A quoi servent ces bornes holographiques lancées en Tunisie ?

Une borne holographique présente le contenu de l'app Tunisie Passion
Une borne holographique présente le contenu de l'app Tunisie Passion

Hologrammes. Si vous êtes geek, vous pensez probablement à l’appel au secours de la princesse Leia ou aux réunions du Conseil Jedi. De retour sur la planète Terre, si l’on est encore loin de recevoir des messages holo-projetés par des robots domestiques, la technologie ne fait pas moins son entrée dans la vie de tous les jours.

Pour l’instant, c’est dans l’événementiel que les hologrammes trouvent leur raison d’être. On se rappelle notamment de l’improbable prestation de Tupac, seize ans après sa mort, au festival de musique Coachella (qui n’était pas vraiment un hologramme), ou encore du numéro de ce mannequin dans une boutique de lingerie qui disparaissait dans une pluie d’étoiles. 

La technologie holographique est aussi utilisée pour des projets plus concrets.

Avec les bornes holographiques, une technologie qui projette du contenu tridimensionnel dans un présentoir, les organisateurs d’évènements peuvent mettre en scène des produits ou afficher du contenu qui apparaît flotter dans l’air.

La technologie holographique en Tunisie

Pendant trois ans, les deux cofondateurs de Mirage Holograms, Slim Khimssi et Aymen Mekki, ont travaillé à recréer cette technologie qu’ils avaient repérée en Europe. Depuis le début juin, ils la proposent en Tunisie.

C’est lors du lancement en grande pompe de l’application « Tunisie Passion », développé par Orange, au Musée du Barbo que leur produit a été inauguré. Les participants ont ainsi pu naviguer sur l’application projetée dans une borne sans la toucher.

Le lendemain, la même technologie a utilisée pour présenter le programme du « Achievers’ Awards », la cérémonie organisée par le Fonds d’amitié Qatari (QFF) pour rendre hommage aux entrepreneurs que le fond a soutenu depuis deux ans en Tunisie. 

Financer la R&D, un travail de longue haleine

Pendant trois ans, Slim Khimssi et Aymen Mekki ont dû redoubler d’efforts pour faire vivre leur laboratoire de recherche, Eidôlon.

« Le plus gros challenge était le financement de la recherche, explique Slim Khimssi. On a été obligé de faire du web design et du référencement le soir et le weekend pour financer la fabrication du prototype, le loyer du bureau, etc. »

Si Slim Khimssi était à plein temps sur le projet, Aymen Mekki, lui, a dû conserver son poste de chargé de communication dans une agence de communication.

Les deux Tunisiens ont commencé par développer des solutions de « mapping vidéos », une technologie peu moins complexe à développer. Commercialiser cette technologie, qui permet de transformer des bâtiments en surface d'affichage pour la projection dynamique d’images 2D et 3D, et de transformer ce qui est réel pour le public par des illusions, donnant par exemple l’impression que les fenêtres dansent, explique Slim Khmissi, leur a permis de financer leurs recherches pour Mirage.

Slim Khimssi et Aymen Mekki dans leurs bureaux
Slim Khimssi et Aymen Mekki dans leurs bureaux

En octobre 2014, ayant enfin un prototype, les deux comparses ont rejoint l’accélérateur Intilaq, financé par QFF. En mai 2015, à la fin du programme de formation, ils ont reçu de l’accélérateur un financement de l’ordre de 48 000 TND, soit 25 000 USD, auquel devrait s'ajouter 132 000 TND supplémentaires (68 000) par tranche.

Cette entrée d’argent et leurs premiers contrats va permettre à Aymen de travailler à temps plein sur Mirage et à la startup de recruter un ingénieur et cinq stagiaires pour s’occuper de la R&D.

Ce sera la première fois que des ingénieurs s’occuperont de la recherche et développement chez Mirage. Slim, un designer, et Aymen, un communiquant, se sont en effet formés sur le tas.

« On a reçu des coups de main d’amis dans le domaine de la technologie, explique Slim Khimssi. Mais pour le reste, on s’est débrouillé par nos propres moyens, par nos recherches, nos documentations, nos essais. »

Après avoir bricolé leurs premiers prototypes eux-mêmes, ils se sont tournés vers un designer produit et un ingénieur en électronique pour finaliser le MVP (Minimum Viable Product) et le faire produire en usine.

Des clients présents à l’appel

Ce travail a porté ses fruits puisque la startup a déjà loué ses birnes à deux occasions et affirme avoir reçu des demandes de clients tunisiens, algériens mais aussi de clients français et suisses à la recherche de prix moins élevés qu’en Europe. 

Mirage va suivre le même modèle que ses concurrents européens. Ils vont louer leurs bornes holographiques à des agences de communication pour des évènements mais aussi en vendre à des agences et des entreprises.

Les deux cofondateurs ne semblent pas inquiétés du nombre, que j’imagine réduit, d’organisateurs d’évènement ayant l’envie et le budget pour une telle mise en scène.

« On est déjà rentable, affirme Slim Khmissi. Le premier événement a financé toute la fabrication. On est déjà dans du bénéfice pour le deuxième événement. »

Les deux entrepreneurs comptent aussi sur le marché régional. « Dans trois ans, on vise la partie Nord-Afrique et on veut augmenter les ventes avec nos partenaires en France et en Suisse » conclue Slim Khmissi.

Ces applications holographiques sont-elles un simple effet de mode ou doit-on s’attendre à les voir partout dans le futur ? Seul le temps le dira.

Credit photo : Mirage Holograms

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