Pourquoi le lancement de NUMA au Maroc pourrait-il tout changer

Le célèbre hub français va faire son entrée au Maroc
NUMA est pour beaucoup le centre de la scène startup française (photo via NUMA)

La Jordanie a Oasis500, l’Egypte Flat6Labs, le Maroc aura NUMA.

Le célèbre hub de l’innovation française a annoncé aujourd’hui qu’il ouvrira ses portes au Maroc en collaboration avec le spécialiste de l’entrepreneuriat à impact marocain, Eiréné4Impact

Créée, en 2000, sous le nom de Silicon Sentier, l’association d’entrepreneurs a modelé la scène startup française telle qu’on la connaît aujourd’hui.

On leur doit la Cantine, premier espace de coworking en France, le Camping, premier accélérateur de startups français, un nombre incalculable d’ateliers, barcamps et formations, et le développement de l’open innovation.

L’arrivée de NUMA au Maroc marque le début d’un nouveau chapitre pour l’innovation au Maroc.

NUMA Maroc ne va pas se limiter à l’ouverture, en janvier, du premier programme d’accélération généraliste du pays. L’organisation compte aussi développer la collaboration (pour l’instant quasi inexistante) entre les grosses entreprises, l’Etat et les innovateurs, et jouer le rôle (que personne n’a encore endossé) de catalyseur entre les différents acteurs de la scène startups et innovation.

Un partenariat entre Eiréné4Impact et Numa

Lancé il y a moins d’un an, Eiréné4Impact propose des programmes d’incubation et de pré-incubation, et de l’investissement en capital-risque aux entreprises à impact (comprenez des entreprises qui ont dans leur mission de laisser un impact positif sur la société). Eiréné4Impact s’est rapidement distingué par la qualité et le professionnalisme de ses programmes. 

Pour NUMA et Eiréné4Impact, travailler ensemble était une évidence.   

La joint-venture, qui sera menée par le fondateur de Eiréné4Impact, Leyth Zniber, s’attaquera dans un premier temps à l’accélération. Le programme français, rebaptisé l’an dernier Sprint, sera adapté aux besoins locaux.

« On va peut-être faire un programme un peu plus long [qu’en France où le programme dure quatre mois], explique Frédéric Oru, Directeur Général en charge de l’international, à Wamda. On aura des startups un peu moins matures - comme on en avait en France il y a quatre ou six ans - donc le programme s’étalera peut-être sur six mois. » 

Les entrepreneurs pourront déposer leurs candidatures début novembre pour un démarrage du programme fin janvier dans les locaux d’Eiréné au Technopark. Deux classes de six startups sont prévues la première année.

NUMA Maroc compte ensuite développer ses activités de coworking, d’évènementiel et d’accompagnement à l’innovation.

« On veut être un catalyseur, précise Frédéric. Si on fait du coworking et de l’évènementiel, ce sera avec les acteurs locaux. » 

NUMA sur le chemin de la mondialisation 

Longtemps franco-français, NUMA a décidé de devenir un acteur international.

« A l’origine on voulait donner accès à notre entrepreneurs à des nouveaux marchés, à des terrains vierges sur lesquels leurs idées peuvent être plus pertinentes [qu’aux Etats-Unis ou en Angleterre] » explique le Français à Wamda.

Début 2015, l’organisation a donc annoncé l’ouverture de ses portes en Inde et en Russie.

Un nouveau pays pour NUMA
Un nouveau pays pour NUMA (photo via NUMA)

Cette ouverture vers l’international ne suit pas seulement une logique de marché, elle a aussi pour objectif de faire grandir les entreprises. 

« La diversité a démontré son importance. C’est formidable de pouvoir dès le départ capitaliser sur cette diversité marocaine, indienne, française et russe » ajoute Leyth Zniber.

Le Maroc a t-il besoin de NUMA ?

« Au Maroc, il y a de belles boîtes qui sont en train de se lancer mais elles manquent encore d’expertise dans certains domaines, estime Frédéric Oru. Les équipes NUMA françaises sont là pour transmettre les connaissances qu’elles ont acquise depuis 15 ans et surtout pour travailler en collaboration. »

L’organisation veut dépasser ce simple transfert de connaissances et développer une dynamique d’internationalisation.

« On n’est pas là pour pomper les meilleures startups marocaines et les amener en France, continue Frédéric Oru, on est là pour leur apporter du soutien d’autres pays et les aider à s’internationaliser. » 

L’organisation compte apporter un réseau de mentors international et connecter les écosystèmes français, marocains, russes et indiens. Leur objectif est que les startups puissent échanger et recevoir des feedbacks immédiats de l’international, mais aussi qu’elles puissent se rendre sur place pour tester la pertinence de leurs produits ou services sur ces autres marchés.

L’organisation compte aussi aider les grandes entreprises et l’Etat à répondre aux questions qu’ils se posent, et auxquelles la France a déjà dû réfléchir il y a quelques années : Comment fait-on un écosystème entrepreneurial ? Comment peut-on faire travailler le public, le privé et les startups ensemble ?

Le Maroc, c’est l’Afrique et c’est maintenant 

« S’il y a bien un continent qui va contenir les innovateurs et les entrepreneurs de la prochaine décennie c’est bien l’Afrique. C’est de là que va venir tout le renouveau » croit dur comme fer Frédéric Oru.

NUMA a pour objectif de se développer dans 15 pays dans les 4 années qui viennent, dont au moins deux ou trois pays en Afrique.

« Pour nous le Maroc c’est un carrefour. C’est une porte d’entrée vers l’Afrique, un pays qui a des rapports privilégiés avec les Etats-Unis et une porte d’entrée détournée vers le Moyen-Orient, explique Fred. C’est aussi un pays, francophone, avec qui la France a des relations très forte. Et politiquement, c’est très stable. »

« Le Maroc peut être un véritable labo d’expérimentation, ajoute Leyth Zniber, car on est un pays d’Afrique avec les mêmes défis sociaux, économiques et environnementaux [que dans le reste du continent] mais on a un système bancaires qui se défend, la deuxième meilleure infrastructure en télécommunication du continent et un gouvernement qui fonctionne globalement. » 

« [Le lancement de NUMA Maroc], c’est pour nous la découverte de l’Afrique, enchaîne Frédéric Oru. On va découvrir plein de problématiques et d’innovations dans un style complètement différent [de ce dont on a l’habiture]. »

Choisir le Maroc est aussi une question de timing.

« On est à un point d’inflexion. L’entrepreneuriat commence à intéresser ces talents qui avant ne s’intéressaient que au salariat » a pu voir Leyth Zniber. 

« On sent une vraie volonté politique d’aider l’entrepreneuriat à se développer mais il y a un manque de support, d’experts et de mentors qui ont les moyens de les aider. C’est le bon moment pour se lancer » conclue Frédéric Oru.

Un financement unique au Maroc 

Comme en France, NUMA compte financer son programme d’accélération par des partenariats publics et privés et par la vente de prestations : location de son futur espace de travail, évènementiel, services et conseil aux entreprises.

A en croire Fred, les grandes entreprises marocaines et françaises installées au Maroc s’intéressent désormais à l’open innovation, le fait de travailler avec des startups et des innovateurs pour innover, et la transformation digitale et sont prêtes à investir pour réussir leur transition.

L’équipe de NUMA Maroc a plusieurs pistes très sérieuses pour du sponsoring et de l’open innovation. Nous devrions savoir très vite qui sont ces entreprises qui ont décidé d'ouvrir le Maroc à l'innovation. 

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