Réunion de famille pour les espaces de coworking arabes en Tunisie

Coworking managers sharing good practices
Les responsables des espaces de coworking partagent leur tuyaux (Images via Mideast Creatives)

Pour la première fois, la communauté du coworking arabe avait rendez-vous à Tunis pour se rencontrer et partager leurs expériences pour un événement de trois jours initié par Hivos Mideast Creatives.

Du 8 au 11 octobre, les participants venus des quatre coins du monde arabe, du Liban à l’Irak en passant par l’Egypte, ont inauguré pour l’occasion le tout nouvel espace de Cogite, une villa avec piscine. 

Pour réussir un espace de coworking, il faut de l’énergie, un esprit de communauté et l’envie de créer de la valeur ajoutée, estime Fatène Ben Hamza de Cogite. 

Donner à ses membres les moyens d’atteindre leurs objectifs est aussi un ingrédient essentiel ajoute l’entrepreneur palestinien Mohammed Khateeb. Il espère aider les entreprises de ses membres en proposant des formations qui répondent à leurs besoins et en les aidant à créer leur réseau. 

Multiplier les sources d’entrées d’argent

« Ne vous concentrez pas sur ce que vous voulez mais sur ce que vous avez » a conseillé Keith Wallace de De Investeerdersclub, un fond d’investissement hollandais.  

En appliquant cette façon de penser à leur plus gros défi – la monétisation – les participants ont conclu qu’ils devaient trouver d’autres sources d’argent que les cotisations des coworkers.

Accueillir des évènements tels que des ateliers et des formations peut être une bonne façon de construire sa marque tout en créant une nouvelle source de revenu.

Certains participants ont aussi mis en place des espaces d’expositions pour permettre à leurs membres de vendre leurs produits, notamment leurs œuvres d’art. 

Au dernière étage de l’immeuble accueillant le premier espace de coworking d’Alexandrie, M3mal, l’équipe a ouvert un restaurant, explique Mahmoud Noanan. Combiner une espace de coworking avec un café ou un restaurant est un bon moyen d’attirer les clients et de communiquer. 

Connecting with the players of the coworking scene
Créer des liens forts entre les différents acteurs du monde arabe

Ch-ch-changes

N’ayez pas peur du changement, était un autre thème de l’événement.

La cofondatrice de l’espace de coworking saoudien Onquod, Mariam Hamidaddin, a su s’adapter aux besoins de ses 30 membres. Les trois premières années, Mariam et ses cofondateurs ont choisi d’expérimenter et d’offrir un espace en plein-air pour accueillir la scène artistique de Djeddah et leur donner une « maison ». Mais avec le temps, ils se sont rendu compte que les artistes avaient besoin de prendre du recul et de travailler dans un bureau privé.

La communauté avant tout

C’est aussi important de créer le buzz et de faire parler de soi. Encore une fois, il faut commencer par le réseau que l’on a déjà et construire sa communauté autour de ce réseau.

Un des objectifs de cet événement était justement de permettre aux participants de se créer un réseau fort et personnel.

« Nous rencontrons les mêmes problèmes où que nous soyons dans le monde » justifie Mariam Hamidaddin. En construisant une communauté soudée, les participants pourront s’entre-aider lorsqu’ils rencontreront des obstacles, continue t-elle.

Le concept de coworking n’est pas prêt de disparaître, estime Andra Iacob du programme Hivos’ Mideast Creatives

Au Moyen-Orient, la plupart des espaces opèrent comme des communautés, contrairement à l’Europe. Ce sont des espaces sociaux où des gens qui partageant les mêmes idées peuvent se retrouver.

« Beaucoup font ça par amour et pour la communauté » explique t-elle.

Muhammad Hameed de Baghad fait certainement parti de ces derniers. Avec quatre autres personnes, il gère bénévolement, sur son temps libre, l’espace INSM. Opérer en Iraq vient avec son lot de défi. Le premier, explique t-il, est la sécurité de l’équipe et des participants. Aujourd’hui ils sont basés dans un immeuble dont la sécurité est  confiée au gouvernement et accueillent près de 200 membres. Certains sont des développeurs ou des freelancers d’autres des musiciens venus enregistrer leur musique dans le studio d’enregistrement de INSM.

La communauté des espaces de coworking de la région MENA grandit et prend de l’essor, explique Fatène Ben Hamza. En deux ans, Cogite, le tout premier espace tunisien, a réussi a construire un large réseau d’entrepreneurs.

Si Cogite a lancé le mouvement en Tunisie et a joué un grand rôle dans la popularisation du concept dans la jeune république, il n’est plus le seul acteur. Aujourd’hui, près de 10 espaces existent dans le pays et ce n’est que le début.

« Ca fait quelque chose de voir ces gens venir d’Iraq au Liban, en passant par l’Egypte et la Tunisie, ajoute t-elle. C’est le nouveau visage de la région. » 

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