Devoxx Maroc réunit les techos et les startuppers

Devoxx Maroc privilégie les rencontres
Devoxx Morocco privilégie les rencontres (photo via Aline Mayard)

Lundi soir, au New Work Lab, j’écoutais des jeunes entrepreneurs se lamenter du manque de développeurs et d’ingénieurs marocains ayant envie de s’améliorer, d’apprendre et de prendre des risques. 

Mardi, je rencontrais ces perles rares lors de la première édition de Devoxx Morocco à la surprenante Villa des Arts Vivants à Casablanca.

Cette conférence de développeurs vous la connaissiez peut-être sous le nom de Morocco JUG, une conférence dédié au java, puis de JMaghreb. Cette année, la conférence a rejoint la famille Devoxx et ses éditions en Angleterre, France et Pologne.

Le programme était ambitieux. Près d’une centainde de talks ont été organisés en l’espace de trois jours. Ils ont fait la part belle aux discussions techniques – par example comment intéresser la communauté open source - mais aussi aux discussions sur le futur – quelle futur pour l’écriture - et à l’entrepreneuriat.

L’équipe avait en effet à cœur de faire découvrir aux développeurs le monde des startups, de les convaincre d’en rejoindre ou de donner vie à leurs projets.

Devoxx Morocco, un événement tech d'un autre style

L’événement a réussi un pari audacieux : organiser un événement tech, international, interactif et de qualité.

Le discours d’inauguration a donné le ton. C’est sur une moto que le cofondateur Badr Elhouari est entré en scène. La suite sera un show à l’américaine.

Lancement Devoxx Maroc
Une arrivée sur scène rock'n'roll (photo via Aline Mayard)

En tout, pas moins de 150 personnes – sur les  1226 participants - sont venues de l’étranger, essentiellement de l’Europe.

Certaines entreprises européennes habituées des Devoxx avaient choisi de se rendre à Casa pour bénéficier de prix plus bas qu’en Europe et du soleil marocain.

Initiation à l’entrepreneur

Si la majorité des participants avaient déjà entendu parler des startups, peu s’étaient attardés sur le sujet.

« Certains étudiants ne connaissent même pas le concept des startups. Moi, je ne connais pas le principe, j’ai envie d’en savoir plus. Si je suis satisfaite pourquoi pas travailler dans une startup ? » explique l’étudiante en informatique Meriem El Majdaoui. 

Lors de différentes prises de parole des entrepreneurs, une partie du public - étudiants, professeurs d’universités, professionnels - était là par hasard ou par curiosité. Tant mieux, l’objectif d’intéresser plus de développeurs au monde des startups a été atteint.

Tous les talks avaient le même objectif : présenter la mentalité et la façon de travailler des startups à travers des partages d’expérience concrets.

Zakaria Ghassouli, le directeur du business development d’Avito a introduit le concept de pivot : l’importance de lancer vite, de tester et de s’adapter aux réponses des clients. Yassir El Ismaili El Idrissi, responsable Maroc de Careem, s’est, lui, concentré sur le growth hacking et l’importance de toujours tout mesurer. Heather Wilde, une des premières employées d’Evernote, a mis en lumière les points en commun des « unicorns », ces anciennes startups dont la valeur est estimée à plus d’un milliard de dollars 

Qui rejoindra une startup ?

Certaines startups étaient elles venues pour recruter.

« C’est vraiment compliqué de trouver des candidats qui ont les compétences techniques et les valeurs startup, surtout dans le mobile » explique à Wamda Zouheir Lakhdissi de l’agence mobile Dial Technologie.

Alors, comme plusieurs autres entrepreneurs, il a rejoint la session de speed recruiting organisée par Startup Maroc. 

Les startups recrutent
Les startups recrutent (photo via Aline Mayard)

« Les gens qui viennent ici sont vraiment passionnés par la technologie » continue t-il, et c’est probablement la qualité la plus importante et difficile à trouver au Maroc.

« Sans un événement de la sorte, on aurait galéré » résume avec humour Sadouk Abdeljalil de Societall, un réseau pour les bonnes actions.

Une soixantaine de personnes ont candidaté. Sur les vingt personnes avec qui Zoheir et son collègue ont discuté pendant cinq minutes, quatre seront rappelées pour un deuxième entretien.

Une grande partie des développeurs qui ont participé à ces entretiens n’avaient jamais considéré travailler dans une startup avant que l’équipe de Startup Maroc les invite à passer les entretiens. Pour eux, travailler dans un grand groupe ou dans une startup importe peu.

« C’est l’apprentissage et la possibilité développer de nouvelles compétences qui les intéresse » estime Sadouk.

« C’est mieux de travailler dans des petites entreprises, on en bénéfice plus au niveau personnel et technique » explique Hamza Ghannam, un étudiant en informatique, avant d’ajouter que peu de personnes pensent comme lui dans son école.

Un peu plus loin, Laffère présente son appli d’achats géolocalisé. Dans l’équipe, quatre cofondateurs techniques, aucun profil business.

Petit à petit, les développeurs s’intéressent aux startups.

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