7 choses à apprendre de cet ado entrepreneur marocain

Mohamed Alaabou présente Jusk lors d'un CEED Bootcamp
Mohamed Aalabou présente sa plateforme d'échange de connaissances lors d'un CEED Bootcamp. (Image via Mohamed Aalabou)

En septembre, quand il a présenté sa startup lors de la conférence de CEED à Casablanca, Mohamed Aalabou avait pris le public de court avec son charisme et son sens de l’humour digne d’un speaker TED et son service si bien ficelé qu’il avait remporté le concours de pitch.

Mais c’est qui a impressionné le public le plus, c’est que Mohamed n’avait que 17 ans. 

Sept mois plus tard, sa plateforme de partage de connaissances entre particuliers Jusk fait face à quelques problèmes mais Mohamed Aalabou continue d’impressionner.

Le jeune entrepreneur avait lancé la beta de Jusk en juin dernier. Les étudiants marocains pouvaient poser leurs questions sur la plateformen, grâce à un algorithme, ils étaient mis en contact avec la personne la plus à même de leur répondre. Les membres pouvaient alors organiser un appel, en utilisant la VoIP (voice-over-internet protocol). 

Les membres étaient évalués pour assurer que chacun ait quelque chose à apporter à la discussion. Le modèle de monétisation était prêt : les membres allaient payer un abonnement de $0,10 par jour, soit $65 par an.

Mais alors que l’équipe était sur le point de déployer la version officielle, le Maroc a bloqué la VoIP sans prévenir. Le service ne pouvait plus fonctionnait comme prévu, et pire, l’équipe a jeté l’éponge.

« Avec cette interdiction, l’équipe s’est découragée et mon CTO a parti en Suède où il avait obtenu un nouvel emploi. Alors que faire ? Je ne sais pas. Nous allons attendre un mois ou deux de voir l’évolution de la situation au Maroc » explique t-il.

Si rien ne change, il va devoir déménager pour lancer le service ailleurs – peut-être en Afrique, aux US ou en Angleterre.

Alors, comment fait-il pour garder le moral et continuer de se battre ? Voici ces sept leitmotivs.

1. N’attendez plus

Mohamed Aalabou a commencé à coder à l’âge de 10 ans. A 15 ans, il a été sélectionné par le United World Colleges, une programme qui envoie des étudiants des quatre coins du monde dans des lycées internationaux de premier rang pour les inciter à créer un futur pacifiste et durable. Il rejoint ainsi une école au Swaziland. 

D’aucun trouverait qu’il a déjà beaucoup accompli, pas lui.

« Ca peut paraître bizarre mais jusqu’à l’âge de 15 ans, je ne m’étais jamais vraiment senti humain, j’avais l’impression d’être un robot, une machine programmée pour accomplir un objectif que je n’avais pas choisi. Rencontrer les gens [de mon lycée au Swaziland], ça m’a ouvert les yeux sur une autre réalité, j’ai réalisé que je devais commencer à vivre ma vie et pas juste courire derrière les diplômes » il témoigne.

Pour commencer à résoudre les « vrais problèmes » de ce monde, les jeunes gens comme lui doivent se mettre à prendre des décisions et à agir.

2. Trouvez votre chemin

Une fois son diplôme en poche, Mohamed a décidé de zapper l’étape université pour « aller dehors et apprendre pour de vrai ». Pour autant, ce n’est pas quelque chose qu’il recommande à tous.  

« Je ne crois vraiment pas [que c'est pour tout le monde]. Les gens ont simplement besoin de s’assurer qu’ils sont en contrôle de leur vie, que personne ne décide pour eux » il explique.

Si vous voulez de la stabilité, alors obtenez un diplôme, si vous voulez devenir médecin, faites des études. Si vous ne pensez pas avoir besoin d’un diplôme, n’allez pas à la fac, continue t-il. 

3. Apprenez, apprenez et apprenez encore

A l’âge de 14 ans, Mohamed réalisa qu’il développait de superbes apps mais que personne, à part ses parents, ne les utilisait.

« Alors un jour, j’ai regardé deux vidéos de Steve Jobs, 10 vidéos de Gary Vaynerchuk et j’ai decidé d’apprendre le marketing » il se souvient.

Il téléchargea des livres, mit en pratique ce qu’il apprit pour promouvoir ses applis avec un tel succès qu’il devient un consultant en marketing pour des PME.

La connaissance est la base sur laquelle on peut construire une entreprise, il estime, bien avant la passion et l’énergie.

4. Construisez une entreprise, pas une startup

Mohamed Aalabou lance une entreprise basée sur le partage à l’heure même où l’économie du partage perd de la vitesse et que de nombreuses startups du secteur sont en train de fermer. Mais il s’en fiche. Qu’importe les tendances, il se soucie seulement de la vision à long terme.

« Je construit une entreprise plus qu’une startup. Je ne suis pas une tendance. Je veux construire une entreprise qui offre une valeur claire aux gens. J’essaie de le faire à l’ancienne, je suis très conservateur dans mes décisions » explique t-il.

5. Mettez votre famille de votre côté

Contrairement à de nombreux entrepreneurs dans la région qui souffrent du fait que leurs familles ne comprennent pas leur choix de vie professionnelle, Mohamed a toujours pu compter sur ses parents, même quand il a fait le choix de ne pas aller à la fac.   

Ce n’était pas qu’une question de chance, il a passé du temps à les impliquer.

« Ils savent ce que j’essaie d’atteindre et ils voient que les décisions que je prends m’aident à atteindre cet objectif. Ils ont toujours donné leurs opinions mais ils ne se sont jamais opposés à mes décisions » explique le jeune homme.

Pour les convaincre, Mohamed s’est appuyé sur des faits et des résultats.

« Je suis financièrement indépendant et ils savent que quoi que je fasse maintenant, cela ne sera pas dangereux pour mon avenir. Ils savent que je vais survire même si j’ai quitté l’université. »

6. Ignorez les autres

« Je ne veux pas que vous le preniez mal, mais je me fous des autres » explique Mohamed.

« Voir des personnes réussir et échouer, ça ne m’affecte pas vraiment. Je suis heureux de voir que la communauté startup grandit mais je n’y pense pas trop. Je pense à moi, plus qu’à n’importe qui d’autre. »

7. Recherchez la pression sociale

A la suite de son prix lors de CEED, Mohamed a été mis en avant dans plusieurs médias et un petit groupe de personnes a commencé à suivre ses avancées. Il en est ravi mais pas pour les raisons que vous pourriez imaginer.

« Tout le monde a besoin de pression pour se réveliller et agir. [Avoir des followers] c’est comme avoir un prof qui vous suit après les cours. »

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