Scorify permet aux recruteurs de parler le langage dév


A la chasse aux développeurs (photo via Mashable)

L’un des mythes les plus persistants dans l’IT est celui de la pénurie de programmeurs et de travailleurs avec un background scientifique. Si cette analyse est controversée et diffère son les pays – aux Etats-Unis, certains estiment qu’il y a un problème d’abondance – il est sûr que trouver la bonne personne pour un poste technique est une tâche aussi compliquée que chronophage.

La startup marocaine Scorify a pour objectif de résoudre ce problème. Fondée en 2014, cette plateforme teste les compétences techniques des développeurs et connecte les meilleurs candidats aux recruteurs.

« Mon cofondateur, Naoufal Chama, était directeur de R&D d’une entreprise informatique internationale. Chaque fois qu’il voulait recruter un développeur logiciels, il perdait énormement de temps à regarder des CV et faire passer des entretiens. Parfois, il avait même besoin de faire venir un expert produit pour superviser les évaluations techniques » se rappelle Diaa Alhak El Fallous, CTO et cofondateur de Scorify.

Les deux Marocains se sont donc demandé : pourquoi ne pas automatiser ce processus de recrutement en laissant les programmeurs tester leurs compétences en ligne et en leur attribuant un « score » ?

« On a commencé par tester des algorithmes basiques, puis, suite aux feedbacks de nos early adopters, nous avons ajouté plus de langues et de systèmes, explique Diaa Alhak El Fallous, Maintenant notre plateforme permet d’évaluer les compétences des candidats dans 16 langues différentes. »

L’équipe a développé ses propres tests afin d’évaluer de nombreuses langues, comme Java, C, C++, C Sharp, Python, Ruby, JavaScript, et systèmes tels que Java Spring, Java Hibernate et MySQL. Les entreprises ont aussi la possibilité de créer et d’intégrer leurs propres exercices sur la plateforme.

Pour les programmeurs, Scorify donne la possibilités de prouver leurs compétences indépendament de leur diplômes. Seules importent les compétences, peu importent si le programmeurs les a appris de son côté ou à l’école. Pour les entreprises, Scorify permet d’économiser du temps et des ressources.

Scorify permet d'évaluer le niveau des développeurs
Scorify permet d'évaluer le niveau des candidats sur de nombreux points différents 

Si le concept sonne familier, c’est qu’il n’est pas nouveau. De nombreux sites, surtout aux U.S., offrent des services similaires. Le plus célèbre, HackerRank, a été lancé il y a quatre ans par Vivek Ravisankar, un ancien employé de Amazon en Inde.

Aujourd’hui, HackerRank compte plus d’un million de développeurs l’utilisent et l’entreprise a levé 12,4 millions de dollars auprès de fonds comme Khosla Ventures et Battery Ventures. Face à HackerRank et ses concurrents Codility, HackerEarth et CodeFights, Scorify fait figure de débutant.

Pour l’instant, la startup compte 700 développeurs inscrits et trois clients : deux entreprises paient 3 000$ pour six mois d’utilisation illimitée, une autre paie pour recevoir des profils (500$ pour chaque). Quatre autres clients devraient suivre.

« Tout le monde ici au Maroc exprime son intérêt mais quand on en arrive à parler de paiements, les gens prennent leur temps car ils veulent voir des références. Personne ne veut être le premier à payer » explique Diaa Alhak.


Diaa Alhak El Fallous et Naoufal Chama (photo via Scorify)

Néanmoins, les deux cofondateurs sont persuadés qu’il y a un potentiel commercial énorme qui n’a pas encore été exploité. La startup vise notamment à se développer sur le marché francophone alors que leurs concurrents se concentrent essentiellement sur les marchés anglophones.

La startup bénéficierait d’un autre avantage concurrentiel : l’étendu de son offre. Scorify permet d’évaluer les connaissances de  the knowledge of entire programming frameworks et non pas juste de langues. 

Les feedbacks des clients sont pour l’instant positifs. 

« D’habitude, quand nous recrutions des ingénieurs, nous avions toujours des problèmes. Ils ne sont pas toujours très compétents, explique Kamilia Bagui, une ingénieur en charge du recrutement IT pour Synaptique Maghreb. Nous avons embauché deux développeurs en nous basant sur leurs résultats sur Scorify et ils se sont montrés très compétents au travail. »

La startup prévoit d’avoir 20 000 profils testés d’ici la fin de 2018 et 60 000 d’ici la fin de 2020. De plus, Scorify souhaite construire une marketplace sur laquelle les gens et universités pourront payer pour créer et vendre leurs propres exercices.

Jusqu’à présent, les cofondateurs ont financé leur entreprise et leur équipe avec leurs économies.

« Nous avons quatre personnes sur Scorify en ce moment. Deux à temps plein, moi et le développeur, et deux à temps-partiel, » explique le CTO. Naoufal Chama conserve lui son activité de PDG de Digimind et de président de l'association Startup Maroc.

Mais, bien sûr, sur le long terme ce n’est pas durable. Pour booster les opérations, l’entreprise cherche actuellement à lever cinq millions de dirhams (environ 500 000 USD) – elle serait en négociation avec un investisseur marocain dont elle n’a pas souhaité divulguer le nom – suffisamment pour pouvoir se développer en région MENA et au delà. 

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