Des artistes montent des businesses lors de Disrupt!/Media! Tunis


Passionnés et professionnels de l'audiovisuel, de la tech et de la culture ont travaillé ensemble l'espace d'un weekend (photo via Mideast Creatives)

Est-ce que trois jours suffisent à créer des pitchs et projets de qualité ?

Disrupt!/Media!/ Tunis 2016 semble le prouver.

Après s’être attaqué aux storytelling puis aux jeux vidéos, Disrupt!/ a dédié sa troisième édition tunisienne au secteur audio, visuel et audiovisuel. 24 participants âgés de 17 à 41 ans sont venus des quatre coins du pays pour développer leurs idées.

« Nous avons eux des personnes de Siliana, Sfax, Kairouan, Nabeul et Djerba. Je suis vraiment fier de ça » explique Kevin Coyne, un des co-organisateurs de Wasabi.

Disrupt!/ est une formation entrepreneuriale pour le secteur culturel et créatif organisée par Mideast Creatives en collaboration avec des partenaires locaux, dans ce cas : le centre artisitique Maison de l'Image, l'agence Wasabi et l'espace de coworking Cogite.

Ces cinq dernières années, Mideast Creatives a organisé des formations dans cinq pays : la Tunisie, l’Egypte, le Liban, la Jordanie et l’Iraq.

« L’aspect incroyable de ce projet c’est qu’il encourage les articles en leur montrant comment transformer leurs passions en business » explique Samia Shelby, présidente de Createc, l'Association Tunisienne des Technologies Créatives, et juge de Disrupt!/Media!. 

« Cette fois-ci, nous avons choisi le secteur audiovisuel car nous trouvions qu’il y avait des opportunités et, en discutant avec nos partenaires locaux, qu’il y avait un manque de business thinking qui justifiait une telle formation » explique Kevin Coyne.

Monter un projet en trois jours

Durant ces trois jours, les équipes ont assisté à des formations, du coaching et des ateliers d’idéation avec des mentors et experts menés par Adel Beznine, PDG de Boost Accelerator.

A la fin du weekend, les équipes ont pitché devant un jury composé de  Samia Chelbi, Walid Sultan Midani, PDG du studio de jeu vidéo indépendant Digitalmania, Awatef Mosbeh, directeur & cofondateur de Morbiket, une agence audiovisuelle, et Wassim Ghozlani, cofondateur de Maison de l'Image.

Si les jurés ont trouvé qu’il y avait encore du travail à faire côté business model et que les participants devaient plus s’intéresser aux questions de scalabilité, durabilité et monétisation, ils ont néanmoins été impressionnés par la qualité des profils. 

« [Ils ont été] impressionné par  l’ouverture des participants aux feedbacks que les mentors et les autres participants ont donnés. Certains des participants n’avaient jamais pitché auparavant et ont été capable, dans un très court lapse de temps, de présenter leurs idées d’une façon qui démontrait un progrès incroyable » rajoute Kevin Coyne.


Adel Beznine, en plein présentation (photo via Mideast Creatives)

Le programme ne s’arrête pas à ces trois jours. Les participants pourront rejoindre des réunions de suivi organisées par les partenaires locaux de Hivos « pour soutenir vraiment leur écosystèmes locaux pour les aider à aller plus loin » explique Andra Iacob, chef de projet à Hivos.

Difficile de se limiter à trois

Le premier prix de 2 000€ a été attribué à Amine Lamine pour son projet Wall Project, une plateforme de création de contenu culturel conceptuel.

Amine, un passionné d’art, avait entendu parlé des deux sessions précédentes de Disrupt!/ en Tunisie et voulait faire partie de celle-ci pour lancer son projet. Il utilisera ce prix pour créer une vidéo pilote de son projet qui sera dévoilé dans deux mois.

Le deuxième prix 1 500€ a été remporté par Mohamed Ayari et Mohamed Ali Tabii pour leur projet MyHouma. Les deux rappeurs souhaitent aider ceux qui ont vécu dans les mêmes quartiers défavorisés qu’eux à montrer leur talent et lancer leurs projets.

En troisième place, Malek Maazoun a remporté 1 000€ pour son projet ASF, Artistes sans frontières. Il a pour objectif de construire un espace de coworking pour artistes dans la ville de Sfax dans laquelle un artiste viendra de l’étranger pour  travailler.

Les jurés ont aussi décidé d’ajouter un quatrième prix pour récompenser Raed Ghanja et Yasmine Hendili et leur projet de manga. Ils contribueront de leur temps et mettront la main à la poche pour financer les 1 000 premières copies.

Cet article a été écrit avec l'aide d'Aline Mayard et traduit de l'anglais.

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