Efiester, la startup qui grandit entre la France, le Maroc et le Liban

Efiester, organiser des soirées entre amis
Efiester veut faciliter l'organisation de soirées et de diners entre amis (photos via efiester)

Robert Harfouche est libanais, il habite à Paris. Eric Autard est français, il habite au Maroc. Ensemble, ils ont créé une startup destinée au marché français et développée… au Liban !

Simplifier l’organisation de fêtes

Passer une soirée entre amis, c’est sympa. L’organiser, ça l’est souvent beaucoup moins.

Pour éviter les grosses dépenses, les hôtes ont tendance à demander à leurs invités de venir avec une bouteille ou de quoi grignoter. Immanquablement, il manque un élément important et tout le monde rapporte les mêmes bouteilles.

L'hôte peut aussi choisir de s’éviter les mauvaises surprises et tout acheter lui-même. Les galères arrivent alors après, quand il s’agit de récupérer les montants avancés auprès de ses invités.

En janvier 2015, Robert et Eric lancent efiester, une plateforme sur laquelle les invités choisissent ce qu’ils veulent consommer à la soirée. Les invités paient en ligne et l’organisateur choisit une plage horaire pour se faire livrer le panier global.

En décembre 2015, les deux associés ont lancé le pendant de ce service pour les diners. Les invités choisissent ensemble ce qu’ils veulent diner, cotisent et le traiteur livre l’organisateur.

Efiester devient, dans ce cas, la rencontre entre Leetchi, la cagnotte en ligne, et Deliveroo, le site de livraison de repas. 

Passer à la vitesse supérieure

Le service est à l’état de pilote. Robert Harfouche et Eric Autard ont conservé leurs emplois à temps plein – respectivement en tant que chef de projet dans les télécoms et DAF -  et font grandir le projet à distance avec une équipe de cinq freelancers.

Mais surtout, les deux comparses gèrent tout le process à la main. Pour chaque commande reçue, Robert passe lui-même commande sur le site de Carrefour comme un acheteur lambda ou auprès d’un traiteur pour la partie diner.

Aujourd’hui, l’équipe dit avoir aider à organiser 30 soirées et 30 diners.

Après un an de discussion, efiester est sur le point de déployer un partenariat avec un géant de la distribution. La startup aura accès à l’API de la chaîne de supermarchés pour automatiser la prise de commande et la livraison dans sept grandes villes de France. Dans un second temps, l’équipe souhaite automatiser son activité traiteur avec un des nombreux acteurs se positionnant sur la livraison de repas en France.

Ce partenariat permettra de rendre le service plus viable et de gagner en crédibilité, ce qui permettra à l’équipe de lever des fonds et de passer à temps complet sur le projet.

Pour devenir rentable, la startup devra faire du chiffre. Avec 0,8€ de revenu par commande, l’entreprise va devoir se développer rapidement en France et à l’étranger. 

A l’heure actuelle, l’entreprise s’est financée grâce à des fonds propres et des concours. Elle a notamment remporté 35 000€ auprès de PACEIM, le Programme d’Aide à la Création d’Entreprises Innovantes en Méditerranée,  qui accompagne les étudiants et diplômés du supérieur français dans leur création d’entreprise innovante au Sud de la Méditerranée.

La startup a définitivement la Méditerranée dans son ADN.

Un projet méditerranéen 

Robert Harfouche à droite et un stagiaire libanais, Emile Karam
Robert Harfouche, à droite, avec un stagiaire libanais, Emile Karam

Parmi ses cinq freelancers deux sont libanais et l’équipe ne compte pas s’arrêter là. Robert Harfouche souhaite continuer à créer du travail au Liban en y installant ses activités de community management et de marketing. 

Pour sa levée de fonds aussi, l’équipe s’intéresse au Liban, surfant notamment sur la circulaire 331 de la Banque du Liban. Cette circulaire a pour objectif d’aider les banques et fonds à investir dans des startups avec, notamment, une garantie de la valeur de cet investissement à hauteur de 75%.

Cette circulaire requiert que le siège social de l’entreprise soit au Liban, ce qui refroidirait les investisseurs basés hors du pays. Ce sera donc tout rien. Si l’équipe arrive à lever les 300 000 € qu’ils souhaitent au Liban, ils y installeront leur entreprise, sinon ils laisseront leur siège social en France.

La motivation de Robert Harfouche est simple. « C’est l’amour du pays et la volonté de monter quelque chose là-bas » explique t-il.

D’un point de vue professionnel avoir des employés au Liban ou en France ne change rien.

« La qualité des développeurs est de la même qualité qu’en France, ainsi que le professionnalisme » développe t-il.

Evidemment, le coût de la main d’œuvre est moindre au Liban, mais ce n’est pas un facteur décisif pour eux, sinon ils auraient choisi le Maroc où Eric est basé. Il travaille dans une entreprise de comptabilité qui offre aux Français des services à prix abordables grâce au différentiel de coût de la main d’œuvre qualifiée entre la France et le Maroc.

Quid du lancement d’efiester au Liban et au Maroc ? Si la partie soirée du service n’aurait pas de sens de l’autre côté de la Méditerranée, Robert Harfouche espère pouvoir lancer la partie restauration d’ici 2017.

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