Les quatre maux qui empêchent les startups tunisiennes de réussir


Maintenant il s'agit d'écouter le médecin (photo via Shutterstock)

L'écosystème startup tunisien est plus dynamique que jamais.

Chaque jour, un nouvel accélérateur, incubateur ou fond d’investissement se lance et façonne ce marché technologique naissant.

Alors, pourquoi n’avons-nous pas encore eu de success story ? Est-ce que la Tunisie aura un jour son Skype ou Viber ?

Depuis que je suis rentrée de la Silicon Valley pour lancer le Founder Institute à Tunis, j'ai réalisé que la Tunisie ne manquait pas d’entrepreneurs talentueux et visionnaires capables d’identifier des problèmes qui nécessitent d’être résolus mais que les entrepreneurs tunisiens souffrent simplement de quatre maux.

La maladie des excuses

La plupart des Tunisiens souffrent du syndrome des excuses.

Une question comme « Pourquoi n’avez-vous pas encore de MVP ? » ne devrait pas avoir pour réponse « Parce que je travaille toute la journée », « Parce que je n’ai pas d’argent » ou encore « Parce que je n’ai pas reçu suffisamment de soutien ».

Ces excuses vous empêchent tout simplement de réussir.

Vous devez comprendre que vous montez une entreprise pour vous, pas pour quelqu’un d’autre. Pondre des excuses revient à vous mentir, à refuser d’admettre que votre entreprise n’est pas votre priorité.

Les vrais entrepreneurs comprennent que ce qui compte ce sont les résultats. Ils acceptent la responsabilité de leurs actions, n’ont pas peur d’échouer et ont la discipline nécessaire pour atteindre leurs objectifs finaux.

Le symptôme de l'égo surdimensionné

Un autre syndrome tunisien qui nuit à la scène entrepreneurial est le « Je suis génial et successful ».

Dès qu’une personne a le moindre petit succès, qu’il a, par exemple, gagné un concours en obtenant le plus de likes Facebook, il se prend pour le roi du monde et pense qu’il est arrivé en haut.

Les médias locaux n’aident pas avec leurs titres sensationnaliste, « blabla, première startup tunisienne à gagner une compétition de renom », « tralala arrive première ».

Sans produit ou service solide, le public applaudit dans le vent et vous perdez progressivement toute crédibilité.

Ne soyez pas si sûrs de vous mêmes, écoutez ce que les autres ont à dire. 

Ne vous attribuez pas tous les crédits, reconnaissez la contribution de votre équipe, ou ils vous quitteront.

Le trouble du Je-sais-tout

Nous voyons sur le marché de nombreux entrepreneurs qui ont créé des produits, parfois pendant des années, sans jamais parler à leurs clients potentiels, sans savoir s’il y a un besoin.

L’étape de compréhension des besoins du client ne doit pas être négligée.

Vous ne savez pas ce dont les clients ont besoin. Personne ne le sait.

L'allergie au lancement

D’autres fondateurs passent des années sans sortir de produit, effrayés de sortir un produit qui n’est pas parfait.

Vous devez comprendre que vous ne pouvez pas nuire à votre marque avec un produit imparfait tout simplement car votre marque n’existe pas. Peu importe que votre produit ne soit pas parfait, vos early adopters s’en ficheront. La seule chose qui les intéresse c’est la valeur qu’ils peuvent en tirer, le problème que votre produit permet de résoudre ou l’avantage qu’il leur apporte.

Il est temps de hausser le ton

Quand un juge d’une compétition de pitch pense « Ce projet est horrible », il dit souvent  « Super boulot »

En tant que mentors, vous devez donner à ces entrepreneurs de vrais feebacks, parfois de façon brutale. N’ayez pas peur de les secouer. En étant gentil avec les entrepreneurs, vous leur faites perdre leur temps, abaisser leur niveau d’exigence et les préparez à l’échec.

En étant honnête, vous leur évitez de construire leurs entreprises sur des mauvaises fondations, vous leur donnez une vraie chance de construire un produit qui a le potentiel de se développer à grande échelle, vous augmentez leur chance de réussir.

Arrêtez de parler et commencez à agir. Seules vos actions doivent parler. La Tunisie est prête pour des vrais résultats. La meilleure façon de le prouver que vous pouvez faire ce que vous clamez est de le faire.

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