le pays.
  • “Mind Revolt”, un jeu pour stimuler la société tunisienne et créer une aternative à la mentalité terroriste.

La proposition qui a séduit le jury visait, elle, à améliorer la relation de confiance entre les citoyens et le gouvernement en permettant à n’importe quel Tunisien de communiquer avec le gouvernement. 

L’application, appelée I-Act, permet aux citoyens d’informer le pouvoir des anomalies  qu’ils observent mais qu’ils ne se sentent pas de communiquer par téléphone.

Un imam qui incite à la violente dans un mosquée ? Les utilisateurs peuvent rapporter ce délit d’un seul clic et le ministre de l’intérieur peut alors informer la police locale. 

Le gagnant a remporté un an d'hébergement à l’espace de coworking Cogite, d’un accompagnement pour son développement par Apéro Entrepreneurs, Lab’ess, Réseau Entreprendre Tunisie et ENACTUS-MSB et de l’expertise et du soutien de Cofundy pour la création d’une campagne de crowdfunding (financement participatif).

Mais est-ce qu’un projet développé en une journée peut aboutir à une solution réelle ? 

« Ce n’est que le début, explique Leila  Farhani. Notre objectif est d’organiser une suite à cet événement en septembre. »

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