Remise de diplômes au Founder Institute, l’école militaire de l’entrepreneuriat

Le ministre des TIC tunisien Nooman Fehri au Founder Institute
Le ministre des TIC tunisien Nooman Fehri au Founder Institute (photos via Founder Institute) 

Mercredi 10 février, le ministre tunisien des technologies de l’information et des communications, M. Nooman Fehri avait pris place entre investisseurs et entrepreneurs pour assister à la première remise de diplômes du Founder Institute, un programme de formation à l’entrepreneuriat venu de la Silicon Valley.  

Pour les sept entrepreneurs qui présentaient leur startup, c’était l’occasion d’obtenir le soutien de l’écosystème ; pour le Founder Institute, celle de presenter leurs résultats.

Un entrainement militaire pour entrepreneurs

25 candidats ont rejoins le programme en novembre 2015, sélectionnés sur leur personnalité.

« On ne se base pas sur l’idée mais sur ce qui les pousse à devenir entrepreneurs » explique Emna Ghariani, directrice du Founder Institute à Tunis.

L’équipe de sélection s’appuie sur des tests psychologiques et techniques qui leur permette d’évaluer si les candidats ont l’entrepreneuriat dans leur ADN.

Les participants, âgés de 20 à 46 ans et travaillant ou étudiant à temps plein par ailleurs, avaient des profils variés : certains étaient chercheurs, d’autres industriels, un médecin.

Le jour de la remise des diplômes, seuls sept ont présenté leur startups . Les autres n’ont pas été retenus ou n’ont pas tenu le coup, explique Emna Ghariani, directrice du Founder Institute Tunis. En moyenne, à travers le monde, 60% des entrepreneurs quittent le programme avant sa fin

« Le programme est intense, c’est l’école militaire de l’entrepreneuriat » explique la directrice connue pour son intransigeance.

Pendant trois mois et demi, les participants ont suivi un curriculum développé par le Founder Institute dans la Silicon Valley à raison d’une session de mentorat par semaine en soirée. Ils aussi bénéficié des conseils de trois mentors par semaine, à la fois internationaux comme le VP de Yahoo Jeff Bonforte ou locaux avec Mondher Khanfir de Wiki Start Up, Mouna Ayari d’Intilaq ou encore Adel Beznine de Boost Accelerator. 

Tous les mois, les entrepreneurs devaient présenter leur projet devant une douzaine de mentors en charge de décider si l’apprenti entrepreneur avait ce qu’il fallait pour continuer la formation.

Sortir du programme n’est pas un échec, insiste Emna Ghariani.

« Beaucoup réalisent qu’ils ne sont pas fait pour ça, que ce n’est pas pour eux à ce moment ou que leur idée ne fonctionne pas » justifie Emna. Les participants qui n’ont pas fini le programme peuvent le continuer dans n’importe quel autre Founder Institute  dans le monde.

 Une session du Founder Institute à Cogite
Une session du Founder Institute à Cogite

Les entrepreneurs tunisiens, des entrepreneurs comme les autres 

Qu’importe le lieu où l’on fait le programme, estime la directrice, les entrepreneurs sont partout pareils. Ils doivent travailler sur leur pitch, leur revenue model, leur capacité à développer leur entreprise de façon lean et le customer developement.

« Le niveau n’est pas décalé, à ce stade, par rapport à la Silicon Valley » estime la jeune tunisienne qui a travaillé dans la Silicon Valley.

La seule différence a été le travail sur les soft skills Les entrepreneurs tunisiens doivent, par exemple, apprendre à mettre à profit leurs ressources, à tirer parti des mentors et utiliser leur réseau, estime Emna Ghariani.

« En Tunisie, il y a un problème d’égo. On a travaillé sur ça » détaille la directrice. L’année prochaine, elle prévoit d’interdire aux participants de parler aux médias pendant leur participation au programme estimant que leur projets ne sont à ce moment-là pas suffisamment développés et que cela pourrait leur monter à la tête.

Pas de levée de fonds lors de la cérémonie

Ils ne sont pas prêts non plus à lever de fonds, estime Emna Ghariani. Ils viennent à peine de sortir leurs MVP et d’obtenir des lettres d’intention de la part de potentiels clients.

 « Les fondateurs ont besoin de plus que de l’argent, ils ont besoin du soutien de l’écosystème : médias, […] investisseurs, etc » explique t-elle.

Cette cérémonie est aussi importante pour le Founder Institute qui espère ainsi prouver aux membres du ministère, aux investisseurs, aux entreprises technologiques et aux acteurs de l’écosystème que leur modèle fonctionne et ainsi obtenir du soutien.

« Les gens ne croyaient pas que [des apprentis entrepreneurs] payeraient en sachant que 60% ne finirait pas le programme » rappelle t-elle.

Les fondateurs doivent en effet débourser 475$ pour participer à la formation et donner 3,5 % du capital de leur entreprise au Founder Institute.

Six startups

Les sept entrepreneurs ont présenté six startups.

  • Evey : une plateforme de vote en temps réel
  • BSMART : une plateforme accompagnant les Tunisians dans leurs travaux de rénovation
  • Heal Up : une startup dans le lifestyle
  • Happing : une plateforme aidant les fiancés à effectuer les achats pour leur mariage
  • Bike Food : une entreprise de street food
  • Vynd : une communauté où les membres partagent leurs expériences et avis sur les endroits qu’ils ont visités.

Les candidatures pour la prochaine session sont d'ors et déjà ouverts. 

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