Casablanca peut-elle interdire Uber ?

Doit-on s'attendre à une grève des taxis marocains ?
Doit-on s'attendre à une grève des taxis marocains ? (Archive : Ahmed Bousserhane)

Dans un communiqué de presse envoyé ce matin, Uber a affirmé souhaiter « discuter avec les différents régulateurs afin de continuer à travailler dans un cadre légal adéquat ». 

Cette annonce survient un peu moins de 24 heures après que la Wilaya de Casablanca a affirmé, dans un communiqué de presse relayé par l’agence de presse officielle marocaine MAP, que « l'activité d'Uber Maroc à Casablanca est illégale » et qu'elle « n'est pas autorisée et expose toutes les personnes qui y travaillent ainsi que les chauffeurs engagés dans le cadre de cette fonction à des punitions ».

Ce n’est pas vraiment une surprise, Uber a tendance à s’attirer les foudres des autorités dans les villes où ils s’installent et nombreux sont ceux qui ont remis en question la légalité du site au Maroc dès son lancement. 

La responsable de Uber au Maroc, Meryem Beqziz, affirmait à Wamda, lors du lancement de la plateforme il y a deux semaines, que le service est «  totalement en règle avec la législation » puisqu’Uber fait appel à des entreprises de transport touristique qui emploient des chauffeurs professionnels qualifiés.

Pour autant, « le fait de répéter qu’on est dans la légalité ne transforme pas la réalité » rappelle la bloggeuse Marie-Aude Koiransky sur O Maroc. Le service passe par des sociétés de transport touristique alors même qu’il dit s’adresser aux jeunes actifs disposant d’une carte bancaire locale, soit des personnes qui ne sont clairement pas des touristes, et ne respecte pas les contraintes imposées à ce type de véhicules que liste dans son article Marie-Aude Koiransky.


UberX permet d’appeler des chauffeurs privés professionnels conduisant des voitures de type 4x4 pour une course immédiate 

Pour l’instant, la Wilaya, qui a attendu deux semaines pour s’exprimer, ne semble pas avoir pris de décisions claires quant aux sanctions, affirmant simplement que « les autorités de la région de Casablanca entreprendront les démarches nécessaires afin de venir à bout de toutes les activités qui enfreignent les lois dans le secteur du transport. »

Uber ne prévoit pas de cesser ses activités et met, comme à son habitude, en avant les bénéfices de son service pour la ville de Casablanca, à savoir plus de sécurité pour les chauffeurs et les voyageurs. Comme disent les américains : ne demandez pas l’autorisation, demandez pardon.

« Nous sommes en train de changer un marché qui a été jusqu’ici assez calme et sommes engagés à continuer de fournir des solutions technologiques qui soient adaptées au besoin des citoyens au marché du transport marocain » a expliqué Meryem Beqziz dans un communiqué de presse.

Elle a aussi affirmé souhaiter « travailler avec les régulateurs afin d’adapter la régulation aux nouvelles technologies » à savoir les smartphones.

Yassir Elismaili, responsable du concurrent principal de Uber, Careem, affirme avoir « fait toutes les démarches en amont, à la fois d'étude de la réglementation que nous connaissons et respectons à 100%, mais aussi en allant à la rencontre des parties prenantes, c'est à dire les représentants sectoriels, à la fois des taxis et des transporteurs touristiques. »

Il ajoute : « Nous avons remarqué une véritable volonté [des représentants sectoriels] de moderniser le secteur et promouvoir les nouveaux usages de mobilité urbaine, quitte à faire évoluer les règles actuelles. Nous avons également compris que la wilaya souhaitait favoriser une approche progressive, se bâtissant dans le consensus. »

Concurrent indirect de Uber, iTaxi, n’est pas concerné par ses problèmes puisque le service travaille avec les « petits taxis ».

La Wilaya de Casablanca va t-elle vraiment interdire le service ?

Pour l’instant, seules quelques autorités ont interdit le service dans le monde, comme les villes de Genève, Francfort, les états du Nevada et de l’Oregon aux Etats-Unis, la Thaïlande on encore l’Inde (partiellement). Dans la majorité de ces cas, le service et les autorités sont en négociations afin de permettre au service de réouvrir, cette fois-ci de façon légale. Tout ne semble donc pas perdu pour Uber Maroc.

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