L’Africa Code Week veut apprendre à 20 000 enfants à coder en une semaine

Africa Code Week

Difficile de ne pas avoir entendu parler de Code.org, l’association américaine qui veut apprendre aux enfants à coder. En 2013, ils avaient réussi à convaincre Will.I.Am, Ashton Kutcher, Shakira, Sheryl Sandberg et Bill Gates de promouvoir, dans une vidéo claire et motivante, “The Hour of Code”. Cette initiative, longue d’une semaine, vise à initier des enfants à la programmation en une heure.

Les organisateurs souhaitent ainsi démystifier le code et montrer que coder n’est pas réservé aux geeks et que n’importe qui peut s’amuser en codant.

Les avantages de savoir programmer sont nombreux, estiment-ils. Coder permet d’apprendre à penser et à structurer sa pensée et est un atout précieux sur le marché du travail dont peu de personnes disposent.

Ce n’était donc qu’une question de temps avant qu’une initiative semblable voit le jour dans le continent qui compte le plus de moins de 18 ans au monde.

Africa Code Week a pour ambition d’initier au code 20 000 enfants dans 17 pays africain du 1er au 10 octobre.

Des centaines d’ateliers seront menés par des codeurs bénévoles en Angola, au Bénin, au Botswana, au Cameroun, en Egypte, en Ethiopie, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Kenya, à Madagascar, au Maroc, au Nigeria, au Rwanda, au Sénégal, en Afrique du Sud, au Togo et en Tunisie, ainsi qu’en ligne avec Google CS (Computer Science) First.

En Egypte, 240 animateurs initieront 2 500 enfants, essentiellement au Caire et à Alexandrie. En Tunisie, les ambassadeurs espèrent toucher 200 enfants dans des villes comme Sidi Bouzid, Kasserine, Tozeur, Beja, Mzawgha ou encore Tataouine où les enfants ont peu de chance d'apprendre à programmer.

Onze millions de jeunes feront leur entrée sur le marché du travail africain chaque année lors de la prochaine décennie et avoir des compétences digitales pourraient leur permettre d’augmenter leurs revenus de 40 à 200%, explique le site internet.

Pourtant, moins d’1% des enfants africains quittent l’école avec des notions de base en informatique, selon afriCoderDojo, une initiative qui souhaite enseigner le code aux jeunes africains.

« La plupart des entreprises présentes sur le continent ont des difficultés à trouver des locaux qualifiés pour remplir des postes dans les TIC » explique à Wamda Claire Gillisen-Duval, la responsable Corporate Social Responsibility (CSR) de SAP qui co-organise l’Africa Code Week en Egypte. « Selon plusieurs études, il faut trois ans à un jeune Egyptien pour trouver un emploi à temps plein à la sortie de l’université et la situation est pire pour ceux qui ne sont pas diplômés de l’université » continue t-elle.

« Quand on sait coder, on peut trouver du travail sans avoir besoin de diplôme » ajoute Fleur-Eve Le Foll, fondatrice de l'école de code Cod Cod Codet à Casablanca et co-ambassadrice avec Atos de l'Africa Code Week au Maroc.

Apprendre à coder n’est pas seulement un atout professionnel, c’est aussi une compétence indispensable pour prendre part au futur de l’Afrique, trouver des solutions innovantes et aider au développement économique du continent.

« Ce thème n’est pas abordé dans les médias marocains et est inconnu du grand public [au Maroc]. Nos enfants ont besoin de comprendre le monde digital dans lequel ils vivent pour passer de consommateur à consom’ acteur » explique Fleur-Eve le Foll à Wamda.

« Même si on ne veut pas devenir développeur, on développe des compétences de pensée créative, de raisonnement systémique et de travail collaboratif, ajoute t-elle. C’est important pour tout enfant. » 

Les bénévoles, essentiellement des enseignants et étudiants en informatique, ont accès à du matériel pédagogique et, dans certains cas, à des formations en personne.

« La documentation et les démarches d'apprentissage offertes par Africa Code Week sont un atout non négligeable » explique à Wamda Dorsaf Benna, fondatrice de l'association ITA (Informatics Tunisian Association) qui gère des centres d’apprentissage de code pour enfant dans chaque gouvernorat tunisien et qui est derrière ce programme en Tunisie.

En Egypte, 240 étudiants ont déjà reçu une formation par des experts venus d’Europe pour l’occasion.

Les codeurs marocains peuvent s’inscrire ici pour participer à l’atelir de formation des animateurs à Casablanca du 14 to 16 septembre.

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