Sylabs transforme une usine algérienne en espace de coworking

Coworking at Sylabs
Coworking à Sylabs (photo via Sylabs)

Le web algérien possède de nombreux esprits techs brillants, des marketeurs motivés, des connecteurs déterminés mais faute de représentation et de lieux pour se retrouver, la communauté web ne se développe pas suffisamment.

« On n’arrive pas à attirer de nouvelles personnes » déplore Abdellah Mallek, un contributeur Wamda connu dans l’écosystème pour avoir monté plusieurs startups et co-fondé Startup Weekend Algiers et BeMyApp Algeria (en photo ci-dessous, photo via Sylabs)

« Il n’y a pas d’espace où les professionnels [du web ou d’ailleurs] peuvent se rencontrer à Alger, continue t-il. Et quand on ne se rencontre pas, il y a moins de possibilités de collaborer ensemble, de monter des projets. »

Abdellah MallekDébut décembre, il ouvrira Sylabs, le premier espace dédié au web, à la tech ou à l'innovation dans le pays afin de permettre à la communauté existante de se rencontrer et d'attirer de nouveaux membres.

Situé à deux minutes de la grande Poste, au cœur d’Alger où se rencontrent étudiants et professionnels, cet espace de 300m2 aura pour objectif principal de créer de la valeur, de créer des projets, des startups, des médias, de la connaissance.

Pour atteindre cet objectif, l’équipe proposera un espace de coworking et un service d’évènementiel.

Un espace, plusieurs activités

Depuis dix ans, les espaces de coworking, ces espaces de travail partagé faisant l’honneur à l'échange et l'ouverture, se multiplient à travers le monde et le monde arabe. L’Algérie aura désormais son espace qui pourra accueillir une quarantaine de personnes, plus dans le futur. 

Les professionnels de tous les secteurs pourront y travailler pour quelques heures ou pour plusieurs mois et pourront utiliser les équipements classiques des espaces de travail – imprimante, cafetière etc – ainsi que certains plus inhabituels en Algérie, comme une imprimante 3D.  

La Grande Poste, symbole d'une communication d'un autre temps
La Grande Poste, symbole d'une communication d'un autre temps (photo via l'Ambassade algérienne)

Si les inscriptions ne sont pas encore ouvertes, Adbellah Mallek nous assure que  de nombreux acteurs du numériques sont déjà intéressés. 

Aucun prix n’a encore été communiqué mais l’espace a pour mission de rester bon marché.

« Je ne veux pas que le prix soit un obstacle » explique l’entrepreneur pour qui cet espace est avant tout un outil pour réunir les acteurs et créer de la valeur.

La deuxième activité de l’espace sera, elle, plus rémunératrice. L’espace accueillera des évènements organisés en interne et louera l’espace à des associations, pour des prix symboliques, et à des organisations commerciales. L'espace pourra accueillir une centaine de personnes.

Soucieux d’accélérer la transformation digitale, Abdellah Mallek et son équipe se concentreront aussi sur la création de contenu adapté à la population algérienne en terme de contenu et de langue.

D’autres activités, à fort impact mais encore confidentielles, devraient être annoncées dans un second temps.

Trois ans de gestation

Depuis trois ans, le jeune homme rêve de ce projet.  

« L’Algérie a besoin d’aller vers le numérique, c’est une nécessité » insiste t-il.

Pour autant, jusqu’il y a quelques mois, les conditions n’étaient pas réunies, le besoin pas n’était pas aussi prononcé que maintenant et le projet n’avait pas encore suffisamment de potentiel économique, estime t-il.

Depuis le printemps dernier, les choses ont changé et l’entrepreneur s’est remis sur son projet. 

« C’est le moment pour l’Algérie de se focaliser sur le numérique. Beaucoup de personnes l’ont compris aujourd’hui, même le gouvernement. » 

Il n’est pas le seul à y croire. Abdellah Mallek peut désormais compter sur les conseils d’un board aux compétences variées à la fois compétent dans le domaine des startups que des relations avec les institutionnels. 

Le jeune homme est toujours en recherche de financement. Et avec l’arrivée de sa première recrue, les choses devraient s’accélérer.

Les travaux sont presque finis
Les travaux sont presque finis (photos via Sylabs)

Les mains dans le cambouis

Pour un entrepreneur du web, aussi expérimenté soit-il, ouvrir un espace physique ajoute une nouvelle couche de complexité.

« La partie funding, c’était plus facile que la partie rénovation de l'espace, rigole-t-il. Parler avec les maçons, les plombiers, c'est un peu compliqué

Mais le plus gros défi a probablement été de trouver un espace adapté à sa cible et de négocier les conditions, estime t-il. Finalement, il a choisi une usine fermée depuis 30 ans dont le très mauvais état a dû en décourager plus d’un. 

« On a eu de la chance de trouver un tel espace » estime tout de même l’entrepreneur habitué des défis.    

« On a dû faire preuve de patience et persévérance, explique t-il. On n’a pas eu d’autres choix. » 

Une ancienne usine, située au pied de la Grande Poste, emblème de la communication du dernier siècle, on ne pouvait pas rêver mieux pour lancer un espace dédié à la transformation digitale. 

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