Seedstars, une collaboration est possible entre startups et gouvernements


Seedstars en plein selfie de groupe à Lausanne. (Images via Seedstars)

Aux pieds des montagnes enneigées de la Suisse, Lausanne accueillait un public inhabituel ce 3 mars 2016. 63 startups de 54 pays d’Amérique Latine, d’Europe de l’Est, du Moyen Orient, d’Afrique et d’Océanie étaient présentes pour l’édition 2016 de Seedstars Summit dans l’espoir de remporter un des prix, dont le montant total représentait un million de dollars.

Derrière les immenses baies vitrées du SwissTech Convention Centre, les startups, investisseurs et grandes entreprises formaient un melting pot mû par une effervescence entrepreneuriale.

Dans son discours d’inauguration, Alisée de Tonnac, la PDG de Seedstars World a annoncé la couleur aux 700 spectateurs présents : les marchés émergents détiennent, selon elle, certains des talents les plus important du monde.


Alisée de Tonnac pendant son discours d’inauguration.

Des paroles pleines de sagesse

Quand les participants n’étaient pas en train de pitcher ou de networker, ils ont pu participer à de nombreux ateliers et panels aux sujets variés : les startups et l’exploration spatiale, les marketplaces de voyage, la fintech, ou encore les modalités de collaboration entre gouvernements et startups.

« Trop de gouvernement peut devenir une barrière mais [les gouvernements] peuvent aussi permettre à des écosystèmes complexes de grandir » déclara l’analyste en télécom Doug Court en ouverture du panel "Fostering Innovation: How governments can kick-start an ecosystem" qu’il animait .

De ce panel est ressorti un point clé : être sur des marchés émergents est une opportunité pour les startups qui cherchent à résoudre des problèmes que les gouvernements cherchent parfois eux-mêmes à résoudre. Mais, sur ces terrains encore vierges, les entrepreneurs peuvent se trouver face à un manque de régulation handicappant.

Selon une étude du Wamda Research Lab, les gouvernements de la région MENA ont fait passer plus de 200 réformes économiques depuis 2008. Certains pays sont allés jusqu’à lancer des fonds, investir ou prêter des fonds à des startups locales, comme le Kuwait National Fund. En Jordanie, le Investment Council a introduit des avantages fiscaux pour les investissements dans le secteur des TIC, et en Egypte, une nouvelle loi force les banques à augmenter le nombre de prêts bancaires accordés aux PME.

Ailleurs dans le monde

Travailler en collaboration avec le gouvernement représente, peut-être, la marche à suivre.

C’est en tout cas, une chose que l’équipe de Grab, un service de taxi en Asie du Sud-Est, aimerait avoir fait plus tôt, explique Nina Teng, vice-présidente des affaires publiques de Grab. L’an dernier, après trois ans d'existence, l’entreprise a finalisé une levée de plus de 700 millions de dollars. 


Nina Teng de Grab partage ses expériences.

Ils ont récemment monté une équipe dédiée à la collaboration avec les gouvernements. « C’est un effort à temps plein, elle explique. […] Mais ce qui est intéressant avec les marchés émergents, c’est la possibilité de travailler avec les gouvernements et de changer les régulations de façon très rapide. »

En Malaisie, le secteur du taxi était dans un état désastreux explique Nina Teng, personne ne voulait s’atteler à réparer un service qui était dangereux et sur lequel on ne pouvait pas se fier. « Vous devez être l’œuf et la poule en même temps, elle continue. Si nous avions attendu que le gouvernement viennent  à nous, nous ne serions pas où nous en sommes aujourd’hui. »

En région MENA, la plateforme de e-book en arabe Yaqut rencontre aussi son lot de complexités gouvernementales. Chaque pays a ses règles et réglementations, explique le cofondateur Ammar Mardawi  à Wamda, ce qui rend une expansion pan-arabe compliquée. « Cela entraîne des challenges, alors nous allons travailler avec mes gouvernements à partir de maintenant » continue t-il.

La startup jordanienne a reçu grâce à Seedstars du mentorat spécifique au ecommerce. Pour l’entrepreneur, recevoir des conseils de mentors de Ebay et Grab sur l’aspect marketplace était d’une valeur inestimable.


Umutcan Duman lors de son pitch final. (Images via Lucy Knight)

Pour la startup turque Evreka, une entreprise de gestion de déchets s’appuyant sur des capteurs, travailler avec les autorités locales a été essentiel à leur croissance. Les municipalités ont été en charge de la collection des déchets, explique le cofondateur Umutcan Duman, et ont fourni plusieurs contrats. Evreka a signé un troisième contrat pendant le sommet.

Bêtes de scène

La région MENAT (MENA et Turquie) était bien représenté durant la compétition annuelle de Seedstars.

Des 50 startups internationales qui ont eu une minute pour pitcher lors du Best Global Startup, neuf ont été sélectionnées pour présenter leur statup lors de la seconde journée dont Omniup du Maroc, Evreka de Turquie et Yaqut de Jordanie.

Giraffe wins Best Global Startup
Giraffe reçoit son chèque.

Mais c’est Giraffe, une plateforme de recrutement d’Afrique du Sud qui a remporté la final.

Eora3D, un scanneur 3D d’Australie a remporté une montre du sponsors Hublot et Trip My Dream d’Ukraine le prix de la meilleure startup voyage.

Le Maroc n’est pas reparti les mains vides. Omniup a remporté le prix de la meilleure femme entrepreneur.


Loan Duong présente Omniup

Merchandiser du Liban, SolarizEgypt d’Egype, Mashvisor de Palestine, IoGrow d’Algerie et AlemHealth des Emirats représentaient aussi la région MENA. SmartBean d’Iran n’a pas pu particper à cette finale pour des raisons de visa.

Le Space Prize de 50 000$, soutenu par AP-Swiss et Inmarsat, a été emporté par la startup panamienne MapTasking

 

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