Startup Africa Summit, le futur des startups marocaines se trouve en Afrique

Quand les startups marocaines et algériennes s'affrontent
Quand les startups marocaines et algériennes s'affrontent (photo via Startup Maroc)

La futur du Maroc sera t-il en Afrique, au Moyen-Orient ou en Europe ?

La question n’est pas évidente pour les habitants de ce pays, proche géographiquement et historiquement de la France et de l’Espagne, culturellement et linguistiquement du monde arabe et géographiquement et économiquement de l’Afrique.

Ce mois-ci, deux évènements startups s’intéressent au potentiel de l’Afrique.

Jeudi, Startup Maroc ouvrait le bal avec le Startup Africa Summit, une semaine avant Seedstars Africa, la conférence co-organisée par StartupYourLife samedi prochain.

Les Marocains curieux

L’amphithéâtre de la Villa des Arts Vivants à Casablanca était plein samedi 23 janvier. Etudiants, jeunes parents avec enfants ou encore cadres quinquagénaires, l’événement avait attiré des profils variés mais massivement marocains.

Malgré les efforts de Startup Maroc pour internationaliser l’événement, certains intervenants ont préféré parler en français. Preuve, s’il en fallait, que l’internationalisation du Maroc ne se fera pas du jour au lendemain.

Pourtant le Maroc et les pays africains, qu’ils soient anglophones ou francophones, ont beaucoup en commun.

Au Maroc et en Afrique, des scènes startups très proches

Manque d’infrastructure, corruption, pauvreté, taux de pénétration internet faible (mais en croissance rapide), les intervenants n’avaient pas de mal à mettre en avant des similarités entre le Maroc et les autres pays africains

Samir Abdelkrim, fondateur de TechAfrique, s’est intéressé aux points communs entre les différents écosystèmes startups.

En Afrique, contrairement à la Silicon Valley ou au Chili, l’écosystème a dû se créer seul, pas de complexe militaire pour financer la recherche ou de programmes étatiques pour attirer les startups.

« Ce sont les communautés qui prennent les initiatives, le gouvernement arrive en backup » explique le Français.

Au Nigéria, par exemple, ce sont des entrepreneurs qui ont lancé Co-Creation Hub à Lagos. Le collectif a convaincu de nombreux Nigériens de se lancer et a permis de structurer les acteurs de l’entrepreneuriat dans le pays.

Aujourd’hui, une grande partie des startups du pays sont installées autour du Hub. Après quatre ans d’existence, le gouvernement a souhaité soutenir l’organisation en apportant notamment fibre optique et financement. 

Le financement des startups en Afrique 

Le financement aussi grandit et se structure à travers le continent.

VC4Africa réunit et forme les fonds d’investissement en capital risque.

L’African Business Angel Network, lancé en 2015, lance progressivement des chapitres dans différents pays avec pour objectif d’éduquer les Africains à investir sagement. Leur objectif : convaincre les investisseurs individuels à dédier 10% de leur portefeuille aux startups, des investissements risqués qui peuvent rapporter gros.

Les startups marocaines parlent de leurs aventures africaines
Les startups marocaines parlent de leurs aventures africaines (photo via Aline Mayard)

Les startups les plus dynamiques ont une dimension internationale

Les pays africains bénéficient aussi du retour de la diaspora qui apporte expertise, nouvelle approche de l’innovation, capital et carnet d’adresses.

Pour Samir Abdelkrim, les startups africaines les plus dynamiques comptent souvent des fondateurs ayant vécus à l’étranger qui ont une vision et une ambition internationale.

C’est certainement le cas au Maroc. Algo Consulting Group, Caciopee et PayLogic font partie d’un petit groupe de startups marocaines qui grandissent très vite. Leur point commun : elles se sont tournées vers l’Afrique.

« Le Maroc est une bonne école, estime Tariq Fadli d’Algo Consulting Group, mais l’Afrique est l’université. »

Tout au long de la journée, investisseurs et entrepreneurs se sont accordés sur un point : dans la Silicon Valley, les entrepreneurs marocains seront perdus dans la masse et souffriront de ne pas connaître la culture locale. Mieux vaut se concentrer sur des marchés plus accessibles.

« Concentrez-vous sur les marchés à votre porte. Si vous exécutez bien, vous n’aurez pas de problème à trouver du financement. Nous investirons » affirme Hasan Haider de 500 Startups.

Encore faut-il faut savoir pitcher son entreprise et son succès, un des points fabiles des entreprises nord-africaines, continue t-il.

C’est pour cela que des évènements comme Get In The Ring existent.   

Les Soudanais de Smart Delivery remporte la finale Nord-Africaine de Get In The Ring
Les Soudanais de Smart Delivery remporte la finale Nord-Africaine de Get In The Ring (photo via Startup Maroc)

Entrez dans le ring

La journée s’est conclue par la finale Nord-Afrique de la compétition Get In The Ring, un des concours de pitch les plus divertissant et efficaces d’Afrique. Les startups s’affrontent sur un ring de boxe à raison de quatre rounds de 30 secondes pour présenter : l’équipe, les accomplissements, le business model et le marché, et la proposition d’investissement.

Les participants au bootcamp de deux jours qui avait précédé la finale, ont été séduit par la qualité des mentors et ravis de pouvoir échanger avec des intervenantsc internationaux.

« J’ai pu rencontrer des gens qui vivaient dans des pays africains ce qui m’a permis de me créer des contacts locaux » témoigne Fleur-Eve Le Foll, fondatrice de l’école de code Cod Cod Codet qui a été invité par Startup Maroc à participer au bootcamp auquel certaines startups africaines n'avaient pas assister faute de visa.

Les Américains et Européens ont eux apporté un style direct et sans concession qui manque souvent au Maroc, estime t-elle.

Les gagnants de la finale – les Marocains de Lik dans la catégorie poids légers et les Soudanais de Smart Delivery dans la catégorie poids moyens – iront affronter des entrepreneurs des cinq continents en Colombie.

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