RiseUp Summit attire les entrepreneurs maghrébins


Discours de clôture : L'impact de l'entrepreneuriat sur l'économie divise les panélistes. (Images via Rachel Williamson)

Le troisième RiseUp Summit a attiré au Caire investisseurs et entrepreneurs du monde entier prouvant définitivement le pouvoir d’attraction presque gravitationnelle de l'Egypte dans la région. 

Du 12 au 13 décembre, le Greek Campus, le fameux hub tech du centre-ville cairote, a été pris d’assaut par les exposants, les speakers, les restaurateurs et les entrepreneurs.

Ce qu’il fallait retenir de cette édition : les investisseurs, l’arrivée de startups étrangères et l’impressionnante popularité des ateliers.

Pour les 4 000 participants, le défi était de choisir à laquelle des 140 sessions assister. Les ateliers, les compétitions de pitchs et l’événement principal avaient chacun investi un bâtiment différent.

Dans les salles du Théâtre Frères, les 71 ateliers affichaient immanquablement complets. Il en fallait plus pour décourager certains participants. Les thématiques explorées - comment comprendre les processus de ventes, développer ses talents de networking ou encore surmonter les défis du business – ont suffit à les convaincre de suivre les sessions à travers la fenêtre ou accroupis dans les couloirs du théâtre.

Ahmed Abdel Dayem, fondateur de Industrial Robot, était aussi dans le corridor mais cela ne l’a pas empêché de tirer parti de la session sur le product development. Cet atelier lui a permis d’ajuster son modèle de prix, explique t-il, alors même qu’il s’apprête à lancer son robot d’emballage sur le marché.

Jakob Kistorp, cofondateur des organisations européennes Venture Scout et Startup MENA, était ravi de voir que le Summit avait pris une approche plus active cette année, mettant l'accent sur la montée en compétences des entrepreneurs.


Un atelier déjà complet

Une ambiance unique

«  A nous, [la génération précédente], on nous a dit de nous contenter du minimum, estime Ali Faramawy, le vice-président de Microsoft. Après deux révolutions, la jeunesse égyptienne a plus d’ambition et est en recherche d’un meilleur avenir. Elle ne va pas accepter le minimum. »  

Microsoft, il continue, veut puiser dans le capital humain africain avec l’incubateur 4Africa qui réunit les porteurs d’idées dans des secteurs comme le micro-agriculture ou des énergies renouvelables.

En aparté, Ali Faramawy a confié à Wamda à quel point il été fier du sommet et aurait aimé que les responsables égyptiens aient été présents pour voir de leurs yeux « l’ambiance différente » de l'événement. 

Pour Con O’Donnell, cofondateur de RiseUp, le succès de cette édition c'est d'avoir attiré des investisseurs majeurs de la Silicon Valley, venant du Y Combinator, de TechStars, 500 Startups et Oak Investment Partners.

« Nous avons fait la promesse d’amener des investisseurs et nous avons fait la promesse d’attirer des entrepreneurs et nous avons tenu notre promesse. »

Que va faire le RiseUp Summit maintenant ?

En 2014, le cofondateur Abdelhameed Sharara avait parlé d’expansion en Afrique de l’Est pour devenir le première hub réunissant les startups du Kenya au Golfe.

Con O’Donnell est sûr d’une chose : il faut « garder les ponts [nouvellement ouverts] connectés », un refrain repris par les entrepreneurs et les investisseurs pendant tout le weekend.


Samedi en fin d’après-midi, les participants ont bien dû mal à quitter la scène pourtant vide

Nous sommes là pour investir

L’année dernière, seulement quelques investisseurs avaient fait le déplacement – en majorité des Européens qui ne connaissaient rien à la scène égyptienne. 

Cette année, les investisseurs étaient venu de la Silicon Valley avec comme objectif de mettre en place des relations permanentes avec la région.

Jared Friedman du Y Combinator était en Egypte pour la première fois en tant qu’investisseur. L’équipe de Y Combinateur, explique t-il, a vu une hausse de la qualité des candidatures reçues d’entrepreneurs de la région et porte un intérêt particulier à l’Egypte et Dubaï.

« Nous gardons un œil sur tous les startup hubs dans le monde, nous essayons de repérer quand tous les ingrédients sont en place pour permettre aux startups hubs de s’épanouir » explique t-il à Wamda, ajoutant que c’est ce qu’il voit en ce moment en Egypte.

Pour autant, Saad Gomez, investisseur et associé chez Oak, met en garde contre le manque d’ambition globale des startups égyptiennes qui ont les idées et la technologie pour.

« Il s’agit de changer de perspective… une grande partie des technologies ici peut être déployée à grande échelle, explique t-il à Wamda. Si vous voulez vraiment attirer mon attention, vous devez résoudre un problème à l’échelle internationale. »

Pour Saad Gomez, qui a des origines syriennes et libanaises, les startups en Egypte sont en majorité trop petites. Il était à la recherche d’entreprises qui pourraient atteindre la taille recherchée par Oak.

L’argent, estime Ahmed Alfi, fondateur du Greek Campus et du fond d’investissement Sawari Ventures, est à l’origine de nombreux défis rencontrés par les startups égyptiennes.

« Les investisseurs sont le problème non pas parce qu’ils font mal leur travail mais parce que nous avons besoin de plus d’argent, a t-il expliqué pendant un panel. Nous avons besoin de plus de concurrence [pour financer plus de startups]. »


En bonne companie : Chris Shroeder, Hala Fadel, cofondatrice de Leap Ventures, Ahmed Alfi, fondateur du Greek Campus Ahmed et Dave McClure, fondateur de 500 Startups.

Building bridges

Les participants étaient venus de 25 pays différents, souvent en délégation.

A la fin de l’événement, les représentants tunisiens et marocains, qui ne s’étaient jamais rencontrés, avaient mis en place les grands points d’une stratégie pour améliorer la collaboration entre les deux écosystèmes.

« Ca a été une belle opportunité pour rencontrer [les Tunisiens] en personne et échanger avec eux » explique Kenza Lahlou, cofondatrice de la communauté d’entrepreneurs marocain Startup Your Life.


Un bloc maghrébin était-il sur le point de se créer ? Les Tunisiens (à gauche) et les Morocains (à droite).

Annonces :

  • Pour répondre aux demandes des Egyptiens, Uber va lancer le paiement en liquide cette semaine.
  • Microsoft lance un fond de 128 000$ USD en coopération avec Flat6Labs pour soutenir deux entreprises
  • Payfort déploie deux nouveaux produits pour les PME de la région MENA: une passerelle de paiement très rapide à installer appelée START, et un tableau de bord plus flexible appelé FORT.
  • USAID a présenté SEED, un programme qui devrait être lancé en janvier pour soutenir l’écosystème en fournissant des formation et de l’assistance aux incubateurs, accélérateurs et autre. 

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